L'inflation au Canada chute à 1,7 % en avril, mais les prix de base signalent une pression persistante.

L'inflation au Canada chute à 1,7 % en avril, mais les prix de base signalent une pression persistante.
Noris Soto
20 mai 2025, 15:59 PM
  • L'inflation a chuté à 1,7 % en avril, principalement en raison de la baisse des prix de l'énergie après la suppression de la taxe carbone.
  • L'inflation sous-jacente a atteint son plus haut niveau depuis 13 mois, ce qui témoigne de pressions inflationnistes persistantes.
  • Les coûts des aliments et des voyages ont continué d'augmenter, ce qui a mis davantage de pression avant la décision de la Banque du Canada concernant le taux directeur.

Le taux d'inflation annuel au Canada a chuté à 1,7 % en avril, contre 2,3 % en mars, principalement en raison d'une forte baisse de 12,7 % des prix globaux de l'énergie, selon les données publiées par Statistique Canada.

Cette baisse fait suite à l'abrogation par le gouvernement fédéral de la taxe carbone à la consommation, qui avait considérablement réduit les prix de l'essence et la consommation d'énergie résidentielle.

Les prix de l'essence ont baissé de 18,1 % en avril par rapport au même mois de 2024, tandis que ceux du gaz naturel ont diminué de 14,1 %.

La baisse des prix de l'énergie a suffi à rapprocher le taux d'inflation nominal des prévisions, bien qu'il soit légèrement supérieur aux estimations des analystes, qui se situaient à 1,6 %.

La Banque du Canada avait prévu que le taux atteindrait son sommet juste en dessous de 1,5 %, principalement en raison de la baisse des coûts du pétrole brut et de la réduction d'impôt.

Sur une base mensuelle, l'inflation a diminué de 0,1 %, un résultat légèrement meilleur que les prévisions des analystes qui tablaient sur une baisse de 0,2 %.

Les indicateurs de l'inflation de base signalent une tendance sous-jacente à la hausse.

Malgré la baisse du taux nominal, l'inflation de base, un indicateur clé pour la Banque du Canada, a révélé des tendances préoccupantes.

Deux des trois principaux indicateurs de la banque centrale ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis près d'un an, ce qui montre que les pressions inflationnistes restent fortes dans certaines parties de l'économie.

La médiane de l'IPC, qui mesure l'évolution des prix de tous les biens et services, a augmenté à 3,2 % en avril contre 2,8 % en mars, atteignant son niveau le plus élevé depuis mars 2024.

Parallèlement, l'indice des prix à la consommation ajusté, qui élimine les fluctuations de prix extrêmes à chaque extrémité, a augmenté à 3,1 % contre 2,9 %, un sommet en 13 mois.

Ces indicateurs de base ne tiennent pas compte d'éléments volatils tels que les prix de l'énergie ou l'impact des modifications fiscales, ce qui en fait un indicateur plus fiable des tendances inflationnistes.

L'augmentation de ces indices indique que l'inflation sous-jacente pourrait encore dépasser l'objectif de 2 % fixé par la Banque du Canada.

Les coûts de la nourriture et des voyages ne cessent d'augmenter.

Malgré la baisse des coûts énergétiques, de nombreux produits de consommation courante ont vu leur prix augmenter.

Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 3,8 % en avril par rapport à l'année précédente, un chiffre supérieur à la hausse de 3,2 % observée en mars.

Cette nouvelle hausse des prix alimentaires peut être interprétée comme une preuve que les consommateurs sont toujours confrontés à des difficultés pour se procurer les produits alimentaires de base.

Les prix des voyages ont bondi de 6,7 % en glissement annuel en avril, ce qui a également contribué à l'inflation sous-jacente, les coûts liés aux voyages venant alourdir le fardeau.

Cette augmentation pourrait également indiquer des contraintes d'approvisionnement persistantes dans le secteur du tourisme et une demande des consommateurs soutenue.

Perspectives de politique monétaire avant la décision de juin concernant les taux d'intérêt

Les données sur l'inflation d'avril constituent un indicateur économique important avant la prochaine annonce de la Banque du Canada concernant le taux d'intérêt, le 4 juin.

La banque centrale a décidé de maintenir les taux d'intérêt inchangés le 16 avril, après sept baisses consécutives depuis juin 2024.

À l'époque, il avait souligné sa volonté d'agir de manière décisive si les menaces inflationnistes refaisaient surface.

L'augmentation de l'inflation sous-jacente pourrait avoir un impact significatif sur les prochains débats politiques, en particulier si les données sur le PIB pour le premier trimestre, qui seront disponibles le 30 mai, indiquent une résilience économique persistante.

Il est probable que la Banque étudie si la baisse de l'inflation globale est durable ou simplement un résultat transitoire de la politique fiscale et de la conjoncture du marché énergétique.

Alors que les pressions inflationnistes génèrent des signaux contradictoires, la banque centrale pourrait se trouver confrontée à une décision plus difficile en juin.

Bien que les consommateurs tirent profit de la baisse des prix de l'énergie, la persistance de l'inflation sous-jacente indique que la voie vers la stabilité des prix est incertaine.