Des groupes de pression brésiliens exhortent le Congrès à annuler l'augmentation de la taxe IOF.

Des groupes de pression brésiliens exhortent le Congrès à annuler l'augmentation de la taxe IOF.
Noris Soto
27 mai 2025, 18:23 PM
  • Les fédérations professionnelles mettent en garde contre le fait que l'augmentation de la taxe IOF augmentera les coûts du crédit et nuira aux investissements dans des secteurs clés.
  • Le manifeste affirme que cette mesure ajoute 19,5 milliards de réaux (3,83 milliards de dollars) aux coûts et perturbe le marché financier brésilien.
  • Le Congrès subit une pression croissante pour annuler le décret, plusieurs partis ayant déposé des propositions d'abrogation.

Des représentants du secteur des affaires au Brésil ont publié conjointement un manifeste appelant le Congrès national à abroger un décret gouvernemental augmentant le prélèvement sur les transactions financières (IOF).

Selon les signataires du document, l'augmentation des impôts imposera un nouveau fardeau de 19,5 milliards de réaux (3,82 milliards de dollars) en 2025.

Parmi les signataires du manifeste figurent la CNC (Confédération nationale du commerce), la CNI (industrie), la CNA (agriculture), la CNseg (assurance), l'OCB (coopératives), la CNF (établissements financiers) et l'Abrasca (entreprises publiques).

Le décret, qui augmente les droits d'émission sur les opérations de crédit, de change et d'assurance, suscite de plus en plus de réactions négatives de la part du secteur privé.

Les signataires du manifeste publié lundi soir affirment que cette mesure augmentera considérablement le coût du crédit pour les entreprises productives et aggravera les distorsions économiques actuelles, en particulier concernant les marchés financiers.

Les groupes mentionnent que les prêts sont désormais imposés à un taux supérieur à 110 % par an et soulignent l'impact sur les régimes de retraite privés tels que le VGBL.

Impact économique et distorsions du marché

Le nouveau tarif aura un impact direct sur les importations de matières premières et de biens d'équipement, ce qui découragera les investissements et entravera la modernisation du parc industriel national, indique le document.

Les organisations soulignent également que l'IOF devrait avoir une fonction réglementaire plutôt que fiscale, et dénoncent l'augmentation des impôts comme une mesure de génération de revenus.

Ils estiment que l'augmentation de la charge fiscale affecte le climat des affaires au Brésil, qui est déjà connu pour avoir l'un des systèmes fiscaux les plus élevés au monde.

« Il est nécessaire de veiller à ce que l'augmentation des recettes soit le fruit de la croissance et non d'une augmentation des impôts », stipule le manifeste.

Bien que le gouvernement ait révoqué certains éléments du décret, tels que les taxes sur les fonds nationaux à l'étranger et les transferts de fonds pour investissement, il a maintenu les taxes élevées sur le crédit, les opérations de change et les achats par carte bancaire internationale.

La résistance du Congrès prend de l'ampleur.

La mobilisation du secteur des affaires s'ajoute à la pression politique exercée sur le président de la Chambre des représentants, Hugo Motta, qui a publiquement critiqué la position du gouvernement.

Motta a souligné le dogmatisme fiscal après que le ministre des Finances, Fernando Haddad, a déclaré que le Congrès tardait à mettre en œuvre les réformes fiscales.

« Ceux qui dépensent plus qu'ils ne gagnent ne sont pas des victimes, ce sont des auteurs », a déclaré Motta, signalant un fossé croissant entre le Congrès et le pouvoir exécutif sur la politique économique.

Le manifeste contredit implicitement une position gouvernementale très claire en soulignant que les augmentations d'impôts sapent les trois piliers d'une économie forte.

Ces groupes réclament un cadre institutionnel plus solide pour rétablir l'équilibre budgétaire sans augmenter les impôts afin de résoudre les problèmes de finances publiques.

Des mesures législatives à l'horizon

Les opposants politiques tentent désormais de s'opposer au décret par des moyens parlementaires légitimes. Des partis tels que le PL, Novo, União Brasil, MDB et Solidariedade ont proposé sept projets de loi (PDL) pour contester la mesure.

Motta devrait rencontrer les dirigeants du parti le jeudi 29 mai pour discuter des prochaines étapes.

Parallèlement, le gouvernement envisagerait d'utiliser un éventuel blocage des amendements législatifs comme levier de négociation avec le Congrès.

Alors que le débat sur la responsabilité fiscale s'enflamme, l'augmentation de l'impôt IOF est apparue comme un point de friction dans la lutte plus large entre les branches exécutives et législatives du Brésil, avec l'environnement économique et les perspectives d'investissement du pays en jeu.