L'OCDE abaisse fortement ses prévisions pour les États-Unis et prévoit que l'Inde mènera la croissance mondiale : principaux points à retenir

L'OCDE abaisse fortement ses prévisions pour les États-Unis et prévoit que l'Inde mènera la croissance mondiale : principaux points à retenir
Noris Soto
03 juin 2025, 17:37 PM
  • L'OCDE prévoit que la croissance américaine diminuera de 2,8 % en 2024 à 1,5 % d'ici 2026, en citant les tarifs douaniers et l'incertitude politique.
  • L'Inde devrait être le moteur de la croissance des principales économies, avec une croissance soutenue de plus de 6 % jusqu'en 2026.
  • On prévoit que le PIB mondial ralentira à 2,9 % en 2025-2026 en raison de conditions financières plus strictes et d'une confiance fragile.

Selon une nouvelle étude publiée mardi par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'économie mondiale devrait ralentir au cours des deux prochaines années.

L'OCDE prévoit que la croissance du PIB mondial ralentira, passant de 3,3 % en 2024 à 2,9 % en 2025 et 2026, ce qui indique des perspectives plus « difficiles » en raison de risques accrus et d'incertitudes mondiales persistantes.

L'augmentation des barrières commerciales, le resserrement des conditions financières, la faible confiance des entreprises et des consommateurs, ainsi que l'incertitude croissante quant aux politiques sont autant de facteurs clés qui contribuent au ralentissement économique attendu.

L'OCDE met en garde contre le fait que ces vents contraires réduisent les perspectives de reprise économique à long terme.

L'économie américaine fait face à un déclin brutal en raison des augmentations de tarifs douaniers et de l'instabilité politique.

Les États-Unis sont en voie de connaître l'une des plus fortes décélérations parmi les grandes économies mondiales.

On prévoit que la croissance économique diminuera de 2,8 % en 2024 à 1,6 % en 2025 et à 1,5 % en 2026.

L'OCDE qualifie cela de forte augmentation du taux de droit de douane effectif sur les importations et de représailles de la part des partenaires commerciaux.

De plus, l'augmentation de l'incertitude quant à la politique économique, combinée à une forte baisse de l'immigration nette et à une réduction importante des effectifs de la fonction publique fédérale, sont les principaux facteurs internes qui contribuent à la faiblesse de la croissance, selon le rapport.

Ces prévisions reposent sur l'hypothèse que les taux tarifaires, tels qu'ils étaient en milieu de mois de mai, restent inchangés et constituent une révision à la baisse par rapport aux prévisions de l'OCDE de mars, qui prévoyaient une croissance américaine de 2,2 % d'ici 2025.

On s'attend également à ce que les voisins nord-américains ralentissent.

Le Canada et le Mexique ne sont pas à l'abri du ralentissement économique régional général. Le PIB du Canada devrait augmenter de seulement 1 % en 2025, contre 1,5 % en 2024.

Le Mexique devrait connaître une baisse encore plus forte, sa croissance passant de 1,5 % à 0,4 %.

Ces résultats reflètent les effets d'entraînement de la récession américaine, ainsi que l'environnement commercial mondial, qui reste entravé par les politiques protectionnistes et le resserrement financier.

La croissance de la Chine va ralentir malgré le répit tarifaire.

La Chine, qui était au cœur d'un conflit tarifaire avec les États-Unis, devrait également connaître un ralentissement graduel.

Bien que certains des droits de douane les plus élevés aient été temporairement réduits, le taux de croissance du pays devrait ralentir, passant de 5 % en 2024 à 4,7 % en 2025 et à 4,3 % en 2026.

L'analyse prévient que les tensions commerciales et la faiblesse de la demande mondiale continueront d'influencer la trajectoire commerciale de la Chine.

L'Inde et l'Indonésie émergent comme des leaders de la croissance.

L'Inde continue d'être le pays qui affiche les meilleurs résultats parmi les grandes économies, contrairement à la tendance mondiale.

Selon l'OCDE, l'économie indienne devrait désormais croître de 6,3 % en 2025 et de 6,4 % en 2026.

L'Indonésie devrait continuer à croître à un rythme soutenu d'environ 4,7 % en 2025 et de 4,8 % en 2026.

Ces chiffres mettent en évidence la force comparative de certains marchés émergents, tandis que les économies avancées commencent à fléchir sous la pression.

Les pressions inflationnistes persistent dans les pays du G20.

Les inquiétudes concernant l'inflation sont également au cœur du rapport de l'OCDE, qui prévoit que l'inflation annuelle moyenne du groupe atteindra 4,2 % en 2025, contre 3,7 % précédemment.

Quant à l'Argentine, la Turquie et la Russie, elles promettent les taux d'inflation les plus élevés parmi le G20, avec 36,6 %, 31,4 % et 9,7 % respectivement.

Néanmoins, bien que toujours élevés, ces chiffres contrastent avec la situation relativement meilleure en Argentine et en Turquie. Ces pays ont enregistré des taux de 219,9 % et 58,5 % pour 2024 seulement.

L'OCDE a publié les résultats de ses prévisions économiques les plus récentes, qui dessinent le tableau d'une économie mondiale de plus en plus en difficulté, où la croissance ralentie et l'inflation persistante se combinent pour imposer des prévisions prudentes pour l'économie mondiale au cours de la période médiane des années 2020.