Jaguar Land Rover va supprimer 500 emplois au Royaume-Uni alors que les droits de douane américains réduisent les exportations

Jaguar Land Rover va supprimer 500 emplois au Royaume-Uni alors que les droits de douane américains réduisent les exportations
Diya Poddar
17 juil. 2025, 15:03 PM
  • Les ventes ont chuté au T2 2025 en raison de l’arrêt des exportations américaines et de l’élimination progressive des modèles Jaguar.
  • Les droits de douane américains sur les importations sont passés de 2,5 % à 27,5 %, puis réduits à 10 % après l’accord entre le Royaume-Uni et les États-Unis.
  • Les modèles Defender fabriqués en Slovaquie sont toujours soumis à une taxe à l’importation américaine de 27,5 %.

Jaguar Land Rover (JLR) s’apprête à supprimer jusqu’à 500 postes de direction au Royaume-Uni, invoquant la pression croissante des droits de douane américains et la baisse des exportations.

L’annonce intervient quelques semaines seulement après que le constructeur automobile a suspendu ses expéditions vers les États-Unis, à la suite d’une flambée des droits d’importation déclenchée par une nouvelle politique commerciale américaine.

Bien que les droits de douane aient été partiellement réduits à la suite d’un accord entre le Royaume-Uni et les États-Unis, l’impact a déjà commencé à se faire sentir dans les activités de l’entreprise.

La réduction des effectifs, qui représente jusqu’à 1,5 % des effectifs de JLR au Royaume-Uni, sera mise en œuvre dans le cadre d’un plan de départs volontaires.

La pause à l’exportation et les droits de douane affectent les ventes du T2

JLR a connu une baisse de ses ventes pour le trimestre se terminant en juin 2025, une baisse que la société attribue à l’arrêt temporaire des exportations vers le marché américain et à l’élimination progressive des anciens modèles Jaguar.

Le constructeur automobile, qui emploie plus de 30 000 personnes au Royaume-Uni, avait suspendu ses expéditions à la suite de la décision du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane de 10 % sur les véhicules fabriqués au Royaume-Uni.

Les droits de douane ont ensuite été abaissés de 27,5 % à 10 % à la suite d’un accord commercial bilatéral, mais cela représente tout de même une multiplication par quatre par rapport au taux précédent de 2,5 %.

Bien que la taxe soit prélevée sur les importateurs, les marges bénéficiaires de JLR ont été suffisamment réduites pour provoquer la suspension temporaire des expéditions et, en fin de compte, déclencher des suppressions d’emplois.

L’entreprise n’a repris ses exportations américaines qu’après l’entrée en vigueur de l’accord commercial révisé, mais l’interruption avait déjà affecté ses finances et déclenché une restructuration interne.

Les postes de direction touchés, pas les ouvriers d’usine

Les coupes affecteront principalement le personnel de direction de JLR basé au Royaume-Uni. La société a souligné que cette décision faisait partie des « pratiques commerciales normales ».

Selon JLR, l’objectif est de rationaliser les opérations sans perturber la production de base ou sa transition vers la fabrication de véhicules électriques.

L’entreprise a recruté pour des postes liés à sa feuille de route pour les véhicules électriques, et il n’y a aucune indication de réduction du personnel technique ou de l’usine à ce stade.

Cependant, le Defender de JLR, l’un de ses modèles les plus performants construits en Slovaquie, est toujours soumis aux droits de douane initiaux de 27,5 % en raison de sa fabrication en dehors du Royaume-Uni. Cela reste une question distincte qui n’est pas couverte par le récent accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis.

Impact tarifaire malgré des bénéfices records

Quelques mois avant l’annonce, JLR a annoncé un bénéfice de 2,5 milliards de livres sterling pour l’exercice se terminant en mars 2025, sa meilleure performance financière depuis plus d’une décennie.

Cependant, les analystes estiment que l’environnement tarifaire américain a sapé une partie de cet élan. Le professeur David Bailey, économiste automobile, a noté que malgré l’augmentation des embauches pour sa transition vers les VE, la pause de JLR dans les expéditions américaines et la hausse des tarifs ont exercé une pression sur sa structure opérationnelle.

Les solides bénéfices de l’entreprise ont été obtenus en partie en capitalisant sur la demande de véhicules de luxe et les gains d’efficacité, mais l’évolution du paysage commercial a forcé une réévaluation.

Réponse politique et stratégie future

Avant que JLR n’annonce les licenciements, le député travailliste Preet Kaur Gill a souligné que l’accord de réduction des droits de douane était une étape majeure dans la protection des emplois automobiles au Royaume-Uni.

Elle a noté que l’accord commercial a permis de préserver 12 000 postes.

Cependant, la nouvelle série de pertes d’emplois souligne l’équilibre fragile entre les changements de politiques internationales et les résultats en matière d’emploi au pays.

Alors que JLR poursuit sa stratégie en matière de véhicules électriques et son expansion internationale, les prochaines étapes de l’entreprise impliqueront probablement une nouvelle restructuration interne et un engagement continu avec les décideurs politiques sur les conditions commerciales.