Google fait l’objet de deux plaintes de l’UE concernant les résumés d’IA et le contrôle d’Android

Google fait l’objet de deux plaintes de l’UE concernant les résumés d’IA et le contrôle d’Android
Devesh Kumar
24 juil. 2025, 19:31 PM
  • Six groupes de l’UE déposent une plainte antitrust pour manque de contrôle de l’utilisateur sur Android.
  • La plainte allègue qu’Alphabet enfreint des dispositions clés de la loi sur les marchés numériques.
  • La réglementation de l’UE vise à transférer le pouvoir des gardiens de la technologie vers les utilisateurs et les petits concurrents.

Alphabet est une fois de plus sous le microscope réglementaire de l’UE. Jeudi, un groupe de six organisations de la société civile et de défense des droits numériques a déposé une nouvelle plainte antitrust, alléguant que l’entreprise ne respecte pas ses obligations en vertu de la loi sur les marchés numériques.

Au cœur de la plainte se trouve une accusation familière : qu’Alphabet ne donne pas assez de contrôle aux utilisateurs sur le logiciel intégré à son système d’exploitation Android.

Cette dernière plainte s’ajoute à la pression réglementaire plus large à laquelle Alphabet est confronté en Europe, en particulier sur la façon dont il gère le choix des utilisateurs et la concurrence.

La législation européenne sur les marchés numériques

La loi sur les marchés numériques, en vigueur depuis deux ans, a été conçue pour freiner le type de comportement dominant qui, selon les régulateurs, fausse la concurrence loyale.

Entre autres choses, il exige que les principales plateformes, étiquetées comme « gardiens », cessent de regrouper les applications par défaut et permettent aux utilisateurs de supprimer facilement les logiciels qu’ils ne veulent pas.

À la base, la loi sur les marchés numériques vise à limiter le contrôle que les grandes plateformes peuvent exercer sur les utilisateurs et les concurrents.

Il interdit des tactiques telles que le classement des services d’une entreprise au-dessus des autres dans les résultats de recherche et rend plus difficile l’enfermement des utilisateurs dans des applications préinstallées.

Une exigence est simple mais importante : les utilisateurs doivent être en mesure de supprimer les applications par défaut sans avoir à fouiller dans les menus.

La loi empêche également les plateformes de relier des données personnelles à différents services, à moins que les utilisateurs ne l’autorisent explicitement.

Les violations ne sont pas seulement un problème de relations publiques. L’UE peut infliger aux entreprises des amendes pouvant aller jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires mondial. Pour des entreprises comme Alphabet, ce n’est pas de la monnaie de poche.

Contrairement aux anciennes lois antitrust, qui interviennent souvent après coup, le DMA tente de prévenir les abus avant qu’ils ne commencent.

Ce que Bruxelles essaie vraiment de faire ici, c’est de déplacer le pouvoir des gardiens vers les utilisateurs, les petites entreprises et le marché au sens large.

Google vs autorités européennes

Alphabet est également confronté à une plainte antitrust distincte, celle-ci provenant d’éditeurs indépendants de toute l’Europe.

Déposée début juillet, l’affaire se concentre sur les aperçus de l’IA de Google, ces textes de présentation générés par l’IA qui apparaissent désormais en haut des résultats de recherche dans plus de 100 pays.

Les éditeurs affirment que Google extrait du matériel de leurs sites sans autorisation et donne aux utilisateurs tout ce qu’ils doivent savoir directement dans le champ de recherche, sans qu’aucun clic ne soit requis.

Les choses se sont encore envenimées en mai 2024, lorsque Google a commencé à mettre des publicités dans ses réponses générées par l’IA. Cela a franchi une ligne pour de nombreux éditeurs.

Ils disent que Google utilise leur contenu pour gagner de l’argent sans autorisation, sans crédit et sans envoyer de gens sur leurs sites.

Pour les petites salles de rédaction déjà à bout de souffle, ce n’est pas seulement frustrant. C’est un coup direct à leurs bénéfices.

Google a défendu son approche, affirmant que les aperçus de l’IA améliorent l’expérience de recherche et aident à envoyer un trafic plus significatif aux éditeurs.

Mais de nombreux acteurs de l’industrie ne sont toujours pas convaincus. Plusieurs points de vente signalent une baisse continue des visites sur le site et des revenus publicitaires, et affirment que quelle que soit la « qualité » de ces visites, elles ne compensent pas la perte globale de visibilité.