Le Kremlin met en garde contre une poussée en coulisses pour saboter la rencontre Trump-Poutine

Le Kremlin met en garde contre une poussée en coulisses pour saboter la rencontre Trump-Poutine
Devesh Kumar
09 août 2025, 15:59 PM
  • Le Kremlin allègue des « efforts titanesques » pour perturber les pourparlers de paix en Alaska.
  • L’Ukraine et l’OTAN repoussent d’éventuelles concessions territoriales.
  • L’Alaska choisi pour sa proximité avec la Russie et ses liens historiques symboliques.

Le prochain sommet Trump-Poutine, qui se tiendra le 15 août 2025 en Alaska, fait déjà l’objet de critiques de la part de Moscou, les responsables russes mettant en garde contre les « efforts titanesques » de certains groupes pour faire dérailler la réunion.

Le Kremlin dit qu’il sait que les enjeux sont énormes car les pourparlers visent à verrouiller un cessez-le-feu et peut-être même un accord de paix plus large pour la guerre en Ukraine, et ils promettent de se présenter prêts à travailler, quelles que soient les distractions.

La sécurité va être stricte, et pas seulement à cause des protocoles habituels des leaders mondiaux. Poutine fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés en Ukraine, ce qui interdit tout voyage dans les pays membres de la CPI.

C’est en partie pourquoi l’Alaska a du sens, les États-Unis ne sont pas dans la CPI, donc pas de gâchis juridique. Pourtant, Moscou est sur les nerfs à propos d’éventuelles manœuvres en coulisses de personnes qui ne veulent pas d’un accord de paix ou ne pensent pas que Trump et Poutine peuvent réellement en conclure un.

L’Ukraine met en garde contre les solutions de « paix sur le papier »

Ce sommet n’enthousiasme pas tout le monde, en particulier l’Ukraine et ses alliés en Europe. Le président Zelensky et plusieurs dirigeants européens sont ouvertement mal à l’aise à l’idée que Trump et Poutine se rencontrent sans l’Ukraine à la table.

Leur crainte est assez simple : un accord pourrait être concocté que Kiev n’a pas accepté, conduisant à ce qu’ils appellent des « solutions mortes » comme la paix sur le papier qui ne fonctionne pas dans la vraie vie.

Ces inquiétudes n’ont fait que croître après que des fuites ont suggéré que l’envoyé de Trump avait élaboré un plan avec Poutine qui aurait permis à l’Ukraine de renoncer au contrôle de certaines parties de l’est de l’Ukraine, y compris le Donbass et la Crimée.

En réponse, l’Ukraine et ses partenaires de l’OTAN en Europe se sont empressés d’organiser des pourparlers d’urgence, essayant de trouver un plan de match uni pour empêcher la réunion de l’Alaska de mettre Kiev dans un coin.

C’est un rappel que les dirigeants européens sont toujours profondément impliqués dans le soutien à la souveraineté de l’Ukraine et prêts à repousser fermement tout compromis territorial décidé ailleurs.

Symbolisme géopolitique

La politique autour de ce sommet est un numéro d’équilibriste. Trump parle de ses chances d’obtenir un accord, laissant même entendre qu’une sorte d’échange de terres pourrait faire partie du paquet, mais Kiev et ses alliés occidentaux ne l’ont pas fait.

Ils maintiennent fermement que tout cessez-le-feu ou accord de paix doit maintenir intactes les frontières de l’Ukraine.

De l’autre côté, Poutine semble prêt à utiliser les pourparlers pour verrouiller son emprise sur les territoires revendiqués par la Russie et s’en aller avec un cessez-le-feu qui penche en sa faveur.

Et puis il y a l’Alaska. Le choisir comme lieu de rendez-vous n’était pas seulement une question de commodité, bien qu’il s’agisse de l’État américain le plus proche de la Russie, à seulement 55 miles de l’autre côté du détroit de Béring.

C’était un territoire russe jusqu’à ce que les États-Unis l’achètent en 1867, ce qui ajoute une couche d’ironie historique à l’ensemble. Ce symbolisme, ainsi que les projecteurs du monde entier, ne font qu’amplifier l’importance de ces discussions.