Taïwan rejette le projet américain de puces ; les négociations commerciales se transforment en droits de douane

Taïwan rejette le projet américain de puces ; les négociations commerciales se transforment en droits de douane
Diya Poddar
01 oct. 2025, 08:12 AM
  • Cheng Li-chiun confirme qu’il ne s’engage pas à une demande américaine de 50 %.
  • L’enquête de l’article 232 s’étend à d’autres produits semi-conducteurs.
  • Les exportations de semi-conducteurs représentent plus de 70 % du commerce entre Taïwan et les États-Unis.

Taïwan a fermement rejeté une proposition de Washington selon laquelle les États-Unis devraient produire la moitié des semi-conducteurs qu’ils consomment, signalant une complexité plus profonde dans les discussions commerciales en cours entre les deux économies.

Le vice-Premier ministre Cheng Li-chiun a confirmé que la demande venait du côté américain et que Taïwan n’avait jamais accepté un tel engagement.

Le désaccord survient alors que les deux gouvernements s’efforcent de résoudre les tensions sur les tarifs réciproques et l’enquête en vertu de l’article 232, qui s’est élargie pour couvrir un plus large éventail de biens.

Les semi-conducteurs étant au cœur du commerce bilatéral, le débat met en évidence l’enchevêtrement de la sécurité des puces et de la politique tarifaire.

Taïwan résiste à la demande américaine de semi-conducteurs

S’exprimant mercredi, Cheng Li-chiun a déclaré que l’idée de répondre à 50 % de la demande américaine de semi-conducteurs grâce à la production locale n’était pas sur la table des négociations.

Il a précisé que Taïwan n’accepterait pas de conditions de cette nature, car l’accent restait mis sur les concessions liées à l’article 232.

Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, avait précédemment indiqué dans une interview à NewsNation que Washington était en pourparlers avec Taipei sur la réduction de la dépendance à l’égard de la production de puces à l’étranger.

Ces commentaires soulignent les inquiétudes persistantes à Washington concernant une dépendance excessive à l’égard de Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC) et de son vaste réseau d’approvisionnement.

Les responsables américains n’ont cessé de mettre en garde contre les risques liés à cette concentration, en particulier depuis les pénuries de l’ère Covid qui ont perturbé des industries allant de la construction automobile au développement de l’intelligence artificielle.

Enquête en vertu de l’article 232 et tarifs

Le cabinet taïwanais a déclaré que des progrès avaient été réalisés à la suite de récentes réunions avec Lutnick et le représentant américain Jamieson Greer.

Plus de 70 % des exportations de Taïwan vers les États-Unis sont liées aux semi-conducteurs, qui sont directement touchés par l’enquête de l’article 232. Les négociations portent actuellement sur les tarifs réciproques, les mesures de l’article 232 et la coopération dans la chaîne d’approvisionnement.

Les États-Unis ont introduit en juillet des droits de douane réciproques de 20 % sur les importations en provenance de Taïwan, ce qui est plus élevé que les taux appliqués à des concurrents régionaux tels que le Japon et la Corée du Sud.

Les produits semi-conducteurs ont été exemptés à l’époque, dans l’attente du résultat de l’examen en vertu de l’article 232. Taïwan a signalé que la conclusion des négociations dépendrait de la conclusion d’un accord entre les deux parties dans ces domaines clés.

Craintes des États-Unis concernant la dépendance aux puces

La volonté des États-Unis d’accroître la production nationale de semi-conducteurs découle des craintes de longue date quant à la dépendance à l’égard d’un marché unique. La domination de Taïwan dans la production de puces a été identifiée comme une vulnérabilité stratégique.

Pendant la pandémie de Covid-19, les pénuries de semi-conducteurs ont mis en évidence l’importance de la chaîne d’approvisionnement pour de nombreux secteurs, notamment la défense et les technologies de pointe.

La dernière proposition de Washington reflète cette priorité, mais le rejet de Taipei met en évidence les limites de la capacité mondiale de production de puces des partenaires commerciaux.

Les discussions s’orientent vers une coopération dans la chaîne d’approvisionnement

Malgré le rejet de la demande de production de 50 %, Taïwan a confirmé qu’elle restait engagée dans le dialogue sur une coopération plus large. Les deux parties continuent de peser l’impact des droits de douane et des enquêtes réglementaires sur le commerce des semi-conducteurs.

L’issue de ces négociations influencera non seulement les balances commerciales, mais aussi l’évolution des chaînes d’approvisionnement mondiales en matière de puces à une époque de concurrence géopolitique accrue.