L’économie des services du Canada se contracte brusquement en septembre, alors que l’emploi et les arriérés diminuent
- L’indice PMI des services du Canada a chuté à 46,3 en septembre, son plus bas niveau depuis juin et son 10e mois de contraction.
- L’emploi a glissé dans la contraction à 48,9, tandis que les arriérés ont atteint leur plus bas niveau en cinq ans à 42,9.
- L’optimisme pour l’activité future a atteint son plus haut niveau en 11 mois, même si les services et le secteur manufacturier se sont affaiblis.
L’économie canadienne des services a connu une contraction plus marquée en septembre, alors que l’activité commerciale et l’emploi sont retombés en contraction, selon les données de SandP Global publiées vendredi.
L’indice global de l’activité des entreprises a plongé à 46,3 en septembre contre 48,6 en août, son plus bas niveau depuis juin, et le repli du secteur s’est prolongé à un 10e mois.
Toute lecture inférieure à 50 représente une contraction. Les résultats de septembre renforcent l’activité toujours léthargique du secteur des services, qui représente la majeure partie de l’économie canadienne.
Les emplois et les arriérés de travail s’affaiblissent
De nouvelles données d’enquête ont montré une baisse de l’emploi et du travail en suspens, ce qui suggère des signes croissants de surcapacité.
L’indice de l’emploi a chuté à 48,9, ce qui indique sa première contraction depuis avril, et la mesure de l’arriéré a chuté à 42,9, contre 46,3 en août et son plus bas niveau depuis juin 2020.
Selon Paul Smith, directeur économique chez SandP Global Market Intelligence, les fournisseurs de services ont été confrontés à « un environnement commercial difficile » tout au long du mois.
Il a également ajouté que « les capacités excédentaires dans l’économie des services ont été mises en évidence par la double réduction de l’emploi et du travail en suspens ».
Dans les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière, la croissance des nouvelles commandes est restée modérée, confirmant la faiblesse de la demande qui caractérise l’ensemble de l’industrie.
Les entreprises continuent d’avoir du mal à obtenir suffisamment de nouvelles commandes pour remplacer les niveaux élevés de travail en cours dont elles bénéficiaient plus tôt dans l’année, en raison d’une pile limitée de projets prêts à démarrer.
Les risques penchent à la baisse
Avec la chute de l’emploi, la baisse de l’activité des entreprises et les indicateurs de la demande suggérant une faiblesse prolongée, M. Smith croit que les risques pour l’économie canadienne restent orientés à la baisse.
Le rapport fournit une justification supplémentaire à la récente baisse des taux d’intérêt de la Banque du Canada, qui visait à soutenir l’économie dans un contexte de défis mondiaux.
Le mois dernier, la banque centrale a abaissé son taux d’intérêt de référence à 2,50 %, son plus bas niveau en trois ans, afin de donner un répit à l’économie aux prises avec un commerce mondial médiocre.
Une guerre commerciale menée par les États-Unis a nui à la confiance et aux exportations au Canada.
Optimisme quant à l’activité future
Bien que les performances actuelles restent modérées, les prestataires de services ont exprimé un niveau d’optimisme plus élevé pour l’activité au cours des douze prochains mois.
L’indice d’activité prévisionnel a augmenté à 62,2 en septembre, contre 58,2 en août, le chiffre le plus élevé en 11 mois.
Ces progrès indiquent que les entreprises sont optimistes quant aux perspectives raisonnables d’un environnement macroéconomique stable à l’avenir, même si les obstacles immédiats se font sentir importants.
Les entreprises ont fait davantage confiance à l’amélioration des conditions une fois que les marchés financiers se sont adaptés aux récentes mesures de relance monétaire et que les pressions sur la demande mondiale se sont équilibrées.
L’indice PMI composite reflète la faiblesse
L’ensemble du secteur privé canadien a également manifesté des symptômes de détresse.
L’indice PMI composite SandP Global Canada a chuté à 46,3 en septembre, contre 48,4 en août, marquant son plus bas niveau depuis juin.
L’indicateur mesure l’activité combinée dans l’industrie manufacturière et les services.
Des résultats distincts publiés plus tôt cette semaine ont montré que le secteur manufacturier était également en baisse.
L’indice PMI manufacturier du Canada a chuté à 47,7 en septembre, en baisse par rapport à 48,3 le mois précédent, alors qu’un environnement commercial incertain a pesé sur la production et les nouvelles commandes.
Un ralentissement bisectoriel
Ensemble, les chiffres PMI les plus récents ont révélé que les services et le secteur manufacturier s’enfonçaient davantage dans la contraction.
La baisse du secteur manufacturier a souligné les perturbations causées par les pressions qui s’accumulent dans le commerce mondial, tandis que la chute des services a signalé une faiblesse intérieure de l’emploi et de la demande.
Cela est particulièrement important compte tenu du rôle démesuré du secteur des services dans l’économie canadienne, non seulement en ce qui concerne les dépenses de consommation, mais aussi les activités de soutien aux entreprises.
La réduction continue des emplois dans le secteur pourrait également contribuer à la tendance générale du nombre d’emplois au cours des prochains mois.
Les perspectives dépendent de la politique et du commerce
À l’avenir, la durabilité de l’économie canadienne pourrait être déterminée par la capacité d’assouplissement monétaire et les attentes de stabilité politique à compenser les problèmes structurels chroniques.
La décision de la Banque du Canada de réduire les taux d’intérêt montre qu’elle reconnaît les risques à la baisse, mais il faudra du temps pour que l’impact de cette mesure se manifeste.
Avec les services et l’industrie manufacturière qui se contractent, le pronostic à court terme indique un rythme de croissance lent.
Cependant, une meilleure attitude à l’égard de l’activité future montre que les entreprises sont confiantes que les conditions s’amélioreront progressivement.
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