Visite du Premier ministre britannique Starmer en Inde : ce que ce voyage signifie pour le commerce, la fintech et les liens stratégiques

Visite du Premier ministre britannique Starmer en Inde : ce que ce voyage signifie pour le commerce, la fintech et les liens stratégiques
Diya Poddar
07 oct. 2025, 13:59 PM
  • Le Premier ministre britannique Keir Starmer se rend en Inde les 8 et 9 octobre pour faire avancer l’accord commercial entre l’Inde et le Royaume-Uni (CETA).
  • Les leaders se concentreront sur la technologie financière, la défense, l’énergie durable et l’accès au marché pour les industries clés.
  • La visite s’inscrit dans le cadre de la « Vision 2035 » entre l’Inde et le Royaume-Uni, qui couvre le commerce, la technologie, l’éducation et la coopération climatique.

La visite de deux jours du Premier ministre britannique Keir Starmer en Inde les 8 et 9 octobre marque une étape importante dans l’avancement de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre l’Inde et le Royaume-Uni, alors que les deux pays cherchent à renforcer le commerce et l’innovation dans un contexte de tensions géopolitiques.

Un rapport de The Hindu a souligné comment la visite, qui intervient quelques mois seulement après la signature de l’accord commercial, met en évidence les efforts renouvelés pour élargir la coopération dans les domaines de la fintech, de la défense et de l’énergie durable tout en naviguant dans les conflits mondiaux à Gaza et en Ukraine.

Pacte commercial pour renforcer l’accès aux marchés

Le ministère des Affaires étrangères (MEA) a annoncé que le Premier ministre Starmer rencontrera le Premier ministre Narendra Modi pour discuter d’un large éventail de questions, notamment la stabilité régionale, la défense et la croissance économique.

La pièce maîtresse de la visite est la mise en œuvre de l’AECG, qui vise à stimuler l’accès au marché pour les industries indiennes et britanniques.

Lors de sa précédente visite à Londres en juillet, le Premier ministre Modi a souligné que l’accord améliorerait les opportunités d’exportation de l’Inde pour les textiles, les chaussures, les pierres précieuses et les bijoux, les fruits de mer et les produits d’ingénierie.

En retour, les produits britanniques tels que les dispositifs médicaux et les composants aérospatiaux deviendront plus abordables pour les industries indiennes, ce qui améliorera la compétitivité commerciale.

Les deux dirigeants profiteront de cette visite pour « dialoguer avec les entreprises et les leaders de l’industrie sur les opportunités offertes par le CETA en tant que pilier central du futur partenariat économique entre l’Inde et le Royaume-Uni ».

La coopération fintech à l’honneur

Keir Starmer et son homologue indien devraient assister à la sixième édition du Global Fintech Fest à Mumbai le 9 octobre, où tous deux prononceront des discours liminaires.

L’événement, qui rassemble des décideurs politiques, des investisseurs et des entrepreneurs, servira de plate-forme pour discuter des technologies financières émergentes, des systèmes de paiement numériques et des opportunités d’investissement transfrontalier.

L’accent mis sur la fintech souligne l’importance stratégique de l’innovation numérique dans le renforcement des liens économiques bilatéraux.

Le marché indien de la fintech, qui connaît une expansion rapide, qui devrait dépasser 1 billion de dollars d’actifs sous gestion d’ici 2030, est considéré comme un domaine vital pour la collaboration avec les investisseurs basés au Royaume-Uni qui cherchent à accéder aux marchés émergents à forte croissance.

L’événement s’inscrit également dans la vision des deux gouvernements de développer des économies numériques sûres et inclusives capables de favoriser l’innovation tout en maintenant une surveillance réglementaire dans un paysage financier mondial en évolution.

Une coopération élargie dans le cadre de la Vision 2035

La visite permettra également aux deux premiers ministres de faire le point sur les progrès réalisés dans le cadre du partenariat stratégique global entre l’Inde et le Royaume-Uni, guidé par la « Vision 2035 ».

Cette feuille de route de 10 ans établit un cadre de coopération dans les domaines du commerce, de la défense, de l’énergie propre, de l’éducation et de la santé.

Selon le MEA, les dirigeants examineront les initiatives dans les domaines de la technologie, de l’innovation et du changement climatique, tout en évaluant les nouvelles opportunités en matière d’énergie renouvelable et de finance verte.

Les discussions sur la défense et la sécurité devraient porter sur la coopération maritime, la lutte contre le terrorisme et le partage de technologies, conformément aux priorités communes en matière de stabilité dans l’Indo-Pacifique.

Les deux gouvernements sont également susceptibles d’explorer le rôle de l’éducation et du développement des compétences dans la croissance tirée par l’innovation.

Avec plus de 130 000 étudiants indiens qui étudient actuellement au Royaume-Uni, l’éducation continue d’être un pont solide entre les deux pays.

Un timing diplomatique dans un contexte d’incertitude mondiale

La visite de Starmer en Inde intervient dans un contexte mondial complexe.

Les conflits à Gaza et en Ukraine ont remodelé les alliances mondiales et les politiques économiques, tandis que la hausse des coûts de l’énergie et l’inflation continuent d’affecter les économies développées et émergentes.

L’Inde et le Royaume-Uni ont tous deux publiquement soutenu le plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza et ont appelé à un engagement diplomatique pour stabiliser la région.

Alors que le président russe Vladimir Poutine devrait se rendre en Inde en décembre, les discussions entre les deux premiers ministres porteront probablement sur l’impact de la guerre en Ukraine sur le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement.

Le moment de la visite indique l’importance croissante de New Delhi en tant que partenaire stratégique de Londres dans la diversification des relations commerciales post-Brexit.

Pour l’Inde, des liens plus étroits avec le Royaume-Uni complètent son ambition de devenir un centre mondial de fabrication et de technologie.

En combinant la diplomatie économique et la collaboration technologique, les deux pays sont prêts à renforcer leur partenariat dans de multiples secteurs, renforçant ainsi leur rôle en tant qu’acteurs clés dans l’élaboration de l’ordre économique mondial.