Le Japon s’apprête à avoir sa première femme ministre des Finances, selon les médias locaux

Le Japon s’apprête à avoir sa première femme ministre des Finances, selon les médias locaux
Deepali Singh
21 oct. 2025, 08:15 AM
  • Le Japon s’apprêterait à nommer sa toute première femme ministre des Finances.
  • La nouvelle dirigeante, Sanae Takaichi, devrait faire appel à Satsuki Katayama.
  • Katayama, une ancienne bureaucrate, est connue pour ses opinions pro-relance.

L’histoire est sur le point de s’écrire deux fois au Japon. Alors que le pays se prépare à accueillir sa toute première femme Premier ministre, un autre des plafonds de verre les plus hauts et les plus redoutables du pays est sur le point d’être brisé.

Sanae Takaichi, la dirigeante nouvellement élue du parti au pouvoir, devrait faire de Satsuki Katayama la première femme ministre des Finances du pays, une nomination historique qui placera pour la première fois une femme à la tête de la quatrième économie mondiale.

La nomination de l’ancien fonctionnaire du ministère des Finances, âgé de 66 ans, rapportée pour la première fois par les médias locaux, dont Kyodo News et le journal Asahi, est une autre étape importante pour une nation qui a longtemps été critiquée pour ses progrès lents et souvent obstinés en matière d’égalité des sexes.

Un franc-tireur conservateur aux commandes

Mais ce n’est pas une histoire de triomphe progressiste. À l’instar de Takaichi, qui est sur le point de devenir Premier ministre lors d’un vote parlementaire plus tard mardi, Katayama est un conservateur convaincu. Bien qu’elle innove, sa nomination est également un signal clair du programme économique et social du nouveau premier ministre.

Vétéran de 23 ans du puissant ministère des Finances, où elle a été la première femme à occuper une série de postes clés, Katayama est néanmoins connue pour son soutien à une politique budgétaire expansionniste, une position qui la met souvent en désaccord avec l’accent traditionnel du ministère sur la consolidation budgétaire.

L’année dernière, un groupe d’experts du parti au pouvoir auquel elle appartient a soutenu que l’émission d’obligations d’État ne devrait pas être considérée comme une dette, mais comme un « investissement axé sur l’avenir ».

Dans une récente interview, elle a également laissé entendre que le taux d’imposition actuel n’est pas une « loi immuable », un signe clair qu’elle pourrait être ouverte à des réductions d’impôts.

Cette position en faveur des mesures de relance sera un signal clé pour un marché qui craint vivement que la nouvelle administration n’augmente les dépenses publiques et ne ralentisse la trajectoire de la Banque du Japon vers la hausse des taux d’intérêt.

Un baptême du feu : les défis à venir

S’il est confirmé, Katayama fera face à un baptême du feu immédiat. Son premier défi, et le plus pressant, sera de constituer un budget supplémentaire pour financer un nouveau paquet de mesures économiques visant à soutenir les ménages et les entreprises.

On s’attend maintenant à ce que l’ampleur de ce plan de relance soit gonflée, résultat direct du marchandage politique nécessaire pour assurer le chemin de Takaichi vers le poste de Premier ministre.

Diplômé de la prestigieuse université de Tokyo, Katayama est entré en politique en 2005 en tant que l’un des « enfants Koizumi », un groupe de 83 législateurs qui ont été élus pour la première fois sous la bannière du Premier ministre réformateur Junichiro Koizumi.

Aujourd’hui, alors qu’elle se prépare à assumer l’un des rôles les plus puissants et les plus difficiles du pays, son ascension est un symbole puissant d’une nation en transition.

Elle est peut-être une « conservatrice de bon sens » qui s’oppose au mariage homosexuel et aux noms de famille séparés pour les couples mariés, mais sa présence au cœur même de la puissance japonaise est un moment historique, une révolution tranquille mais profonde dans un pays qui commence lentement, et souvent à contrecœur, à changer.