Les exportations japonaises vers les États-Unis chutent de 13,3 %, mais l’essor du commerce asiatique stimule la croissance globale

Les exportations japonaises vers les États-Unis chutent de 13,3 %, mais l’essor du commerce asiatique stimule la croissance globale
Diya Poddar
22 oct. 2025, 09:35 AM
  • Les exportations vers l’Asie ont augmenté de 9,2 %, tandis que celles vers les États-Unis ont chuté de 13,3 %.
  • Les expéditions d’automobiles vers les États-Unis ont chuté de 24,2 % en raison des droits de douane en cours.
  • Les importations ont augmenté de 3,3 %, stimulées par une hausse de 9,8 % en provenance de la Chine.

Le secteur des exportations du Japon a retrouvé sa vigueur en septembre, selon des données publiées un jour seulement après la nomination historique de Sanae Takaichi en tant que première femme Premier ministre du pays.

Le rebond, qui a vu les exportations augmenter de 4,2 %, a été stimulé par une forte augmentation de la demande en provenance d’Asie qui a réussi à compenser la faiblesse persistante du commerce avec les États-Unis, signe de la résilience des liens économiques de la région dans un contexte d’évolution des politiques commerciales mondiales.

Les données, publiées mercredi par le ministère japonais des Finances, ajoutent une dimension économique cruciale au nouveau paysage politique du pays, constituant un premier test pour un nouveau dirigeant qui s’est engagé à donner la priorité à la croissance économique.

Les marchés asiatiques stimulent les performances commerciales du Japon

Les exportations japonaises vers l’Asie ont grimpé de 9,2 % en septembre par rapport à l’année précédente, ce qui a permis de compenser la faiblesse persistante des expéditions vers les États-Unis, qui ont chuté de 13,3 %.

Les exportations vers la Chine, premier partenaire commercial du Japon, ont augmenté de 5,8 %, en raison de la vigueur de la demande industrielle et de la reprise de la chaîne d’approvisionnement interrégionale.

Malgré les vents contraires mondiaux, l’appétit continu de l’Asie pour les produits japonais, des machines et composants aux biens de consommation, a été essentiel pour stabiliser la balance commerciale du pays.

En revanche, les exportations vers les États-Unis ont diminué pendant six mois consécutifs, en grande partie en raison des droits de douane visant les principales industries japonaises, dont l’automobile.

Dans le même temps, les expéditions d’automobiles vers les États-Unis ont chuté de 24,2 % en septembre, reflétant la pression exercée sur les grands constructeurs automobiles tels que Toyota Motor Corp., qui jouent un rôle central dans la production industrielle du Japon.

Les importations augmentent à mesure que les chaînes d’approvisionnement régionales s’approfondissent

Les importations du Japon ont augmenté de 3,3 % en septembre, avec une hausse de 6 % des échanges en Asie. Les importations en provenance de la Chine, qui représentent une part importante des intrants de consommation et de fabrication du Japon, ont augmenté de 9,8 %.

Cette croissance soutenue témoigne de la vigueur persistante des chaînes d’approvisionnement intra-asiatiques malgré les perturbations du commerce mondial.

La hausse des importations signale également la reprise progressive de la consommation intérieure et de l’activité industrielle, soutenue par des commandes manufacturières stables et un yen plus faible.

Cependant, la dépendance à l’égard des biens et de l’énergie importés continue de remettre en question les ambitions d’excédent commercial du Japon, d’autant plus que les prix mondiaux fluctuent et que l’inflation intérieure reste modérée.

La nomination de Takaichi suscite l’espoir d’un changement de politique

Les données sur le commerce sont arrivées un jour après que Sanae Takaichi a été choisie lors d’un vote parlementaire comme nouvelle Première ministre du Japon, marquant une étape importante pour la représentation des sexes dans la politique japonaise.

Connue pour ses penchants conservateurs et son soutien à une politique budgétaire expansive, Takaichi s’est engagée à donner la priorité à la croissance économique, à la hausse des salaires et à la poursuite de l’assouplissement monétaire.

Sa position sur le maintien d’un yen faible s’aligne sur les intérêts axés sur l’exportation, car elle augmente la valeur des bénéfices à l’étranger des entreprises japonaises lorsqu’ils sont reconvertis en yens.

Les marchés de Tokyo ont réagi positivement à l’annonce de sa dirigeante, les cours des actions ayant augmenté dans un contexte d’anticipation d’une augmentation des dépenses publiques.

Cependant, les ambitions de Takaichi se heurtent à des contraintes institutionnelles. Bien qu’elle soit à la tête du Parti libéral-démocrate au pouvoir, sa coalition ne détient la majorité dans aucune des deux chambres du Parlement, ce qui rend son programme de réformes vulnérable à l’impasse politique.

Les divisions au sein de son propre parti compliquent encore sa capacité à mettre en œuvre des réformes structurelles et fiscales.

Des défis commerciaux à long terme subsistent

Les relations commerciales entre le Japon et les États-Unis continuent d’être tendues par des barrières tarifaires et des désaccords politiques remontant aux négociations précédentes, au cours desquelles le Japon avait accepté d’investir 550 milliards de dollars dans l’économie américaine et d’ouvrir son marché aux automobiles et au riz américains.

Le récent taux de droits de douane de 15 % sur les produits japonais importés, bien que inférieur aux 25 % initialement proposés, affecte toujours les exportateurs dépendants de la demande américaine.

À mesure que la structure du commerce mondial évolue, le pivot du Japon vers l’Asie souligne un réalignement plus large des priorités économiques régionales.

Alors que la Chine reste une destination d’exportation clé et que les économies émergentes d’Asie approfondissent leurs liens avec Tokyo, la croissance future du Japon pourrait dépendre davantage de ses partenariats régionaux que du commerce transpacifique.

Les chiffres de septembre montrent que la reprise des exportations japonaises est tirée par la demande régionale plutôt que par les marchés occidentaux traditionnels.

Alors que Takaichi s’efforce de consolider son leadership et de naviguer dans les divisions politiques internes, la capacité du pays à équilibrer sa politique étrangère, sa gestion des devises et sa diversification commerciale définira son prochain chapitre de stabilité économique.