Bulletin Europe : Diplomatie à Moscou, aventure de fusion au Royaume-Uni et réinitialisation des tarifs suisses

Bulletin Europe : Diplomatie à Moscou, aventure de fusion au Royaume-Uni et réinitialisation des tarifs suisses
Devesh Kumar
02 déc. 2025, 18:56 PM
  • Les envoyés de Trump présentent un nouveau plan de paix ukrainienne à Moscou.
  • UK collabore avec TAE pour accélérer l’énergie de fusion commerciale.
  • Le nouveau PDG de Gunvor promet la stabilité dans un contexte de refonte de la direction.

Des tensions, des ambitions technologiques, des remaniements d’entreprises et des soucis de droits de douane façonnent l’Europe cette semaine.

Les envoyés de Trump testent le terrain à Moscou avec une nouvelle campagne pacifiste pour l’Ukraine, même si les dirigeants européens observent cette décision avec méfiance.

Au Royaume-Uni, un important partenariat de fusion soutenu par Google vise à accélérer les avancées en énergie propre.

Gunvor, de Suisse, traverse un renouvellement de la direction sous un nouveau PDG, tandis que Berne se prépare à un avenir marqué par une hausse des tarifs américains malgré une réduction durement acquise.

Les envoyés de Trump courtisent Poutine

L’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, était à Moscou cette semaine, et il a amené avec lui le gendre de Trump, Jared Kushner.

Les deux ont rencontré le président russe Vladimir Poutine pour lui présenter un plan de paix révisé visant à mettre enfin fin à la guerre en Ukraine.

Leur voyage fait suite à une période de diplomatie intense et équilibrée, incluant des rencontres avec des responsables ukrainiens.

Washington a désormais présenté une proposition simplifiée en 19 points, espérant que Poutine pourrait réellement s’y intéresser.

Et bien qu’il ait montré une certaine ouverture à l’utiliser comme point de départ, il maintient toujours la ligne sur certains points de blocage majeurs, notamment le contrôle de certaines parties de l’Ukraine et les limites imposées à l’OTAN.

Pendant ce temps, l’Ukraine et l’Europe observent tout cela avec beaucoup de prudence. Il y a une réelle inquiétude à l’idée de trop céder à Moscou, et tout le monde n’est pas convaincu que ces concessions valent le risque.

TAE lance une poussée de fusion au Royaume-Uni

TAE Technologies, la start-up américaine de fusion soutenue par Google, vient de s’associer à l’Autorité britannique de démantèlement nucléaire pour rapprocher l’énergie de fusion de la réalité.

La nouvelle coentreprise, appelée TAE NDA Fusion, prévoit de construire et d’exploiter une centrale à fusion au Royaume-Uni, en utilisant la technologie unique de confinement plasma de TAE.

L’idée est d’accélérer la voie vers la fusion commerciale, ce rêve d’énergie propre et pratiquement illimitée.

Si cela fonctionne, cela pourrait alimenter tout, des centres de données massifs aux villes entières, tout en réduisant les émissions de carbone.

Le gouvernement britannique est d’accord, voyant cela comme une partie de sa volonté de viser la neutralité carbone. Et les grands investisseurs de TAE, dont Google et Chevron, considèrent cela comme une avancée significative vers des réacteurs à fusion qui peuvent réellement évoluer dans le monde réel.

Gunvor signale une transition stable

Le nouveau PDG de Gunvor, Gary Pedersen, tente d’envoyer un message clair en prenant ses fonctions : rien ne va être bouleversé.

Après que le cofondateur Torbjorn Tornqvist a quitté ses fonctions après 25 ans à la tête, Pedersen, notamment le premier Américain à diriger une grande société suisse de matières premières, a souligné que les plus grandes banques et partenaires commerciaux de l’entreprise restent fermement de son côté, malgré les turbulences des derniers mois.

Ce changement de direction intervient juste après un rachat par la direction au cours duquel Tornqvist a vendu sa participation à des cadres supérieurs, réinitialisant ainsi la structure de propriété de Gunvor.

Tout cela s’est déroulé sous l’ombre des critiques du gouvernement américain, y compris cette accusation qui fait la une des journaux qualifiant Gunvor de « marionnette du Kremlin ».

Pedersen affirme que sa priorité est désormais de maintenir le bon fonctionnement de l’entreprise, d’éviter des perturbations inutiles et de promouvoir la croissance mondiale, tout en maintenant Gunvor ancré à Genève.

La Suisse se prépare à des tarifs douaniers

La Suisse semble devoir s’habituer à ce que les tarifs américains persistent, même après avoir accepté d’égaliser ses tarifs avec ceux de l’Union européenne.

En août 2025, les États-Unis ont imposé un tarif élevé de 39 % sur les produits suisses, le plus élevé jamais enregistré en Europe. Mais le mois dernier seulement, la Suisse et Washington ont conclu un accord préliminaire pour faire baisser ce chiffre à 15 %, le même taux que l’UE rencontre.

Helene Budliger Artieda, du bureau suisse des affaires économiques, affirme qu’il est probablement irréaliste de s’attendre à ce que les tarifs reviennent aux niveaux bien plus bas du passé, même si une administration démocrate prend le pouvoir aux États-Unis.

Quelques exportations suisses bénéficient toutefois d’un laissez-passer : les produits pharmaceutiques, l’or et le café restent sans droits douaneux.

Et bien que le nouveau tarif de 15 % ne soit pas minime, il représente une amélioration majeure, permettant à la Suisse d’économiser environ 6 milliards de dollars par an et offrant à ses exportateurs un peu de répit alors que le pays s’aligne davantage avec l’UE.