Bulletin européen : Facilite l’emprunt du Royaume-Uni, l’impasse budgétaire française s’aggrave, les risques géopolitiques augmentent

Bulletin européen : Facilite l’emprunt du Royaume-Uni, l’impasse budgétaire française s’aggrave, les risques géopolitiques augmentent
Devesh Kumar
19 déc. 2025, 18:55 PM
  • L’emprunt au Royaume-Uni s’améliore d’une année sur l’autre, laissant entrevoir des signes timides de consolidation budgétaire.
  • L’impasse budgétaire française s’aggrave, exposant des déficits structurels et une paralysie politique.
  • Poutine avertit les détenteurs de réserves, utilisant les débats sur la saisie d’actifs dans la zone euro en tant que moyen de sanctions.

L’Europe aborde la nouvelle année face à des réalités fiscales inégales et à une tension géopolitique croissante.

La Grande-Bretagne montre des progrès timides pour freiner l’emprunt alors que l’inflation se refroidit, tandis que la France reste embourbée dans une impasse politique qui aggrave une perspective budgétaire déjà fragile.

Plus à l’est, l’Ukraine obtient un allègement critique de la dette pour protéger sa reprise d’après-guerre, alors même que la Russie intensifie les avertissements concernant la sécurité des actifs de la zone euro, soulignant à quel point la politique financière et la géopolitique sont de plus en plus liées à travers le continent.

L’emprunt britannique diminue malgré les vents contraires

Le gouvernement britannique a emprunté 11,7 milliards de livres sterling en novembre, soit plus que les 10 milliards attendus, selon des chiffres officiels publiés vendredi par l’Office for National Statistics.

Cependant, cela représente une amélioration bienvenue par rapport à novembre 2024, lorsque l’emprunt a atteint 13,6 milliards de livres, soit une baisse de 14 % en glissement annuel.

Ce ralentissement reflète la modération des paiements d’intérêts de la dette à mesure que l’inflation diminue, compensant la pression continue des dépenses sociales et des coûts des services publics.

Depuis le début de l’année jusqu’en novembre, l’emprunt a atteint 132,3 milliards de livres, le deuxième total le plus élevé sur huit mois jamais enregistré en dehors de la pandémie.

Alors que la ministre des Finances Rachel Reeves continue de mettre en œuvre des hausses d’impôts pour maîtriser la montée de la dette, ces derniers chiffres offrent un signe modeste que les efforts de consolidation budgétaire du gouvernement gagnent du terrain face à des vents économiques persistants.

Les négociations budgétaires françaises s’effondrent à nouveau

La crise budgétaire française s’est aggravée vendredi alors que les législateurs n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan de dépenses pour 2026, laissant la deuxième économie de la zone euro sans budget finalisé à l’approche de la nouvelle année.

Un comité mixte composé de sénateurs et de députés s’est effondré en moins d’une heure sans parvenir à un compromis, obligeant le Premier ministre Sébastien Lecornu à demander une loi spéciale pour faire temporairement annuler le budget 2025 pendant que les négociations se poursuivent.

L’impasse reflète une division fondamentale entre un Sénat qui réduit les coûts et une chambre basse de gauche exigeant des impôts et des dépenses plus élevés.

Le gouverneur de la banque centrale, François Villeroy de Galhau, a averti que cette mesure provisoire masque la crise budgétaire plus profonde de la France, avec un déficit actuellement à 5,4 % et une dette approchant les 117 % du PIB.

Lecornu fait désormais face à un nouveau défi politique dans une série de Premiers ministres incapables de combler les déficits budgétaires structurels de la France dans un contexte d’impasse parlementaire.

L’Ukraine désamorce la dette de mandat du PIB

L’Ukraine a conclu jeudi un accord historique, convainquant 99 % des détenteurs de bons de souscription du PIB de restructurer 2,6 milliards de dollars de dettes problématiques en obligations conventionnelles.

La bourse, dépassant le seuil de 75 % nécessaire au succès, convertit les bons de souscription liés à la croissance en nouveaux Eurobonds de classe C à échéance en 2032, avec des paiements de coupons passant de 4 % à 7,25 % par an, ainsi que des incitations en espèces atteignant 7 %.

Le ministre des Finances Serhiy Marchenko a salué cet accord comme crucial pour éliminer une bombe budgétaire qui menaçait des milliards de paiements non budgétés une fois que l’économie ukrainienne se remettra des ravages de guerre.

Cette restructuration protège la fragile reprise de l’Ukraine d’après-guerre en convertissant des obligations incertaines liées au PIB en dette à taux fixe prévisible, libérant ainsi des ressources budgétaires limitées pour la reconstruction et la défense.

Il s’agit du deuxième grand soulagement de la dette en deux ans, après la restructuration ukrainienne de 20,5 milliards de dollars en Euro-obligations en septembre 2024, démontrant une confiance soutenue des créanciers malgré l’agression russe persistante.

Poutine met en garde contre les réserves de la zone euro

Poutine a lancé un avertissement sévère vendredi, avertissant les pays riches en pétrole, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, que maintenir leurs réserves internationales dans la zone euro pourrait devenir périlleux.

Le dirigeant russe a critiqué les discussions de l’UE sur la saisie des avoirs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine, qualifiant cette confiscation de « vol » qui minerait la confiance dans le bloc monétaire.

Avec l’UE décidant plutôt de prêter à l’Ukraine 105 milliards de dollars sur deux ans par emprunt européen plutôt que par saisie d’actifs, Poutine a saisi l’occasion pour semer le doute parmi les principaux détenteurs de réserves.

« Ce n’est pas seulement un coup porté à son image ; c’est une porte atteinte à la confiance dans la zone euro », a déclaré Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, avertissant qu’une fois les saisies d’actifs commencées, le précédent pourrait permettre des actions d’imitation sous divers prétextes.

Ces commentaires reflètent l’inquiétude plus large de Moscou face à l’intensification des sanctions occidentales.

L’UE a récemment accepté de supprimer progressivement toutes les importations russes de combustibles fossiles d’ici 2027 et d’étendre les restrictions sur les flottes fantômes.