Macron sous pression alors que la manifestation des agriculteurs dans le Mercosur interrompt la circulation à Paris

  • Les agriculteurs français utilisaient des tracteurs pour bloquer les grandes routes et entourer des monuments de Paris comme l’Arc de Triomphe.
  • Les manifestants craignent que l’accord commercial UE-Mercosur n’entraîne un afflux d’importations alimentaires à bas coût.
  • La protestation intensifie la pression politique sur le président Macron avant un vote clé de l’UE sur l’accord.

Les agriculteurs français, protestant contre un vaste accord commercial que l’Union européenne s’apprête à signer avec les pays sud-américains, ont utilisé des tracteurs jeudi pour bloquer les principales routes menant à Paris et entourer des monuments comme l’Arc de Triomphe.

Des manifestations à Paris ont été initiées par des agriculteurs du syndicat de droite Coordination Rurale.

Ils craignent que l’accord de libre-échange proposé avec le bloc Mercosur n’entraîne une inondation d’importations alimentaires à faible coût dans l’Union européenne, selon un rapport de Reuters.

Les revendications des manifestants portaient sur trois questions principales, notamment l’opposition aux coûts élevés et à la réglementation locale excessive, ainsi que la cessation de ce qu’ils considéraient comme une politique gouvernementale excessive de réduction des troupeaux de bétail en réponse à une maladie hautement contagieuse.

La pression politique monte

En passant devant les points de contrôle de la police, les agriculteurs sont entrés avec succès dans la ville avant l’aube, selon le rapport.

Ils empruntèrent l’avenue des Champs-Élysées, bloquant temporairement la route près de l’Arc de Triomphe, avant de converger devant l’Assemblée nationale.

Coordination Les manifestants rurales ont hué et bousculé la présidente de l’Assemblée nationale, Yael Braun-Pivet, alors qu’elle sortait des portes de l’assemblée pour leur parler.

Avant l’heure de pointe du matin, des dizaines de tracteurs bloquaient les autoroutes menant à la capitale, a rapporté le ministre des Transports.

Cette perturbation, notamment sur l’A13 depuis les banlieues ouest et la Normandie jusqu’à Paris, provoqua des embouteillages s’étendant sur 150 km.

Une manifestation calme à la tour Eiffel a ensuite été rejointe par des agriculteurs de la FNSEA et des syndicats de jeunes agriculteurs.

« Nous allons importer des produits du reste du monde qui ne répondent pas à nos standards – ce n’est pas possible, c’est inacceptable. Nous restons donc mobilisés, nous continuons », a commenté Arnaud Rousseau, président du syndicat agricole FNSEA, sur l’accord Mercosur, selon des rapports.

L’accord commercial fait l’objet d’un vote clé des États membres de l’UE demain, et cette dernière protestation intensifie la pression existante sur le président Emmanuel Macron et son administration.

Compte tenu de l’absence de majorité parlementaire, toute erreur de politique pourrait déclencher un dangereux vote de défiance contre le gouvernement Macron à l’assemblée.

Un vote concernant Mercosur est prévu pour vendredi

L’accord commercial représente un défi politique pour le gouvernement français, malgré le fait que Paris ait obtenu d’importantes concessions à la dernière minute.

La France a historiquement été un farouche opposant à l’accord. Avec les élections municipales prévues pour mars et l’extrême droite obtenant un soutien important avant les élections de 2027 pour succéder à Macron, l’accord est politiquement sensible.

Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, rapporté sur France Info radio :

La ministre française de l’Agriculture, Annie Genèvrard, a annoncé mercredi que la France persisterait à s’opposer à l’accord au Parlement européen, même si l’accord bénéficiait du soutien des États membres de l’UE.

L’entrée en vigueur de l’accord dépend de l’approbation du Parlement.

La Commission européenne a récemment pris des mesures pour apaiser les partisans hésitants du Mercosur, proposant d’accélérer l’allocation de 45 milliards d’euros de fonds européens pour les agriculteurs dans le cadre du prochain budget septennal du bloc.

De plus, la Commission a accepté de réduire les droits d’importation sur certains engrais.

La Commission est plus proche d’obtenir le soutien de l’Italie à l’accord commercial, déjà soutenu par des pays comme l’Allemagne et l’Espagne.

Si Rome approuve l’accord, l’UE aurait suffisamment de voix pour faire adopter l’accord commercial, même sans l’approbation de la France.

L’accord devrait être soumis au vote ce vendredi.