Bulletin européen : Les tensions en Iran secouent les marchés, l’énigme de l’emploi au Royaume-Uni, la révolte des agriculteurs

Bulletin européen : Les tensions en Iran secouent les marchés, l’énigme de l’emploi au Royaume-Uni, la révolte des agriculteurs
Devesh Kumar
12 janv. 2026, 18:56 PM
  • Les tensions avec l’Iran accentuent les risques énergétiques et la volatilité des marchés européens.
  • Le recrutement au Royaume-Uni s’affaiblit alors que la pression salariale reste obstinément forte.
  • Les agriculteurs français bloquent les ports en signe de protestation contre l’accord commercial du Mercosur.

L’Europe aborde la semaine face à une convergence de pressions géopolitiques, économiques et sociales.

Les marchés sont sur les nerfs alors que les tensions autour de l’Iran augmentent le risque de volatilité liée à l’énergie, tandis que le marché du travail britannique envoie des signaux contradictoires qui compliquent les attentes de la politique monétaire.

Sur le plan politique, les agriculteurs français intensifient les protestations contre l’accord commercial du Mercosur, et le rejet ferme de la pression américaine par le Groenland met en lumière des failles inconfortables au sein de l’OTAN.

Les marchés européens se préparent au risque iranien

Les actions européennes se préparent à la volatilité cette semaine alors que les tensions géopolitiques s’intensifient face à la répression violente de l’Iran contre les manifestants.

Alors que Trump envisage des frappes militaires et des sanctions économiques, les investisseurs réévaluent leur exposition aux secteurs sensibles au pétrole et aux participations liées au Moyen-Orient.

Le Stoxx 600, le FTSE, le DAX et le CAC suivent tous de près la situation en cours.

Un briefing complet sur les options de réponse de l’Iran est prévu mardi, ce qui pourrait provoquer de fortes fluctuations sur le marché.

Les actions de l’énergie font l’objet d’une attention particulière alors que les prix du pétrole réagissent aux risques d’escalade, tandis que le sentiment de dépoursuite du risque pourrait bénéficier à des actifs refuges comme les Bunds allemands et les francs suisses.

Le marché de l’emploi britannique envoie des signaux contradictoires

Le moteur d’embauche britannique a de nouveau ralenti en décembre, marquant le 39e mois consécutif de déclin et la plus forte baisse en quatre mois, selon l’enquête REC-KPMG auprès des recruteurs.

Cependant, les salaires de départ pour les postes permanents ont atteint leur rythme le plus rapide depuis mai, annonçant une concurrence féroce malgré un ralentissement plus large.

Ce développement est survenu alors que la hausse de la taxe sur les salaires de la chancelière Rachel Reeves oblige les employeurs à resserrer les embauches tout en augmentant les salaires pour retenir les travailleurs qualifiés.

Les signaux contradictoires causent un casse-tête au calcul de réduction des taux de la Banque d’Angleterre ; Un emploi plus faible suggère une marge de réduction, mais une croissance salariale persistante préconise avec la prudence.

Les entreprises se tournent vers du personnel temporaire pour gérer les coûts alors que l’incertitude mondiale persiste.

Les agriculteurs bloquent les ports à cause de l’accord du Mercosur

Les agriculteurs français intensifient la pression sur les marchandises importées, bloquant lundi le plus grand port à conteneurs du pays à Le Havre et l’autoroute A1 reliant Lille et Paris.

Le secteur agricole effectue des inspections symboliques sur les camions, rejetant les produits qu’ils affirment enfreindre les normes de l’UE avant la finalisation de l’accord commercial Mercosur le 17 janvier au Paraguay.

Malgré une résistance farouche de la France, de l’Irlande, de la Pologne, de la Hongrie et de l’Autriche, les États membres de l’UE ont approuvé l’accord vendredi dernier à la majorité qualifiée.

Les agriculteurs craignent que le bœuf et les produits sud-américains bon marché ne ne dégradent les prix européens et les normes de sécurité.

Le gouvernement a renforcé les contrôles à l’importation sur plus d’une douzaine de produits alimentaires pour apaiser les manifestants, mais les blocus annoncent que la lutte totale de l’agriculture ne prendra pas fin de sitôt.

Le Groenland teste l’unité de l’OTAN

Le gouvernement groenlandais a fermement rejeté toute prise de contrôle américaine lundi, réaffirmant son engagement envers la défense arctique dirigée par l’OTAN alors que l’affrontement géopolitique s’intensifie.

Trump a à plusieurs reprises insisté sur le fait que l’île devait passer sous contrôle américain pour empêcher l’occupation russe ou chinoise, allant même jusqu’à évoquer des options militaires.

Mais le gouvernement de coalition groenland a répliqué que « tous les États membres de l’OTAN, y compris les États-Unis, ont un intérêt commun » à défendre le territoire par l’intermédiaire de l’alliance.

Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a lancé un avertissement catégorique : une prise de contrôle militaire unilatérale américaine signifierait la « fin de l’OTAN ».

Le Danemark s’engage à investir 88 milliards de couronnes danoises (13,8 milliards de dollars) pour renforcer les défenses.

Cette impasse met en lumière de profondes fractures au sein de l’OTAN, alors que l’Europe s’efforce de soutenir le Danemark tout en gérant sa dépendance vis-à-vis des engagements sécuritaires américains, notamment en ce qui concerne l’Ukraine.