Les rendements obligataires japonais explosent alors que la baisse de la taxe alimentaire stimule les actions avant une élection anticipée

Les rendements obligataires japonais explosent alors que la baisse de la taxe alimentaire stimule les actions avant une élection anticipée
Diya Poddar
19 janv. 2026, 09:52 AM
  • Les actions alimentaires japonaises ont explosé dans l’espoir d’une baisse de la taxe alimentaire, tandis que les marchés plus larges accusaient un retard face à des spéculations électorales
  • Les rendements des obligations d’État ont atteint des sommets depuis plusieurs décennies, les investisseurs craignant des déficits plus larges dus à la perte de recettes fiscales.
  • Le yen est resté globalement stable, les inquiétudes budgétaires compensant l’optimisme des actions concernant un éventuel allègement fiscal.

Les marchés financiers japonais réagissent rapidement aux spéculations croissantes sur un important changement fiscal en vue d’une élection anticipée attendue. Alors que les rendements des obligations d’État grimpent en raison de préoccupations budgétaires, les investisseurs se précipitent dans les actions liées à l’alimentation.

La mesure anticipée visant à réduire, voire à supprimer la taxe de vente sur l’alimentation, a entraîné des gains dans les biens de consommation de base, rapporte Bloomberg, mais elle suscite l’alarme sur les marchés de la dette déjà méfiants quant au niveau des dépenses du pays.

Les stocks alimentaires augmentent grâce aux espoirs de baisses d’impôts

Les actions de l’industrie alimentaire japonaise ont bondi après que des rapports ont laissé entendre une possible exonération fiscale de deux ans sur l’alimentation et les boissons. Yamazaki Baking Co. a gagné jusqu’à 7,4 %, tandis que l’indice Topix Foods a grimpé de 2,2 % pour atteindre le sommet de la journée.

La performance globale du marché a été plus faible, mais le secteur alimentaire a surperformé, soutenu par les attentes selon lesquelles l’allègement fiscal soutiendrait directement les dépenses des consommateurs.

La réduction d’impôt devrait commencer dès janvier, selon le média japonais Kyodo.

Le secrétaire général du Cabinet, Minoru Kihara, a confirmé que le Parti libéral-démocrate au pouvoir évalue le plan.

La proposition s’aligne sur les stratégies de campagne alors que les partis au pouvoir et l’opposition se préparent à un vote national, possiblement le 8 février.

Le marché obligataire réagit aux préoccupations fiscales

Alors que les actions de certains secteurs ont rebondi, les obligations d’État ont fortement diminué.

Les rendements à 10 et 20 ans ont augmenté d’environ 10 points de base, atteignant des niveaux vus pour la dernière fois en 1999. Par ailleurs, les rendements à 30 et 40 ans ont augmenté d’environ 15 points de base, les poussant à des sommets records depuis leurs émissions respectives.

Ce changement met en lumière des doutes croissants quant à la discipline budgétaire du Japon.

Les acteurs du marché craignent que toute réduction de la taxe à la consommation ne creuse le déficit budgétaire.

Le gouvernement fait déjà face à un lourd fardeau de la dette, et toute perte de recettes fiscales pourrait entraîner une augmentation de l’émission d’obligations.

Un déficit annuel de 5 000 milliards de yens, soit 31,7 milliards de dollars, est prévu si la coupe a lieu.

L’opposition présente des solutions alternatives de financement

La Centrist Reform Alliance, un groupe d’opposition nouvellement formé, a proposé de financer la réduction d’impôts via un fonds géré par le gouvernement.

Cette initiative vise à rendre la réduction de la taxe alimentaire plus acceptable pour les investisseurs en proposant une alternative aux dépenses directes.

Cependant, les détails du plan restent limités et la réponse du marché a été prudente.

Avec les deux grands blocs politiques soutenant la réduction des taxes sur les biens essentiels, l’attention s’est portée sur la manière dont cette mesure sera financée.

Les investisseurs se préparent à une pression accrue sur les prix des obligations si le gouvernement ne parvient pas à définir des garanties fiscales crédibles.

La monnaie reste stable malgré des signaux contradictoires

Le yen japonais a connu de légères gains après que le dollar américain s’est affaibli en réponse aux tensions géopolitiques mondiales.

Les menaces de tarifs douaniers du président Trump contre l’Europe, liées à des négociations sans rapport, ont brièvement affecté les marchés des changes.

Cependant, la réponse globale du yen aux évolutions de la politique intérieure japonaise reste modérée.

Les experts suggèrent que les préoccupations persistantes concernant le déficit de la dette et des recettes fiscales du Japon maintiennent la monnaie sous contrôle.