Le Dow chute de 1,7 %, le Nasdaq recule de 2 % alors que le conflit États‑Unis–Iran s'intensifie

Le Dow chute de 1,7 %, le Nasdaq recule de 2 % alors que le conflit États‑Unis–Iran s'intensifie
Utkarsh Roshan
03 mars 2026, 15:55 PM

Les actions américaines ont fortement chuté mardi, annulant le net rebond de la séance précédente, alors que les cours du pétrole ont bondi et que les investisseurs craignaient de plus en plus que le conflit entre les États‑Unis et l'Iran ne dure plus longtemps qu'initialement prévu.

Le Dow Jones Industrial Average a perdu 844 points, soit 1,7 %.

Le S&P 500 a reculé de 1,7 %, tandis que le Nasdaq Composite a chuté de 2 %, reflétant des ventes généralisées dans tous les secteurs.

Cette nouvelle faiblesse du marché a suivi une flambée des cours du brut.

Le Brent, référence internationale, a dépassé 84 $ le baril, en hausse de 8 % mardi après un gain de 6 % lundi.

Le West Texas Intermediate a bondi de 8 % pour dépasser 77 $ le baril, prolongeant également une avance de 6 % enregistrée lors de la séance précédente.

La menace sur le détroit d'Hormuz ravive les craintes d'approvisionnement

Selon des reportages, un commandant des Gardiens de la Révolution iraniens a déclaré que le détroit d'Hormuz — largement considéré comme la voie de transit la plus critique pour le pétrole brut — a été fermé, et a averti que l'Iran mettrait le feu aux navires tentant de le traverser.

Cette déclaration a renforcé les craintes de perturbations prolongées de l'approvisionnement sur les marchés énergétiques mondiaux.

D'autres développements ont signalé un approfondissement du conflit alors qu'il entrait dans son quatrième jour.

L'ambassade des États‑Unis à Riyad aurait été touchée par des drones alors que l'Iran intensifiait ses attaques.

Le département d'État américain a ordonné l'évacuation du personnel du Bahreïn, de l'Irak et de la Jordanie.

Le Hezbollah soutenu par Téhéran a lancé des missiles et des drones sur Tel‑Aviv, et les inquiétudes se sont accrues quant à la durée pendant laquelle les États du Golfe, comme les Émirats arabes unis, pourront supporter des bombardements continus de missiles et de drones.

Le président Donald Trump a averti que le conflit pourrait durer plus de quatre semaines.

Les craintes d'inflation reviennent

La flambée des prix de l'énergie a également fait remonter les rendements du Trésor, les investisseurs craignant que la hausse des coûts pétroliers ne ravive les pressions inflationnistes.

Cette dynamique survient au moment où les acteurs du marché se positionnaient en vue de nouvelles baisses de taux de la Réserve fédérale pour soutenir l'économie.

La séance de lundi avait suivi un scénario plus optimiste.

Les actions ont signé un important retour intrajournalier, le S&P 500 et le Nasdaq effaçant de lourdes pertes matinales pour terminer légèrement en hausse.

Les investisseurs s'étaient appuyés sur un historique constatant que les flambées géopolitiques sont souvent de courte durée et ont un impact économique limité à long terme.

Cependant, le bond nocturne du pétrole et l'élargissement du conflit ont fragilisé ce récit.

Gains du secteur énergétique, repli des valeurs technologiques

Les actions du secteur énergétique ont été parmi les rares points positifs mardi, soutenues par la hausse des cours du brut. La plupart des autres secteurs ont terminé en baisse.

Les valeurs technologiques, qui avaient mené le rebond de lundi, ont de nouveau été sous pression.

Nvidia et Broadcom ont chacune reculé d'environ 2 %. Les valeurs américaines de la mémoire ont également baissé, suivant de fortes pertes des fabricants sud‑coréens de puces mémoire.

La majorité des titres du S&P 500 ont évolué en territoire négatif.

Les actions de Blackstone ont chuté de 7 % après que le Financial Times a rapporté que l'un de ses fonds de crédit privé a enregistré 1,7 milliard de dollars de sorties nettes au cours du premier trimestre.

Le rapport a renforcé l'inquiétude des investisseurs sur les valeurs financières dans un climat plus large de repli du risque.

L'indice de volatilité CBOE a bondi à son plus haut niveau depuis novembre, traduisant une demande accrue de protection contre la baisse.

Avec la hausse des prix du pétrole et du gaz et l'accroissement des risques géopolitiques, les investisseurs réévaluent l'hypothèse selon laquelle le conflit resterait circonscrit.

Pour l'heure, les marchés de l'énergie demeurent le baromètre clé, et la volatilité des actions devrait persister tant que l'incertitude sur les routes d'approvisionnement et la stabilité régionale perdurera.