Fed : responsable accommodant devient prudent, le choc énergétique renforce l'inflation

Fed : responsable accommodant devient prudent, le choc énergétique renforce l'inflation
Invezz Team
16 avr. 2026, 19:17 PM

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Bon du Trésor US à 2 ans

Acheter : se positionner long sur les Treasuries US à 2 ans (p. ex. UST 2Y futures). Argumentaire : même la voix la plus accommodante de la Fed reporte les baisses (6→4 d'ici fin‑2026) tout en annonçant toujours une baisse en avril, ce qui implique un rythme d'assouplissement plus lent et un soutien à court terme à la croissance et au marché du travail limitant les rendements réels. Le risque d'inflation lié à l'énergie augmente la probabilité de « baisses plus tard, pas jamais », ce qui tend à limiter l'aplatissement de la partie courte de la courbe comparé à la longue. Risque clé : le choc pétrolier persiste et l'inflation repart à la hausse, contraignant la Fed à retarder avril et à maintenir un taux directeur plus élevé plus longtemps, écrasant la duration 2 ans.

Risque clé : L'inflation entraînée par le pétrole repart à la hausse et la Fed retarde/suspend les baisses, faisant monter les rendements 2 ans.

Breakevens US (5Y5Y)

Vendre : se positionner à découvert sur les breakevens d'inflation 5Y5Y (p. ex. via des swaps de breakeven ou l'écart TIPS vs nominal). Argumentaire : la Fed s'attend toujours à ce que l'inflation soit globalement proche de l'objectif d'ici ~1 an ; les dynamiques « moins favorables » évoquées par Miran relèvent d'un problème de calendrier, pas d'un changement de régime permanent. Le risque énergétique est explicitement présenté comme dépendant de la durée ; si les marchés surévaluent un choc d'offre prolongé, les breakevens reviennent vers leur moyenne lorsque la Fed ancre les anticipations. Risque clé : la durée de la guerre s'allonge et s'étend, se traduisant par une inflation sous‑jacente persistante qui maintient les breakevens à un niveau élevé.

Risque clé : Le choc d'offre induit par la guerre s'étend en une inflation sous‑jacente persistante, maintenant les breakevens élevés.

  • Miran (Fed) réduit ses anticipations de baisses de taux alors que l'inflation reste tenace.
  • La guerre en Iran augmente les risques d'une inflation plus élevée tirée par l'énergie.
  • Les responsables de la Fed avertissent que des chocs d'offre alimentent déjà les prix.

Un haut responsable de la Réserve fédérale américaine a indiqué une position plus prudente concernant les baisses de taux, alors que l'inflation demeure persistante et que les tensions géopolitiques ajoutent de l'incertitude à la perspective économique.

Stephen Miran, largement considéré comme l'un des décideurs les plus accommodants de la banque centrale, a déclaré jeudi qu'il pourrait réduire ses attentes quant à la vitesse à laquelle les taux devraient baisser.

Intervenant lors d'un forum économique à Washington, Miran a expliqué que la dynamique de l'inflation était devenue « un peu moins favorable » déjà avant que la guerre impliquant l'Iran ne fasse monter les prix mondiaux du pétrole.

Il a souligné qu'il avait déjà réduit sa projection de baisses de taux d'ici fin 2026 de six à quatre lors de la réunion de politique monétaire du mois dernier.

« Je pourrais avoir trois (baisses), je pourrais en avoir quatre, je n'ai pas pris de décision », a déclaré Miran, en évoquant ses perspectives actuelles.

La persistance de l'inflation complique la trajectoire de la politique

La révision de la position de Miran reflète une inquiétude croissante au sein de la Federal Reserve quant à la persistance de l'inflation.

Une mesure clé de la hausse des prix aux États-Unis devrait atteindre 3,2 % en mars, restant nettement au‑dessus de l'objectif de 2 % de la Fed.

Malgré cela, Miran a dit s'attendre à ce que l'inflation se rapproche de l'objectif au cours de l'année à venir.

« Je pense qu'au net nous serons assez proches de l'objectif d'ici un an », a‑t‑il affirmé.

Il a ajouté qu'il soutiendrait toujours une baisse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed des 28–29 avril, invoquant des préoccupations concernant un ralentissement du marché du travail.

Dans le même temps, Miran a reconnu que les récents événements sur les marchés de l'énergie avaient modifié la répartition des risques.

« Les développements dans le secteur de l'énergie ont changé la répartition des risques... et ils ont accru les risques d'une inflation plus élevée », a‑t‑il déclaré.

La guerre ajoute de l'incertitude aux perspectives de la Fed

Ces commentaires soulignent la façon dont le conflit au Moyen‑Orient a compliqué un contexte de politique monétaire déjà incertain.

Les positions de Miran ont souvent été alignées sur les appels du président américain Donald Trump en faveur de baisses de taux agressives.

Cependant, ses dernières remarques suggèrent que même les voix les plus accommodantes au sein de la Fed réexaminent leurs positions.

Trump a exprimé sa confiance que son candidat à la présidence de la Fed, Kevin Warsh, poursuivrait une politique de taux plus bas.

Toutefois, le soutien parmi les décideurs pour des baisses immédiates et significatives reste limité.

Les attentes du marché reflètent également une perspective plus mesurée.

Les investisseurs intègrent la possibilité que le taux directeur de la Fed — actuellement dans une fourchette de 3,50 %–3,75 % — puisse rester inchangé jusqu'à la mi‑2027.

La hausse des coûts énergétiques alimente les pressions inflationnistes

Séparément, John Williams, président de la Federal Reserve Bank of New York, a déclaré que la guerre contribue déjà à une inflation plus élevée via la hausse des prix de l'énergie.

« Les développements au Moyen‑Orient entraînent des hausses significatives des prix de l'énergie, qui font déjà remonter l'inflation globale », a déclaré Williams lors du Symposium des membres 2026 de la Federal Home Loan Bank of New York.

Il a noté que la trajectoire de l'inflation dépendra de la durée du conflit.

Une résolution rapide pourrait atténuer les pressions, mais une guerre prolongée pourrait déclencher un choc d'offre plus large.