SAP perd 3 % : l'explosion des CAPEX IA d'Oracle pèse sur les éditeurs

SAP perd 3 % : l'explosion des CAPEX IA d'Oracle pèse sur les éditeurs
Devesh Kumar
11 juin 2026, 12:40 PM

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Acheter Oracle (NYSE: ORCL)

Oracle dépense de manière agressive, mais l'article montre que la demande est réelle : revenus cloud +47 %, revenus OCI +93 % et obligations de performance restantes +$638B. Le marché accorde trop de poids à la douleur de trésorerie à court terme et au « repli des marges » tout en ignorant que le déploiement d'infrastructure IA est directement lié à une demande contractée. Acheter ORCL pour la combinaison d'un momentum de croissance et d'un effet de levier opérationnel éventuel une fois que la montée en charge des CAPEX se stabilisera.

Risque clé : Les dépenses d'infrastructure IA ne se traduisent pas par une croissance durable des revenus/marges (le remboursement par les clients/la croissance du carnet déçoit ou les marges continuent de se dégrader plus longtemps que prévu).

Vendre SAP (NYSE: SAP)

Le choc des CAPEX IA à 95 milliards de dollars d'Oracle est interprété comme un vent contraire sectoriel sur les marges, et SAP constitue le proxy liquide le plus clair de la « pression de financement des logiciels d'entreprise ». La chute de SAP malgré l'absence d'erreur spécifique à la société indique que les investisseurs reprixent la durabilité des flux de trésorerie du groupe dans son ensemble. Vendre SAP sur faiblesse ; s'attendre à une compression multiple supplémentaire si le marché commence à supposer des dépenses concurrentielles plus élevées à travers les piles ERP/cloud.

Risque clé : SAP prouve qu'elle peut défendre ses marges et son cash‑flow sans avoir à égaler l'intensité des CAPEX d'Oracle (preuves claires d'orientations stables et d'une amélioration du flux de trésorerie disponible).

  • Les actions SAP ont reculé après que le plan de dépenses IA d'Oracle a secoué les valeurs logicielles.
  • Les dépenses d'investissement d'Oracle pourraient atteindre 95 milliards de dollars pour l'exercice 2027.
  • Les investisseurs craignent que le coût des infrastructures IA ne pèse sur les marges des éditeurs de logiciels.

L'action SAP (NYSE: SAP) a reculé lors des échanges avant l'ouverture jeudi, les investisseurs réagissant à un choc de dépenses de la part du rival Oracle, et non à une nouvelle mauvaise actualité propre à SAP.

Les actions Oracle ont chuté d'environ 9 % après la conférence sur les résultats, tandis que SAP reculait de plus de 3 % lors des premiers échanges américains.

Le déclencheur a été les résultats d'Oracle, où la société a indiqué que les dépenses d'investissement pourraient atteindre jusqu'à 95 milliards USD (env. 82,9 milliards €) pour l'exercice 2027, bien au‑dessus des 67,7 milliards USD (env. 59,1 milliards €) attendus par les analystes.

Pour les investisseurs en logiciels, le solide trimestre cloud d'Oracle a été éclipsé par une crainte plus large : le coût croissant pour rester compétitif dans la course à l'IA.

Pourquoi le pari de 95 milliards de dollars d'Oracle a-t-il effrayé les marchés ?

Oracle n'a pas déclaré une demande faible. Au contraire, elle a déclaré le contraire.

Les revenus cloud du quatrième trimestre de la société ont augmenté de 47 % pour atteindre un niveau record de 9,9 milliards USD (env. 8,6 milliards €), soutenus par une demande en forte hausse pour la puissance de calcul destinée à l'IA.

Les revenus d'Oracle Cloud Infrastructure ont bondi de 93 %, et les obligations de performance restantes, une mesure des revenus contractés futurs, ont grimpé à 638 milliards USD (env. 556,5 milliards €).

Mais les investisseurs se sont focalisés sur le coût de ces chiffres impressionnants.

Les dépenses d'investissement d'Oracle ont augmenté de 162 % au cours de l'exercice 2026 pour atteindre 55,7 milliards USD (env. 48,6 milliards €), au‑dessus de son objectif de 50 milliards USD (env. 43,6 milliards €).

Pour l'exercice 2027, la société anticipe désormais des CAPEX pouvant aller jusqu'à 95 milliards USD (env. 82,9 milliards €).

La directrice financière Hilary Maxson a indiqué qu'environ 70 milliards USD (env. 61,1 milliards €) relèveraient des dépenses propres d'Oracle, et que 20 milliards USD (env. 17,4 milliards €) à 25 milliards USD (env. 21,8 milliards €) devraient être remboursés par les clients.

La situation de trésorerie a renforcé l'inquiétude : Oracle a généré un flux de trésorerie disponible négatif de 23,7 milliards USD (env. 20,7 milliards €) durant l'exercice 2026, alors qu'elle injectait des fonds dans les centres de données et l'infrastructure IA.

Maxson a également averti lors de la conférence que les marges brutes allaient « se replier » cette année fiscale à mesure que le déploiement des centres de données s'accélérerait.

Le directeur général d'Oracle, Clay Magouyrk, a tenté de présenter ces dépenses comme un signe de vigueur.

Il a indiqué que la livraison du premier trimestre fiscal 2027 approchait un gigawatt de capacité, soit presque l'équivalent de ce qu'Oracle a livré lors des quatre trimestres précédents réunis.

À lire aussi : Pourquoi les résultats d'Oracle sont significatifs pour les actions Intel et AMD

L'effet d'entraînement

La faiblesse de SAP semble moins liée à des nouvelles spécifiques à l'entreprise qu'à une lecture sectorielle des orientations d'Oracle.

Les deux sociétés se chevauchent dans les logiciels d'entreprise, les services cloud, les bases de données, l'ERP et les applications métier dotées d'IA.

Le plan d'Oracle visant à dépenser jusqu'à 95 milliards de dollars dans l'infrastructure IA soulève donc une question plus vaste pour le secteur : les concurrents devront‑ils eux aussi engager des investissements plus élevés pour défendre leur croissance et leurs parts de marché ?

C'est pourquoi SAP a été entraîné dans le mouvement.

La société n'a pas annoncé de plan de CAPEX comparable ni publié de nouvelle mise en garde sur les bénéfices, mais les investisseurs intègrent la possibilité que la pression concurrentielle liée aux dépenses en infrastructure IA pèse éventuellement sur les marges dans les logiciels d'entreprise.

La crainte est simple : si la poussée d'Oracle sur l'infrastructure IA fonctionne, d'autres éditeurs de logiciels d'entreprise pourraient devoir dépenser plus agressivement pour rester dans la course.

Si cela ne fonctionne pas, l'ensemble du secteur pourrait être confronté au scepticisme des investisseurs quant à la capacité des dépenses IA à générer des rendements suffisants.

Jacob Bourne, analyste chez eMarketer, a résumé cette tension dans des commentaires rapportés par Reuters.

« La demande est réelle, avec des revenus d'infrastructure cloud et un carnet de commandes en forte croissance. Mais la question du financement se complique plutôt que de s'améliorer, les CAPEX étant bien supérieurs aux estimations et le flux de trésorerie disponible restant négatif », a‑t‑il déclaré.

Il existe aussi une seconde préoccupation qui plane sur le secteur des logiciels. Les outils d'IA sont de plus en plus capables d'automatiser des tâches que les produits logiciels d'entreprise traditionnels étaient conçus pour gérer.

Cela ne signifie pas que le modèle économique de SAP est rompu, mais les investisseurs deviennent plus sensibles à tout signe que l'IA pourrait modifier l'économie des logiciels d'entreprise.