Le pétrole franchit de nouveau 90 $ — la plus grande menace est sous nos yeux
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Le pétrole repasse au‑dessus de 90 $ alors que les stocks sont à des niveaux pluriannuels bas et que la capacité des raffineries est proche du maximum ; ainsi, toute friction dans le transport maritime se traduit rapidement par un resserrement réel de l'offre. USO offre un effet de levier direct si le Brent reste élevé ou bondit en cas de perturbation prolongée.
Risque clé : Une rétablissement rapide des flux de pétroliers et une reconstitution des stocks qui éliminent la prime de risque et ramènent le Brent vers les attentes de 70 $.
Même si le brut augmente, les coûts liés au transport et aux assurances peuvent peser sur les marges et le calendrier des bénéfices du secteur, tandis que les investisseurs pourraient déjà anticiper une trajectoire « plus élevée plus longtemps ». XLE, en tant que panier large, peut sous‑performer lors de perturbations de la chaîne d'approvisionnement car les coûts augmentent avant que les profits ne suivent.
Risque clé : Un rattrapage des bénéfices et des orientations solides de la part des majors/grands producteurs qui confirment que des prix plus élevés se répercutent sur les profits, tirant à la hausse l'ensemble du secteur.
- Le Brent est resté au‑dessus de 90 $ alors que la reprise des attaques entre États‑Unis et Iran a ravivé les craintes sur l'approvisionnement.
- Les menaces en mer Rouge et la faiblesse des stocks laissent moins de marge de manœuvre au marché pétrolier.
- JPMorgan estime qu'une perturbation prolongée pourrait pousser le Brent vers 114 $.
Les prix du pétrole sont repassés au‑dessus de 90 $ le baril jeudi, alors que la reprise des attaques entre les États-Unis et l'Iran ravive les craintes concernant les approvisionnements transitant par le réseau maritime fragile du Moyen‑Orient.
Le Brent a gagné 1,2 % pour atteindre 91,80 $ à 0812 GMT on July 30 après avoir clôturé près de 8 % plus haut mercredi.
Le West Texas Intermediate a progressé à 84,85 $ après des frappes américaines sur des cibles militaires iraniennes, suite au tir de missiles de Téhéran contre des forces américaines.
Les pétroliers n'ont pas cessé de circuler. Un méthanier lié au Qatar est parti d'Hormuz avec l'autorisation iranienne.
Pourtant, les garde‑fous du marché s'affaiblissent à mesure que les risques en mer Rouge augmentent et que les stocks diminuent.
La voie d'évitement du marché devient une nouvelle zone dangereuse
L'Arabie saoudite a réorienté une grande partie de son brut via des oléoducs vers la côte de la mer Rouge, réduisant sa dépendance au détroit d'Hormuz.
Ces cargaisons doivent alors passer par Bab el‑Mandeb, transiter par le système du canal de Suez ou emprunter la route plus longue autour de l'Afrique.
Cette solution de repli est sous pression. Les Houthis du Yémen ont attaqué des pétroliers et des infrastructures énergétiques saoudiennes, déclaré un blocus contre le royaume et envisagé de facturer les navires commerciaux empruntant le sud de la mer Rouge.
Le trafic a diminué alors que les opérateurs réévaluent la sécurité et les assurances.
« C'est de plus en plus difficile », a déclaré à Vox Robin Mills, directeur général de Qamar Energy. Mills a estimé que l'Arabie saoudite pourrait probablement faire passer les volumes requis par la route de Suez, mais que la capacité était limitée et qu'une campagne houthis élargie poserait un problème plus important.
Noam Raydan, spécialiste maritime à la Washington Institute, a lancé un avertissement plus net à Vox : « Nous savons qu'ils peuvent couler des navires. »
Les opérateurs se souviennent des précédentes attaques par drones, missiles, abordages et détournements, ce qui rend possibles des détours volontaires sans qu'il y ait de fermeture formelle.
C'est la menace cachée. Bab el‑Mandeb n'a pas besoin d'être complètement fermé pour réduire la capacité d'exportation effective.
Des primes d'assurance plus élevées, des équipages hésitants et des voyages plus longs peuvent supprimer la flexibilité qui a contenu les cours du pétrole.
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La baisse des stocks laisse peu de marge d'erreur
Les stocks commerciaux de brut américains ont diminué de 7,2 millions de barils pour atteindre 404,5 millions au cours de la semaine close July 24, leur niveau le plus bas depuis 2018 et environ 7 % en dessous de la moyenne saisonnière sur cinq ans.
Les raffineries ont fonctionné à 97,2 % de leur capacité, laissant peu de marge pour augmenter le traitement si une nouvelle perturbation provoquait des pénuries.
Les stocks d'essence étaient d'environ 6 % inférieurs à la normale, tandis que la Strategic Petroleum Reserve a encore diminué.
Rory Johnston, fondateur de Commodity Context, a déclaré au Financial Times que les stocks de brut et d'essence étaient à des niveaux « dangereusement bas ».
La baisse des stocks supprime le coussin disponible lorsque des cargaisons arrivent en retard ou que des raffineries peinent à se procurer des lots adaptés.
Le prochain choc pourrait donc se manifester par des tensions sur l'essence, le diesel ou le kérosène plutôt que sur le brut seul.
La durée pourrait compter plus que la prochaine frappe
Le prochain mouvement dépendra largement de la durée des perturbations.
Les analystes de JPMorgan estiment que chaque mois supplémentaire d'approvisionnement perdu pourrait ajouter environ 7 à 8 $ le baril au Brent, portant potentiellement sa moyenne mensuelle à environ 114 $ après trois mois.
Une interruption brève pourrait maintenir le Brent autour des bas‑milieu des 90 $. Des restrictions prolongées, des dommages aux infrastructures du Golfe ou une campagne houthis plus vaste pourraient pousser les prix nettement plus haut.
Inversement, une diplomatie réussie et une amélioration des flux de pétroliers pourraient faire disparaître la prime de risque récemment apparue.
The US Energy Information Administration s'attend à ce que la production et le commerce au Moyen‑Orient se rétablissent progressivement, que les stocks commencent à se reconstituer au quatrième trimestre et que le Brent affiche alors une moyenne de 70 $.
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