Les entreprises britanniques en mode « contrôle des dégâts » alors qu'une hausse d'impôts de 40 milliards de livres sterling suscite des craintes d'investissement

Les entreprises britanniques en mode « contrôle des dégâts » alors qu'une hausse d'impôts de 40 milliards de livres sterling suscite des craintes d'investissement
Diya Poddar
26 nov. 2024, 09:10 AM
  • Les mesures comprennent des cotisations d’assurance nationale plus élevées pour les employeurs et un salaire minimum plus élevé.
  • La moitié des entreprises interrogées prévoient des réductions d’effectifs ; 65 % pourraient cesser d’embaucher.
  • La CBI prévoit de publier un « Plan directeur pour la compétitivité » afin de renforcer l'attrait commercial du Royaume-Uni.

L'annonce récente du budget du gouvernement britannique a fait des vagues dans le monde des affaires, la chancelière Rachel Reeves ayant révélé une augmentation d'impôts de 40 milliards de livres sterling visant à stabiliser les finances publiques.

Les principales mesures comprennent des augmentations significatives des cotisations d’assurance nationale des employeurs et du salaire minimum, laissant les entreprises aux prises avec la question de savoir comment absorber ces coûts.

Cela survient à un moment critique où l’économie britannique est déjà confrontée à une croissance stagnante et à une concurrence mondiale féroce.

De nombreux chefs d’entreprise préviennent que les nouvelles politiques risquent de compromettre l’investissement et la création d’emplois, suscitant des inquiétudes quant aux implications économiques plus larges.

Les chefs d'entreprise craignent que les hausses d'impôts freinent la croissance britannique

La Confédération de l'industrie britannique (CBI), le principal groupe de pression des entreprises du Royaume-Uni, a exprimé de vives inquiétudes concernant les augmentations d'impôts.

Le PDG Rain Newton-Smith a déclaré que les mesures ont forcé les entreprises à passer en mode « contrôle des dégâts », entravant leur capacité à planifier leur croissance.

Dans une enquête menée par le CBI, près de la moitié des 266 entreprises interrogées ont révélé leur intention de supprimer des emplois, tandis que 65 % ont indiqué un gel des embauches.

Le sentiment des dirigeants reflète un malaise croissant, nombre d’entre eux envisageant de délocaliser leurs activités vers des pays dotés de régimes fiscaux plus favorables aux entreprises.

Les détaillants mettent en garde contre les risques inflationnistes liés à la hausse des salaires

L’augmentation du salaire minimum prévue dans le budget a ajouté une couche de pression supplémentaire pour les entreprises britanniques, en particulier les détaillants.

Le PDG de Sainsbury, Simon Roberts, a averti que la hausse des coûts pour les employeurs pourrait inverser les progrès récents dans la stabilisation de l'inflation.

Ce sentiment se reflète dans l’ensemble du secteur de la vente au détail, où la hausse des coûts opérationnels devrait comprimer des marges déjà minces.

Dans le même temps, Salman Amin, PDG de Pladis, la société mère de McVitie, a souligné les inquiétudes concernant la diminution des arguments en faveur des investissements au Royaume-Uni.

Lors de la conférence de la CBI, il a décrit la Grande-Bretagne comme le « plus grand investissement du groupe à l'échelle mondiale », mais a noté que le nouvel environnement fiscal rend de plus en plus difficile la justification d'une allocation supplémentaire de capitaux.

Critique académique des politiques fiscales uniformes

Les économistes ont critiqué l’approche du gouvernement consistant à appliquer des taxes générales aux employeurs.

Beaucoup estiment que cibler les profits excédentaires au moyen de taxes sectorielles constituerait une solution plus juste et moins perturbatrice.

En taxant tous les employeurs de la même manière, indépendamment de leur taille ou de leur secteur, le gouvernement risque d’entraver la compétitivité, l’investissement et la croissance dans leur ensemble.

Cette approche unique pourrait avoir des effets durables sur le dynamisme économique du Royaume-Uni, à un moment où les perspectives de croissance du pays sont déjà scrutées.

Malgré les réactions négatives, le chancelier Reeves maintient que ces mesures sont essentielles pour financer les services publics et corriger la mauvaise gestion économique du passé.

Elle soutient que les revenus supplémentaires aideront à reconstruire la santé fiscale du Royaume-Uni tout en répondant aux besoins critiques en matière de santé, d’éducation et d’infrastructures.

Les critiques affirment que ces mesures non seulement réduiront la rentabilité des entreprises, mais pourraient également aggraver le chômage et freiner l’investissement, entravant ainsi la capacité de l’économie à se redresser et à prospérer.

Le plan directeur du CBI pour améliorer le climat des affaires au Royaume-Uni

En réponse aux défis posés par le budget, la CBI a annoncé son intention de publier un « Plan directeur pour la compétitivité ».

L’initiative vise à fournir des recommandations concrètes pour favoriser un environnement commercial plus favorable.

Il s’agit notamment d’augmenter les dépenses d’investissement, de simplifier le code des impôts et de donner la priorité aux politiques qui attirent les investissements et les talents au Royaume-Uni.

Newton-Smith a exprimé un optimisme prudent quant à l'augmentation des dépenses d'investissement du gouvernement, mais a souligné la nécessité d'une approche budgétaire plus équilibrée pour éviter des dommages à long terme aux perspectives économiques du Royaume-Uni.