Le PIB par habitant du Royaume-Uni sera plus proche de celui du Guyana que de celui des États-Unis d'ici 2039, avertissent les économistes de CEBR

Le PIB par habitant du Royaume-Uni sera plus proche de celui du Guyana que de celui des États-Unis d'ici 2039, avertissent les économistes de CEBR
Harsh Vardhan
26 déc. 2024, 11:58 AM
  • Le Royaume-Uni devrait rester au 22e rang mondial en termes de PIB par habitant jusqu'en 2029.
  • La croissance par habitant sera parmi les plus faibles du G7 au cours des cinq prochaines années.
  • L’écart entre les niveaux de vie du Royaume-Uni et des États-Unis devrait s’élargir considérablement d’ici 2039.

Selon une nouvelle étude du Centre for Economics and Business Research (CEBR), la trajectoire économique de la Grande-Bretagne montre des signes de stagnation et prévoit que le niveau de vie du Royaume-Uni s'écartera de plus en plus des niveaux américains au cours des 15 prochaines années.

L’analyse révèle que si le PIB par habitant britannique devrait atteindre 86 141 $ (68 800 £) d’ici 2039, ce chiffre sera plus proche des 78 695 $ prévus pour le Guyana que des 148 411 $ des États-Unis, ce qui soulève des questions sur la compétitivité économique à long terme de la Grande-Bretagne.

La croissance du PIB par habitant au Royaume-Uni est parmi les plus faibles

À plus court terme, le Royaume-Uni devrait conserver sa 22e position mondiale en termes de PIB par habitant jusqu’en 2029, ne gagnant qu’une place d’ici 2039.

Le CEBR prévoit que la Grande-Bretagne connaîtra l’un des taux de croissance du PIB par habitant les plus faibles du G7 au cours des cinq prochaines années.

L'économiste de CEBR Pushpin Singh avertit que ces projections indiquent que la Grande-Bretagne risque de « tomber à la traîne dans la course économique mondiale ».

Singh note que la performance économique du Royaume-Uni ressemble de plus en plus à celle de la France plutôt qu'à celle des États-Unis, en particulier en matière de productivité et de dépenses publiques.

Qu’est-ce qui explique la sous-performance du Royaume-Uni ?

L’étude met en évidence plusieurs facteurs clés à l’origine des performances médiocres prévues pour le Royaume-Uni, notamment la croissance de la productivité insuffisante, en particulier au sein de la fonction publique, et l’augmentation de la dette publique par rapport au PIB.

Les résultats soulèvent également des défis potentiels pour les promesses du dirigeant travailliste, Sir Keir Starmer, d'améliorer le niveau de vie.

Un contraste frappant apparaît entre le Royaume-Uni et les États-Unis en termes de performance de productivité post-pandémie.

Alors que la productivité américaine a été « hors des charts » depuis le COVID-19 selon Singh, la Grande-Bretagne continue de lutter contre la croissance de la productivité dans de nombreux secteurs.

Les données suggèrent une divergence croissante entre les modèles économiques anglo-américains, la trajectoire de la Grande-Bretagne s'alignant plus étroitement sur les approches européennes de l'État-providence malgré des liens historiquement plus étroits avec le capitalisme de style américain.

Ces projections soulèvent des questions importantes sur la future position économique de la Grande-Bretagne et sur les politiques nécessaires pour stimuler la productivité et le niveau de vie afin de maintenir la compétitivité avec les autres grandes économies.