Le PIB de l'Arabie saoudite devrait croître de 1,3 % en 2024, grâce aux secteurs non pétroliers

Le PIB de l'Arabie saoudite devrait croître de 1,3 % en 2024, grâce aux secteurs non pétroliers
Sayantan Sarkar
30 janv. 2025, 11:11 AM
  • Le PIB réel de l'Arabie saoudite a augmenté de 1,3 % en 2024, grâce à une expansion de 4,3 % du secteur non pétrolier.
  • Le secteur pétrolier s’est contracté de 4,5 % en raison des réductions de production de l’OPEP+.
  • Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance du PIB de l'Arabie saoudite pour 2025 à 3,3 % en raison des prolongations des réductions de production de pétrole.

Le produit intérieur brut réel de l'Arabie saoudite a augmenté de 1,3 % en 2024, selon les données préliminaires du gouvernement publiées jeudi.

Cette croissance marque un retour à l'expansion économique après l'année précédente et a été principalement impulsée par les activités du secteur non pétrolier, a rapporté Reuters.

Alors que le PIB a connu une croissance modérée, les secteurs non pétroliers ont progressé de manière substantielle, avec une augmentation de 4,3 %.

L'Autorité générale des statistiques a indiqué que le PIB a enregistré sa plus forte croissance trimestrielle en deux ans, en bondissant de 4,4 % au quatrième trimestre par rapport à la même période de l'année précédente.

Une activité non pétrolière robuste

L’activité non pétrolière a également enregistré une forte croissance, augmentant de 4,6 %, selon le rapport.

En 2024, les secteurs non pétroliers de l’économie ont affiché une croissance remarquable, dépassant de manière significative la croissance globale du PIB.

Cette performance robuste contrastait fortement avec celle du secteur pétrolier, qui a connu un déclin de 4,5 %.

Les activités gouvernementales ont également contribué à l’expansion économique globale, bien qu’à un rythme plus modeste de 2,6 %.

Ces chiffres soulignent le dynamisme et la résilience des secteurs non pétroliers, qui ont constitué un moteur de croissance crucial pour l’économie en 2024.

L’Arabie saoudite a pour objectif de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux revenus de l’exportation de pétrole dans les années à venir.

L’économie saoudienne, fortement dépendante des exportations de pétrole, a connu une contraction de 0,8 % en 2023.

Les réductions de production de pétrole ont des conséquences

Ce déclin est principalement attribué à une combinaison de facteurs, notamment les réductions de production mises en œuvre par le gouvernement saoudien et la baisse concomitante des prix mondiaux du pétrole.

En tant que plus grand exportateur de pétrole brut au monde, la performance économique de l'Arabie saoudite est étroitement liée à la dynamique du marché mondial du pétrole.

Les réductions de production, visant à stabiliser les prix du pétrole face à une demande mondiale fluctuante, ont eu pour conséquence involontaire de réduire les volumes d'exportation et, par conséquent, d'avoir un impact sur la croissance économique globale du pays.

La baisse des prix du pétrole a encore aggravé la situation, car elle s’est directement traduite par une réduction des revenus provenant des exportations de pétrole, qui constituent une part importante de l’économie saoudienne.

Les États membres de l'OPEP+, menés par l'Arabie saoudite, ont mis en œuvre des réductions prolongées de la production de pétrole. Ces réductions ont eu un impact substantiel sur l'économie du royaume, entravant notamment la croissance du PIB.

La réduction de la production de pétrole a entraîné une baisse des revenus du gouvernement saoudien, qui dépend fortement des exportations de pétrole. Cette baisse des revenus a eu un effet domino sur divers secteurs, notamment la construction, la fabrication et les services, entraînant une croissance économique plus lente.

De plus, les réductions de production de pétrole ont contribué à un déclin des investissements étrangers en Arabie saoudite, ce qui a encore plus affecté le développement économique.

Si ces réductions de production visent à stabiliser les prix du pétrole et à soutenir le marché mondial du pétrole, elles ont eu un coût important pour l’économie saoudienne.

Dans le même temps, les prix du pétrole ont également eu du mal à rester au-dessus de la barre des 80 dollars le baril au cours de l'année écoulée, malgré de fortes réductions de production par les principaux producteurs.

L’Arabie saoudite et d’autres pays du Moyen-Orient souhaitent que le prix du pétrole Brent dépasse la barre cruciale de 80 dollars le baril.

Le FMI abaisse ses prévisions de croissance du PIB

Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance du PIB de l'Arabie saoudite pour 2025 à 3,3 % en raison des prolongations des réductions de production de pétrole. Les prévisions pour 2026 ont également été revues à la baisse, selon Reuters.

La croissance de l'État du Golfe en 2024 devrait être de 1,4 %, dépassant l'estimation de 0,8 % du gouvernement saoudien.

Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, a déclaré lors du Forum économique mondial de Davos plus tôt ce mois-ci :

De plus, le royaume a des délais serrés pour mener à bien d’énormes projets d’infrastructure afin d’atteindre ses objectifs de transformation économique.

Ces objectifs visent à diversifier l’économie par rapport aux revenus des hydrocarbures, d’autant plus que le royaume accueillera d’importants événements sportifs mondiaux au cours de la prochaine décennie.

Le gouvernement a prévu un déficit budgétaire de 27 milliards de dollars pour 2025. Il prévoit que le déficit sera d'environ 3 % du PIB au cours des prochaines années en raison de l'augmentation des dépenses et des investissements dans les projets nationaux, a rapporté Reuters.