Le plan Bitcoin de 7,3 milliards de dollars de la Banque nationale tchèque : va-t-il stimuler l'adoption généralisée des crypto-monnaies en Europe ?

Le plan Bitcoin de 7,3 milliards de dollars de la Banque nationale tchèque : va-t-il stimuler l'adoption généralisée des crypto-monnaies en Europe ?
Diya Poddar
06 févr. 2025, 11:31 AM
  • La BCN envisage d'investir 5 % de ses réserves internationales de 140 milliards d'euros dans le Bitcoin.
  • La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'oppose à l'utilisation du Bitcoin comme actif de réserve, en raison de sa volatilité.
  • La BCE a constamment averti que les crypto-monnaies posaient des risques pour la stabilité financière.

La Banque nationale tchèque (CNB) envisage d'investir 5 % de ses réserves internationales de 140 milliards d'euros (environ 145 milliards de dollars) dans le Bitcoin, une décision qui pourrait redéfinir le rôle des actifs numériques dans les réserves des banques centrales.

La proposition, menée par le gouverneur de la CNB Aleš Michl, a suscité une réaction mitigée de la part des décideurs politiques et des experts financiers européens. Si elle est mise en œuvre, cela placerait environ 7 milliards d'euros en Bitcoin, marquant une étape importante dans l'adoption institutionnelle.

Cette évolution intervient alors que les banques centrales du monde entier continuent de débattre de la viabilité des crypto-monnaies en tant qu’actifs de réserve.

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s'est prononcée ouvertement contre, arguant que le Bitcoin ne répond pas aux critères nécessaires pour être inclus dans le portefeuille d'une banque centrale.

Pendant ce temps, les partisans des actifs numériques voient cela comme une opportunité pour la République tchèque de se positionner comme un leader de l'innovation financière.

La volatilité du Bitcoin reste une préoccupation majeure, Michl lui-même reconnaissant que sa valeur pourrait soit monter en flèche, soit chuter à zéro.

Il a défendu la proposition, citant ses antécédents en tant que banquier d'investissement et soulignant que la rentabilité est une considération clé.

La communauté cryptographique a salué l'ouverture de la CNB au Bitcoin, certains affirmant qu'elle pourrait créer un précédent pour d'autres banques centrales européennes.

Passage mondial vers les réserves numériques

Le débat sur le rôle du Bitcoin dans les réserves des banques centrales ne se limite pas à la République tchèque.

De l’autre côté de l’Atlantique, plusieurs États américains ont introduit des projets de loi explorant la diversification des réserves de l’État en Bitcoin.

Alors que le gouvernement fédéral américain reste prudent, les États individuels prennent l’initiative d’expérimenter les actifs numériques.

Le Salvador est à l’avant-garde de ce changement, ayant rendu le Bitcoin monnaie légale en 2021 et accumulé des avoirs importants malgré l’opposition du Fonds monétaire international (FMI).

D’autres pays, dont l’Argentine et le Nigeria, ont étudié l’adoption du Bitcoin comme protection contre l’instabilité économique.

Pour la République tchèque, investir une partie de ses réserves dans le Bitcoin pourrait servir de stratégie de diversification, en particulier compte tenu des pressions inflationnistes actuelles en Europe. Cependant, les banques centrales accordent traditionnellement la priorité à la stabilité, ce qui peut entraver une adoption plus large.

L’Europe pèse les risques et les opportunités

L’éventuel investissement du CNB dans le Bitcoin intervient à un moment où les régulateurs européens resserrent leur contrôle sur le secteur de la cryptomonnaie.

Le règlement de l'UE sur les marchés des actifs cryptographiques (MiCA) vise à apporter une surveillance aux actifs numériques, avec des exigences strictes pour les investisseurs institutionnels.

La position de Lagarde reflète les préoccupations plus larges des décideurs politiques européens, qui restent sceptiques quant à la stabilité à long terme du Bitcoin.

La BCE a constamment averti que les crypto-monnaies posent des risques pour la stabilité financière, en invoquant leur nature spéculative et leur vulnérabilité à la manipulation des prix.

Certains analystes affirment que les banques centrales ne peuvent pas ignorer le rôle croissant du Bitcoin dans la finance mondiale.

Des investisseurs institutionnels, dont BlackRock et Fidelity, ont lancé des produits axés sur le Bitcoin, soulignant la demande croissante.

Si la CNB va de l’avant avec sa proposition, elle pourrait inciter d’autres pays européens à reconsidérer leur position sur les actifs numériques.