Friedrich Merz, partisan d'une ligne dure sur l'immigration, devrait devenir le prochain chancelier allemand, la CDU étant en tête des sondages.

Friedrich Merz, partisan d'une ligne dure sur l'immigration, devrait devenir le prochain chancelier allemand, la CDU étant en tête des sondages.
Diya Poddar
20 févr. 2025, 08:17 AM
  • Ses politiques pro-entreprises comprennent des réductions d'impôts, une diminution de la bureaucratie et des incitations à l'investissement privé.
  • Merz plaide pour que l'Allemagne joue un rôle de leadership plus fort en Europe et pour une aide militaire à l'Ukraine.
  • La direction de Merz signale un virage conservateur par rapport à l'héritage centriste de Merkel.

Friedrich Merz est en bonne voie pour devenir le prochain chancelier allemand, son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), et son affilié bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU), conservant une forte avance dans les sondages.

À quelques jours des élections, la direction de Merz marquerait un tournant décisif par rapport aux politiques de l'ancienne dirigeante de la CDU, Angela Merkel, dont l'approche centriste a défini la politique allemande pendant plus d'une décennie.

Merz, 69 ans, est un homme politique et un dirigeant d'entreprise chevronné, connu pour sa position pro-business, son scepticisme à l'égard des politiques climatiques ambitieuses et ses positions fermes sur l'immigration.

Sa candidature à la direction signale un retour potentiel à un programme économique plus conservateur, avec des propositions visant à réduire les impôts sur les sociétés, à rationaliser la bureaucratie et à encourager les investissements privés.

Son alignement avec l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti d'extrême droite, lors d'un récent vote parlementaire a suscité la controverse et soulevé des inquiétudes quant à son approche de la gouvernance.

Friedrich Merz : une carrière à la croisée de la politique et des affaires

Avant de revenir en politique, Merz a mené une longue carrière dans le monde des affaires, occupant des postes de direction chez BlackRock Allemagne, HSBC Trinkaus & Burkhardt et Deutsche Börse.

Son retour à la tête de la politique a été le fruit de plusieurs années de préparation, après une longue rivalité avec Merkel qui l'avait conduit à démissionner de la direction de la CDU au début des années 2000.

Depuis qu'il a pris la tête du parti en 2022, il dirige le bloc d'opposition CDU-CSU et s'est imposé comme le visage d'une CDU plus conservatrice.

Merz a axé sa campagne sur les réformes économiques, arguant que les politiques actuelles du chancelier Olaf Scholz ont conduit à la stagnation.

Il s'est engagé à réformer le cadre réglementaire allemand pour soutenir les entreprises et les startups, proposant la création d'un poste ministériel dédié à la digitalisation et à l'IA.

Bien que Merz prône la discipline budgétaire, il a indiqué qu'il était ouvert à une réforme de la règle allemande stricte du frein à l'endettement, qui limite les emprunts publics.

Cela suggère un possible assouplissement de la position traditionnellement rigide de la CDU sur les dépenses publiques, face à la montée des pressions économiques.

Les politiques d'immigration de Friedrich Merz

La position intransigeante de Merz sur l'immigration a été un aspect déterminant de son leadership, le poussant à réclamer des contrôles frontaliers plus stricts, une augmentation des expulsions et des politiques d'asile plus rigoureuses.

Il a établi un lien entre les lois sur l'immigration assouplies et les risques pour la sécurité, un discours qui a gagné du terrain auprès des électeurs conservateurs mais qui a suscité des critiques de la part de ses adversaires politiques.

En janvier, sa motion non contraignante sur l'immigration a reçu un soutien inattendu de l'AfD, l'extrême droite allemande, marquant la première fois qu'une initiative législative soutenue par le bloc CDU-CSU a abouti grâce aux voix de l'AfD.

Cette évolution a suscité une réaction négative des centristes et a encore tendu les relations au sein de l'establishment politique allemand, Merkel condamnant publiquement son engagement avec l'AfD.

L'approche de Merz reflète un changement plus large au sein des partis de centre-droit européens, où les dirigeants ont de plus en plus adopté des politiques migratoires plus strictes en réponse aux pressions électorales des mouvements nationalistes.

Sa volonté de collaborer avec des législateurs d'extrême droite a suscité des inquiétudes quant à l'orientation de la CDU sous sa direction.

La politique étrangère de Friedrich Merz

En matière de politique étrangère, Merz a appelé l'Allemagne à jouer un rôle de leadership plus fort en Europe, notamment en réponse à la guerre en Ukraine.

S'exprimant lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le week-end dernier, il a souligné la nécessité d'une aide militaire continue à Kiev tout en exhortant les alliés européens à adopter une position plus décisive en matière de sécurité.

Sa position sur les dépenses de défense reste ambiguë, alors que l'Allemagne subit une pression croissante de l'OTAN pour augmenter son financement militaire.

Bien qu'il ait évité de s'engager sur des changements budgétaires spécifiques, sa rhétorique suggère un virage vers une politique étrangère plus assertive par rapport à l'approche prudente de Scholz.

À l'approche d'une élection cruciale en Allemagne, la direction de Merz marquerait un changement significatif par rapport à l'ère Merkel, avec des changements de politique potentiels concernant les réformes économiques, les contrôles de l'immigration et les priorités de défense.

Si son programme pro-entreprises a trouvé un écho favorable auprès des électeurs conservateurs, son association avec l'extrême droite reste une question controversée qui pourrait définir l'orientation future de la CDU.