Les États-Unis révoquent la licence pétrolière de Repsol au Venezuela ; l'Espagne promet de défendre les intérêts de l'entreprise.

Les États-Unis révoquent la licence pétrolière de Repsol au Venezuela ; l'Espagne promet de défendre les intérêts de l'entreprise.
Noris Soto
31 mars 2025, 19:04 PM
  • Les États-Unis révoquent la licence d'importation de pétrole vénézuélien de Repsol, avec effet au 27 mai.
  • Le ministre espagnol des Affaires étrangères promet de protéger les intérêts de Repsol face aux tensions croissantes.
  • Les États-Unis imposent un droit de douane de 25 % aux pays achetant du pétrole et du gaz au Venezuela.

Le gouvernement américain a révoqué l'autorisation d' importation de pétrole vénézuélien accordée à Repsol, a déclaré lundi un représentant de la compagnie à l'agence de presse Reuters.

Cette décision constitue un coup dur pour Repsol, le ministre espagnol des Affaires étrangères s'engageant à protéger les intérêts de l'entreprise.

En réponse, Repsol est en discussions actives avec les autorités américaines pour explorer les moyens de poursuivre ses opérations au Venezuela, a déclaré lundi le PDG Josu Jon Imaz.

L'entreprise entretient un « dialogue ouvert et fluide » avec Washington suite à la révocation de sa licence d'exportation.

Comme d'autres entreprises étrangères opérant au Venezuela, Repsol a été officiellement notifiée de la décision, ce qui a incité le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à réaffirmer l'engagement du gouvernement à défendre les intérêts de l'entreprise.

Une date limite pour la transition

Un porte-parole de l'administration américaine a déclaré que l'ordre donné à Repsol de cesser ses activités au Venezuela est conforme à la position plus ferme du président Donald Trump à l'égard des entités étrangères qui continuent de commercer avec le pays, et que la société avait jusqu'au 27 mai pour finaliser ses opérations.

La sévérité de la politique américaine signale une intention sans équivoque d'isoler davantage le gouvernement vénézuélien de l'intérieur, alors qu'il est toujours plongé dans des crises politiques et économiques.

L'administration Trump a imposé une taxe de 25 % sur les importations de pétrole et de gaz vénézuéliens en provenance d'autres pays, exerçant ainsi une pression sur les entreprises pour qu'elles continuent de faire des affaires avec ce pays en difficulté.

D'autres entreprises italiennes ont également été informées qu'elles ne pourraient plus opérer au Venezuela en raison des efforts continus des États-Unis pour restreindre le flux de pétrole brut du pays par le biais de diverses sanctions.

Les manœuvres diplomatiques de l'Espagne

Suite à ces événements, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s'est exprimé sur Tele 5, déclarant avoir communiqué avec le PDG de Repsol.

Comme il l'a dit : « Nous ne devons pas nous précipiter avant d'avoir toutes les informations sur cette décision. Nous devons savoir ce qu'elle signifie, comment elle nous affectera et s'il y a une marge de dialogue pour résoudre le problème. »

Malgré sa petite taille et ses origines nationales, Repsol est un géant mondial avec des opérations et des intérêts partout dans le monde, y compris en Amérique latine.

Les assurances d'Albear sur la sécurité de Repsol soulignent l'importance des entreprises énergétiques pour le gouvernement espagnol. L'Espagne a des investissements importants en Amérique latine, et toute conséquence défavorable pourrait nuire à son économie.

Relations pétrolières internationales : le paysage

L'administration précédente avait autorisé les entreprises individuelles à acheter du pétrole vénézuélien pour l'utiliser dans des raffineries du monde entier, de l'Espagne à l'Inde.

Washington a accordé des lettres de confort et des licences à ces entreprises pour commercer avec le Venezuela, malgré les sanctions.

Il a également déjà sensibilisé au fait que le changement de politique pourrait entraîner une réaffectation des partenariats énergétiques et nécessiter une réévaluation des plans d'affaires des entreprises implantées dans des zones à forte présence américaine.

L'impact de ces changements pourrait être multiple. Les prix du pétrole pourraient réagir à la réduction de l'accès, et les entreprises qui dépendaient du pétrole vénézuélien pourraient également subir des perturbations.

Cela n'affecterait pas seulement ces entreprises, mais pourrait avoir de graves répercussions sur le pipeline pétrolier mondial, aggravant les forces du marché déjà faussées par les tensions géopolitiques.

Quel avenir pour Repsol ?

Dans ce contexte, le gouvernement espagnol adopte une attitude plus proactive, au plus près de la situation, ce qui sera déterminant pour la prochaine décision de Repsol.

Pourtant, l'urgence de la crise signifie que, même s'il appelle à une réponse prudente, les enjeux restent particulièrement élevés.

Les choix faits au cours des prochaines semaines devraient probablement définir le cadre de la restructuration des relations énergétiques internationales dans les années à venir, le régime de sanctions américain restant en vigueur.

L'Espagne et Repsol se trouvent dans une situation similaire où soit une pression unilatérale d'un côté atténuera l'emprise étroite des États-Unis sur les approvisionnements pétroliers vénézuéliens, soit une extension subtile de l'embargo par son bénéficiaire neutralisera cette force.

À l'approche du 27 mai, Repsol subit des pressions pour modifier ses opérations, ce qui pourrait soit consolider sa position sur le marché de l'énergie, soit signifier un retrait de son aventure sud-américaine.