L'UE impose des droits de douane sur plusieurs produits américains en réponse aux droits de douane sur l'acier et l'aluminium de Trump.

L'UE impose des droits de douane sur plusieurs produits américains en réponse aux droits de douane sur l'acier et l'aluminium de Trump.
Utkarsh Roshan
09 avr. 2025, 16:12 PM
  • L'Union européenne a approuvé mercredi son premier train de droits de douane de rétorsion.
  • Sur les 27 États membres de l'Union européenne, 26 ont voté en faveur des contre-mesures.
  • On dit que le bloc prépare également une réponse aux droits de douane réciproques.

L'Union européenne a approuvé mercredi ses premières mesures de rétorsion contre les États-Unis en réponse aux droits de douane imposés par le président Donald Trump sur l'acier et l'aluminium.

Mercredi, une majorité des 27 États membres de l'Union européenne ont voté pour approuver un nouveau train de droits de douane ciblant certains produits américains, certaines mesures devant entrer en vigueur mi-avril.

Sur les 27 États membres de l'Union européenne, 26 ont voté en faveur des contre-mesures, seule la Hongrie s'opposant à la décision.

Les sanctions s'appliqueront aux produits provenant de régions politiquement importantes, notamment le soja de Louisiane, représenté par le président de la Chambre des représentants Mike Johnson, ainsi que les diamants, la volaille, les motos et d'autres produits agricoles.

Il s'agit d'une réponse à l'imposition par le président Trump d'un droit de douane de 25 % sur les exportations d'acier et d'aluminium de l'UE.

La Commission européenne a indiqué que les nouveaux droits de douane seraient perçus à partir du 15 avril. Une deuxième tranche de mesures de rétorsion est prévue pour le 15 mai.

Cette décision fait suite à l'annonce par Trump, le 2 avril, de droits de douane généralisés visant plus de 180 pays, notamment un droit de douane plus large de 20 % sur la quasi-totalité des importations européennes.

On dit que le bloc prépare également une réponse aux droits de douane réciproques.

Selon les informations des médias, la commission prévoit d'annoncer des mesures en début de semaine prochaine, puis d'entamer des consultations avec les États membres.

Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, a déclaré que les droits de douane affectent 380 milliards d'euros (420,45 milliards de dollars) d'exportations européennes vers les États-Unis, soit environ 70 % des expéditions totales.

Le montant des droits de douane attendu pourrait dépasser 80 milliards d'euros, soit plus de onze fois le niveau annuel actuel de 7 milliards d'euros, a-t-il souligné.

Les tensions commerciales s'intensifient, mais les négociations sont privilégiées.

La Commission a qualifié les actions américaines d’« injustifiées et préjudiciables », avertissant qu’elles nuiraient aux deux économies et au système commercial mondial dans son ensemble.

Alors que l'UE poursuit ses contre-mesures, elle a réitéré sa préférence pour une solution négociée.

« Nous sommes prêts à réagir », a déclaré la semaine dernière la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, tout en soulignant qu'il « n'était pas trop tard pour répondre aux préoccupations par la négociation ».

Les responsables ont déclaré que les mesures étaient calibrées pour infliger des souffrances économiques sans perturber immédiatement les chaînes d'approvisionnement essentielles.

Une guerre commerciale mondiale a-t-elle commencé ?

La décision de l'UE intervient dans un contexte de réaction mondiale croissante aux politiques protectionnistes de Trump, qui ont déjà déclenché des représailles de la Chine.

Les analystes avertissent que l'escalade des droits de douane pourrait peser davantage sur le commerce mondial, accroître les pressions inflationnistes et freiner les bénéfices des entreprises dans les secteurs clés.

L'approbation rapide par Bruxelles de mesures de représailles indique que le bloc se prépare à une impasse prolongée à moins que Washington ne reconsidère son approche.

Les enjeux sont particulièrement importants pour les exportateurs européens qui luttent déjà contre un euro plus faible, un ralentissement de la croissance mondiale et des prix de l'énergie volatils.