La Chine prolonge l’enquête sur les importations de porc de l’UE alors que le désaccord commercial s’approfondit

La Chine prolonge l’enquête sur les importations de porc de l’UE alors que le désaccord commercial s’approfondit
Sayantan Sarkar
10 juin 2025, 12:38 PM
  • La Chine a prolongé de six mois son enquête sur les importations de porc provenant de l’UE, ce qui a exacerbé les tensions commerciales.
  • Cette prolongation coïncide avec les négociations en cours sur les droits de douane de l’UE sur les véhicules électriques chinois.
  • Le différend en cours affecte les exportations de porc en provenance de pays de l’UE comme l’Espagne, les Pays-Bas et le Danemark.

Dans le cadre de l’escalade des tensions commerciales entre la Chine et l’Union européenne, Pékin a officiellement prolongé de six mois supplémentaires son enquête en cours sur les importations de porc provenant de l’UE .

Cette décision, annoncée mardi, intervient quelques jours seulement avant la fin de la période d’enquête initiale, signalant une aggravation potentielle du différend, selon un rapport de Reuters.

Les tensions commerciales s’intensifient dans le cadre d’une enquête en cours

De manière significative, cette prolongation coïncide avec les délicates négociations actuellement en cours entre Bruxelles et Pékin concernant l’imposition par l’UE de droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.

Le calendrier suggère un lien possible entre l’enquête sur le porc et les discussions commerciales plus larges, ce qui implique que la Chine pourrait utiliser la question des importations agricoles comme monnaie d’échange dans les négociations sur les droits de douane sur les véhicules électriques.

L’enquête initiale, déjà considérée comme une affaire très médiatisée, a maintenant été amplifiée en raison de cette prolongation, faisant l’objet d’un examen plus minutieux de la part des observateurs et des parties prenantes du commerce international.

Les implications de cette prolongation pourraient être considérables, avoir un impact sur le flux du commerce du porc entre l’UE et la Chine et mettre à rude épreuve leurs relations économiques alors qu’elles tentent de naviguer dans le paysage complexe du commerce international et des politiques tarifaires.

L’ouverture de l’enquête en juin dernier est largement considérée comme une réponse aux droits de douane de l’UE sur les exportations chinoises de véhicules électriques.

Elle a touché plus de 2 milliards de dollars d’exportations de porc, principalement les principaux producteurs, dont l’Espagne, les Pays-Bas et le Danemark.

Prolongation liée à des négociations commerciales plus larges

Le ministère chinois du Commerce a annoncé une prolongation de sa période d’enquête jusqu’au 16 décembre. Cette prolongation, comme l’indique le site web du ministère, est due à la « complexité » de la question.

Notamment, la Chine occupe la position de premier consommateur mondial de porc.

L’enquête en cours s’est prolongée, ce qui témoigne de la nature complexe des relations commerciales entre la Chine et l’UE.

Cette prolongation coïncide avec des progrès notables dans les négociations visant à résoudre les différends tarifaires, ce qui laisse entrevoir une percée potentielle.

La Chine a déjà pris des mesures de conciliation, en étendant sa propre enquête antidumping sur l’eau-de-vie de l’UE, une décision perçue comme un effort visant à favoriser la bonne volonté et à créer un environnement propice à de nouvelles discussions.

En outre, Pékin s’est engagé à accélérer le traitement des licences d’exportation pour les aimants de terres rares, une ressource essentielle pour les industries européennes, indiquant sa volonté de répondre aux préoccupations spécifiques soulevées par l’UE.

Les expéditions de porc de l’UE irremplaçables

Ces actions reflètent un exercice d’équilibre délicat, alors que les deux parties naviguent entre leurs intérêts économiques tout en s’efforçant de maintenir leurs relations diplomatiques et d’empêcher l’escalade.

L’issue de ces négociations est cruciale, non seulement pour la Chine et l’UE, mais aussi pour le paysage commercial mondial au sens large.

L’UE envoie une quantité importante d’abats de porc, tels que des oreilles, des nez et des pattes de porc, à la Chine.

Ces articles sont prisés dans la cuisine chinoise, et il serait difficile de leur trouver des remplaçants si ce commerce devait cesser.

En 2024, les importations de porc de la Chine, y compris les abats, ont totalisé 4,8 milliards de dollars.

Une partie importante, plus de 50 %, provenait de l’Union européenne, l’Espagne étant en tête de l’UE en termes de volume d’exportation.

Pékin a démontré sa volonté de négocier son enquête plus large sur le porc en élargissant l’accès au marché pour les cerises espagnoles et certains produits à base de porc en avril, selon des analystes et des producteurs.