Pas de magie de l’IA de la part d’Apple : pourquoi la dernière présentation du fabricant d’iPhone a laissé les investisseurs froids et les actions en chute libre

  • L’action d’Apple a chuté jusqu’à 1,9 % au cours de l’événement, effaçant jusqu’à 65,3 milliards de dollars de sa capitalisation boursière.
  • La présentation du PDG Tim Cook s’est concentrée sur des mises à niveau logicielles mineures, sans mises à jour majeures de l’IA annoncées pour Siri.
  • L’analyste Daniel Ives (Wedbush) a qualifié l’événement de « bâillement global », affirmant que la patience des investisseurs « s’épuise ».

La présentation annuelle très attendue d’Apple lundi a semblé décevoir les investisseurs et les analystes, car le géant de la technologie n’a pas réussi à réaliser les avancées révolutionnaires en matière d’intelligence artificielle que beaucoup espéraient.

La présentation, dirigée par le PDG Tim Cook, s’est principalement concentrée sur des mises à niveau logicielles mineures, faisant peu pour apaiser les inquiétudes croissantes selon lesquelles le fabricant d’iPhone est à la traîne par rapport à ses rivaux dans le paysage de l’IA en évolution rapide.

La réaction du marché a été rapide et éloquente. Le cours de l’action Apple a chuté de 1,9 % lors de la présentation principale, une décision qui a effacé jusqu’à 65,3 milliards de dollars (48 milliards de livres sterling) de sa capitalisation boursière.

Cette vente souligne une frustration croissante parmi les investisseurs concernant l’incapacité perçue d’Apple à suivre le rythme de ses concurrents sur les développements d’IA de pointe.

Ce sentiment a peut-être été amplifié par les récents commentaires de l’ancien designer en chef influent d’Apple, Sir Jony Ive.

Le mois dernier, alors qu’il annonçait sa décision de rejoindre son rival OpenAI dans un accord de 6,5 milliards de dollars (4,8 milliards de livres sterling) visant à créer une nouvelle génération d’appareils susceptibles de défier l’iPhone, Sir Jony a apparemment critiqué Apple, s’en prenant aux produits « hérités » sur le marché et à la technologie « vieille de plusieurs décennies » qu’ils contiennent.

Des ajustements logiciels incrémentiels, pas des sauts d’IA

Au cours de la présentation de lundi soir, Apple a mis l’accent sur une série d’améliorations visuelles introduites dans ses systèmes d’exploitation.

Une mise à jour notable comprenait des fonctionnalités améliorées pour les iPads, qui pourront désormais fonctionner davantage comme des ordinateurs Mac traditionnels, avec des applications capables de fonctionner dans Windows.

Cependant, ces mises à jour ont été considérées par certains comme insuffisantes pour répondre aux principales préoccupations concernant la stratégie d’IA d’Apple.

Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities, a qualifié l’événement de « bâillement global », ajoutant que la patience des investisseurs « s’épuisait ».

Cela fait suite à des années de revers signalés pour Apple alors qu’elle s’efforce de rivaliser dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Alors qu’Apple a été l’un des premiers à adopter l’IA avec son assistant vocal Siri, ses rivaux ont depuis fait des progrès rapides, dépassant sans doute sa technologie.

En effet, le mois dernier, le PDG Tim Cook a reconnu lors d’une conférence téléphonique sur les résultats que « nous avons besoin de plus de temps pour terminer notre travail sur les fonctionnalités améliorées de Siri afin qu’elles répondent à notre barre de haute qualité ».

Pourtant, lundi, Apple n’a pas annoncé de mises à jour majeures de l’IA pour Siri.

Des rapports ont suggéré que les progrès dans l’amélioration de Siri avec de grands modèles de langage ont été entravés par des complications techniques.

Accès développeur et nouvelles fonctionnalités d’appel : les points positifs de l’IA ?

L’annonce la plus notable liée à l’IA de la vitrine annuelle était qu’Apple accorderait aux développeurs de logiciels l’accès à la technologie d’IA intégrée dans ses appareils récents.

Le chef des logiciels d’Apple, Craig Federighi, a exprimé son optimisme à propos de cette décision :

Apple a également introduit une fonction de traduction en direct pour les appels téléphoniques, permettant aux utilisateurs, par exemple, de parler en anglais à une personne francophone et de faire traduire et lire leurs mots en français en temps réel.

De plus, la société a dévoilé une fonction de filtrage des appels conçue pour fonctionner comme un assistant personnel, répondant automatiquement aux appels provenant de numéros inconnus et demandant des informations afin que l’utilisateur puisse décider d’accepter ou non l’appel.

Malgré ces nouvelles fonctionnalités, la perception générale était celle d’une opportunité manquée dans le domaine de l’IA.

Thomas Monteiro, analyste chez Investing.com, a résumé ce sentiment :

L’événement a laissé beaucoup de gens s’interroger sur la prochaine décision importante d’Apple pour reprendre une position de leader dans l’intelligence artificielle.