L’acquisition de X par Elon Musk déclenche un nouvel examen réglementaire de l’UE

L’acquisition de X par Elon Musk déclenche un nouvel examen réglementaire de l’UE
Ananthu C U
19 juin 2025, 20:07 PM
  • L’UE examine de près l’acquisition de X par Elon Musk.
  • Les pénalités DSA sont liées au chiffre d’affaires mondial, ce qui rend la valeur combinée de xAI et X pertinente pour toute amende future.
  • xAI avait acquis X (anciennement connu sous le nom de Twitter) en mars.

L’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk, xAI, et son acquisition de la plate-forme de médias sociaux X, anciennement connue sous le nom de Twitter, évaluée à 33 milliards de dollars, ont fait l’objet d’un examen minutieux de la part des régulateurs de l’Union européenne, a rapporté Bloomberg.

Cette nouvelle orientation intervient alors que la Commission européenne s’apprête à évaluer les sanctions potentielles à l’encontre de X en vertu de la législation sur les services numériques (DSA), un règlement complet pour le contenu en ligne.

L’acquisition de xAI-X

L’acquisition, annoncée par Musk en mars 2025, impliquait une transaction entièrement en actions où xAI a acheté X, mettant ainsi le réseau social sous son contrôle.

Selon Musk, la combinaison valorise xAI à 80 milliards de dollars et X à 33 milliards de dollars (soit 45 milliards de dollars dont 12 milliards de dollars de dette).

Le milliardaire a déclaré à l’époque que cet accord rationalise ses différentes activités et « solidifie la relation » entre l’ancien Twitter et xAI, qui utilise les informations du réseau social pour affiner son chatbot, Grok.

Musk a en outre souligné que « les avenirs de xAI et de X sont entrelacés », dans le but de « libérer un immense potentiel en mélangeant les capacités et l’expertise avancées de xAI avec la portée massive de X ».

La nouvelle entité fusionnée, XAI Holdings, a été évaluée à plus de 100 milliards de dollars, hors dette, selon le rapport de Bloomberg, citant une source.

xAI dépenserait 1 milliard de dollars par mois pour financer les investissements lourds en espèces dans l’IA.

Cadre réglementaire de l’UE et sanctions potentielles

À la suite de l’acquisition, la Commission européenne a intensifié son examen de la structure de l’entreprise X.

Des sources dans le rapport ont indiqué que la Commission a récemment lancé de nouvelles enquêtes à l’encontre de X.

Cela reflète l’inquiétude des organismes de réglementation selon laquelle la structure des sociétés combinées pourrait influencer l’ampleur d’une amende potentielle.

En vertu de la loi sur les services numériques, les pénalités sont directement liées au chiffre d’affaires mondial d’une entreprise, ce qui implique que la taille financière et la structure organisationnelle des entités intégrées peuvent avoir un impact sur la sanction pécuniaire éventuelle.

Le régulateur basé à Bruxelles pourrait imposer la première amende en vertu de la DSA pour les infractions présumées de X avant ses vacances d’été en août, selon les sources.

Bien que le montant exact de la taxe potentielle n’ait pas été divulgué et soit susceptible d’être modifié, X conserve la possibilité de répondre aux griefs de l’UE afin d’éviter une pénalité.

Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a affirmé jeudi que l’organisme « suit de près les changements dans la structure d’entreprise de X, comme nous le ferions dans toute autre plate-forme désignée ». Il a confirmé qu’une demande de renseignements avait été adressée à X.

La législation sur les services numériques confère à la Commission européenne le pouvoir d’imposer des sanctions allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise en cas de manquement à la lutte contre les contenus illégaux, à la lutte contre la désinformation ou au respect des réglementations en matière de transparence.

Efforts de conformité de X et enquête en cours

Dans un effort apparent pour apaiser les inquiétudes de l’UE, X a récemment tenté de clarifier la fonctionnalité de son programme de coches bleues avec un avertissement public.

Ce programme, dont les changements sous la propriété de Musk avaient déjà suscité des critiques de la part des régulateurs pour avoir prétendument induit en erreur les utilisateurs en n’indiquant plus les « profils vérifiés des personnes publiques » et en ne s’alignant pas sur les « pratiques de l’industrie », était une préoccupation majeure pour la Commission.

La notification de X visait à démontrer que le comportement litigieux avait cessé.

L’examen minutieux de la nouvelle structure d’entreprise de X souligne l’engagement de l’Union européenne à appliquer ses réglementations numériques aux principales plateformes en ligne, d’autant plus qu’elles subissent d’importants changements de propriété et d’intégration commerciale.

X se prépare également à permettre aux utilisateurs d’effectuer des activités d’investissement et de trading directement sur son application.