La menace de droits de douane de 30 % de Donald Trump incite l’UE à prendre des contre-mesures

  • L’UE pourrait imposer des droits de douane sur 84,1 milliards de dollars de marchandises américaines en cas d’échec des négociations commerciales.
  • Il s’agit d’une réponse aux droits de douane de 30 % proposés par Trump sur les importations de l’UE.
  • Les droits de douane potentiels de l’UE visent divers biens, des avions aux automobiles.

En cas d’échec des négociations commerciales avec Washington, la Commission européenne envisage d’imposer des droits de douane sur 84,1 milliards de dollars (72 milliards d’euros) de produits américains.

Ces produits comprennent une gamme d’articles, des avions Boeing et du whisky bourbon aux automobiles, selon un rapport de Reuters.

Le président américain Donald Trump a proposé des droits de douane de 30 % sur les importations de l’UE à partir du 1er août.

Les responsables européens jugent ce niveau inacceptable, avertissant qu’il perturberait gravement les relations commerciales normales entre deux des plus grands blocs économiques du monde.

Répercussions économiques

La hausse potentielle des droits de douane signale une escalade des tensions commerciales et pourrait avoir des répercussions économiques importantes pour les États-Unis et l’UE.

La liste, qui précède l’escalade de la pression de Trump sur le bloc des 27 pays ce week-end, est une réponse aux droits de douane américains existants sur les automobiles, les pièces automobiles et un droit de base de 10 %, plutôt qu’à ses actions récentes.

La liste, qui a été envoyée à l’UE, a été vue par Reuters.

L’ensemble, d’une valeur de 6,35 milliards d’euros, comprend une gamme variée de produits.

Le colis comprenait des produits chimiques, des dispositifs médicaux, ainsi que des équipements électriques et de précision. De plus, il couvre l’agriculture et les produits alimentaires, en particulier une variété de fruits et de légumes, ainsi que le vin, la bière et les spiritueux.

Des responsables ont annoncé lundi lors d’une réunion des ministres de l’UE à Bruxelles qu’ils tentaient toujours de parvenir à un accord pour éviter l’impact significatif des droits de douane de Trump.

Stratégie tarifaire

Maros Sefcovic, le chef de l’UE chargé du commerce, a déclaré que les participants à la réunion avaient fait preuve d’une « détermination sans précédent » à protéger les entreprises de l’UE.

Il s’agirait d’employer des contre-mesures européennes si les négociations avec Washington n’aboutissent pas à un accord.

Il a déclaré lors d’une conférence de presse :

Mardi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a critiqué la dernière menace de Trump, la qualifiant de « chantage ».

Il a souligné que si un accord commercial était une priorité, il ne devait pas se faire au détriment de la France pour devenir « un vassal des États-Unis ».

Trump a mis en garde Bruxelles contre des mesures de rétorsion, indiquant que les États-Unis refléteraient toute nouvelle taxe européenne en les incorporant simplement dans le taux existant de 30 %.

La politique commerciale de l’UE est supervisée par la Commission européenne, qui n’a pas encore précisé de taux tarifaire pour les produits figurant sur sa liste.

Le paquet doit être approuvé par les États membres de l’UE avant d’être mis en œuvre, et aucune date de vote précise n’a été fixée.

Habituellement, la Commission répond aux préoccupations soulevées par les gouvernements de l’UE et met en œuvre des contre-mesures, à moins que 15 pays ne s’y opposent.

Efforts diplomatiques

Fortement dépendante du marché américain, l’industrie européenne des boissons a activement fait pression sur les gouvernements.

Leur objectif est d’empêcher le bourbon, le vin et d’autres spiritueux d’être inclus dans la liste de l’UE, craignant des mesures de rétorsion de la part de Washington.

La France, l’Espagne et l’Italie ont spécifiquement exprimé leurs inquiétudes quant aux répercussions économiques potentielles.

Le paquet tarifaire initial de l’UE, évalué à 21 milliards d’euros sur les produits américains, excluait notamment les boissons alcoolisées lorsqu’il a été approuvé en avril.

Ce paquet a été rapidement suspendu pour faciliter les négociations, une suspension qui a été prolongée jusqu’au 6 août.

Les actions européennes ont connu une légère hausse mardi, sous l’effet de la bonne performance du secteur automobile.

Cette hausse fait suite à la déclaration de lundi de Trump, qui a indiqué sa volonté d’engager des discussions avec l’UE et d’autres partenaires commerciaux.

Initialement, la Commission a proposé en mai un deuxième paquet de consultations publiques, désignant environ 95 milliards d’euros de marchandises américaines pour les contre-mesures.

Bien que ce chiffre ait été réduit depuis, la majorité des articles clés sont toujours inclus.