Chevron bat Exxon dans un contrat pétrolier de 53 milliards de dollars : que s’est-il passé à huis clos ?

  • Chevron a remporté l’arbitrage sur la participation de Hess dans le bloc Stabroek au Guyana.
  • Exxon a revendiqué son droit de premier refus en vertu d’un accord d’exploitation conjointe.
  • Les arbitres ont statué en faveur de Chevron, autorisant la fusion de 53 milliards de dollars.

Lorsque Chevron a finalement conclu son rachat de Hess pour 53 milliards de dollars, il ne s’agissait pas simplement d’un autre accord à succès dans l’industrie pétrolière.

Il est survenu à la fin d’un conflit d’arbitrage à enjeux élevés avec ExxonMobil, qui s’est déroulé principalement à huis clos et a soulevé plus de questions qu’il n’en a répondu.

Au centre de la lutte se trouvait le bloc Stabroek du Guyana, une étendue du fond de l’océan qui est rapidement devenue l’une des découvertes de pétrole les plus discutées depuis des années.

Chevron a peut-être franchi la ligne d’arrivée, mais le processus d’arbitrage étant largement tenu secret, il est difficile de savoir ce qui s’est réellement passé dans les coulisses.

Le résultat est public, bien sûr, mais les accords en coulisse, les manœuvres stratégiques et les drames d’entreprise ? Cette partie est encore dans le noir.

Différend entre Chevron et ExxonMobil

Le véritable champ de bataille de cette épreuve de force a été la participation de 30 % de Hess dans le bloc Stabroek au Guyana, l’une des plus grandes découvertes de pétrole offshore au monde.

Exxon, qui exploite le champ et en possède 45 %, ainsi que la société chinoise CNOOC (qui détient les 25 % restants), ont fait valoir que leur accord d’exploitation conjointe leur donnait le droit de premier refus.

En termes clairs : ils pensaient qu’ils devraient être les premiers à obtenir des participations sur la participation de Hess avant que Chevron ne puisse bouger.

Si Exxon avait gagné cet argument, elle aurait pu faire dérailler complètement les plans de Chevron, l’excluant de l’un des actifs les plus prisés dans le jeu énergétique mondial.

Mais Chevron et Hess ont vigoureusement riposté, affirmant que l’accord ne s’appliquait pas dans ce cas parce qu’ils ne vendaient pas un actif, mais fusionnaient des entreprises.

Selon leur équipe juridique, la clause a été conçue pour bloquer les ventes d’actifs, et non les prises de contrôle d’entreprises à part entière.

En fin de compte, le panel d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale s’est rangé de leur côté, ouvrant la voie à Chevron pour sceller l’accord.

Que s’est-il passé à huis clos ?

Malgré toute son importance, l’arbitrage Chevron-Hess s’est déroulé en grande partie dans l’ombre.

Ce genre de secret est typique des différends commerciaux internationaux, mais dans ce cas, avec des milliards en jeu et des implications majeures pour le marché de l’énergie, il a fait l’objet d’un examen minutieux.

La décision de la Chambre de commerce internationale a autorisé Chevron à aller de l’avant, mais le raisonnement juridique complet du panel n’a pas été rendu public.

Mis à part quelques déclarations vagues et les gros titres des médias, personne ne sait vraiment ce qui a influencé la décision.

L’accord d’exploitation conjointe au centre de l’affaire n’a toujours pas été publié, alimentant les spéculations : les arbitres ont-ils interprété les droits d’Exxon et de CNOOC de manière restrictive, ou ont-ils trouvé une faille juridique ?

Et dans les coulisses, il y a toute une couche de l’histoire qui ne sera peut-être jamais révélée, les discussions privées, les arrangements parallèles ou les accords de poignée de main entre Chevron, Hess et Exxon restent totalement opaques.

Ce qui manque également, ce sont les calculs internes : jusqu’où Chevron était-il prêt à aller pour maintenir l’accord en vie ?

Exxon cherchait-il à exercer une influence ou essayait-il véritablement de bloquer la fusion ? Rien de tout cela n’a fait surface.

Et bien que le résultat puisse façonner la façon dont les accords d’exploitation conjointe seront rédigés à l’avenir, en particulier en ce qui concerne les droits de préemption, on ne sait toujours pas exactement comment l’industrie réagira.