Shell mène l’exode de la norme zéro émission nette en raison des restrictions de développement

  • Les grandes sociétés énergétiques, dont Shell, Aker BP et Enbridge, se sont retirées du groupe consultatif SBTi.
  • Les retraits ont fait suite à des projets de normes exigeant l’arrêt de la mise en valeur de nouveaux champs de pétrole et de gaz.
  • SBTi a « suspendu » les travaux sur les normes pétrolières et gazières et nie tout lien avec les départs de l’industrie.

Shell et d’autres groupes énergétiques de premier plan auraient abandonné leurs efforts de six ans pour établir une stratégie globale de zéro émission nette, selon un rapport du Financial Times publié mardi.

La décision d’abandonner cette initiative ambitieuse découle de la prise de conscience qu’une telle norme nécessiterait un arrêt complet du développement de nouveaux champs pétroliers et gaziers, une condition jugée irréalisable par ces géants de l’industrie.

Ce retrait souligne l’immense défi et les tensions inhérentes auxquelles sont confrontées les grandes sociétés énergétiques alors qu’elles naviguent vers un avenir à faibles émissions de carbone.

Bien que de nombreux participants se soient publiquement engagés à atteindre des objectifs de carboneutralité, les implications pratiques de la réalisation de ces objectifs, en particulier en ce qui concerne l’exploration et la production continues de combustibles fossiles, semblent être un point de discorde majeur.

Le rapport suggère que la norme de neutralité carbone proposée, telle qu’envisagée par ceux qui font pression pour des normes environnementales plus strictes, redéfinirait fondamentalement le modèle d’affaires de base de ces entreprises, les obligeant à s’éloigner radicalement de leurs opérations traditionnelles.

Débat en cours

La décision de Shell et de ses pairs a mis en évidence le débat en cours au sein du secteur de l’énergie et entre les décideurs politiques sur le rythme et la faisabilité de la transition énergétique.

Cela soulève des questions sur la mesure dans laquelle les entreprises énergétiques établies sont disposées ou capables de désinvestir des combustibles fossiles, même face à la pression croissante pour lutter contre le changement climatique.

L’abandon de cet effort de six ans suggère un obstacle important à l’alignement des stratégies d’entreprise sur les objectifs climatiques plus ambitieux préconisés par les groupes environnementaux et certains gouvernements.

Depuis la fin de l’année dernière, Shell, le norvégien Aker BP et le canadien Enbridge se sont tous retirés du groupe consultatif d’experts de l’initiative Science-Based Targets, selon le rapport du FT.

L’initiative SBTi

L’initiative Science-Based Targets (SBTi) est une organisation cruciale qui évalue les objectifs climatiques des entreprises.

En mars, la SBTi a introduit de nouvelles lignes directrices visant à aider les entreprises à élaborer des plans plus solides et plus efficaces pour réduire leurs émissions.

Ces règles proposées sont conçues pour améliorer la qualité et l’ambition des objectifs climatiques des entreprises, en veillant à ce qu’ils s’alignent sur les dernières données scientifiques sur le climat et contribuent de manière significative aux efforts mondiaux de décarbonisation.

Le travail de la SBTi est essentiel pour favoriser la responsabilisation des entreprises et la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Selon le projet de normes examiné par le Financial Times, les entreprises étaient tenues de cesser de développer de nouveaux champs pétroliers et gaziers lors de la soumission d’un plan climatique ou d’ici la fin de 2027, selon la première éventualité. Par conséquent, ces entreprises se sont retirées de l’initiative.

Invoquant des « considérations de capacité », l’initiative a « interrompu » les travaux sur la norme sur le pétrole et le gaz.

Selon le rapport, l’initiative a nié tout lien entre cette pause et les départs des membres de l’industrie pétrolière et gazière, qualifiant ces affirmations de « sans fondement dans la réalité ».

Shell a informé le Financial Times que son expert s’était retiré en raison d’un projet de norme qui « ne reflétait pas le point de vue de l’industrie de manière substantielle ».

De même, Aker BP a déclaré au journal qu’il avait quitté le comité consultatif, invoquant une influence « limitée » sur la norme.