Le déficit commercial du Canada se creuse à 5,9 milliards de dollars canadiens en juin en raison de l’importation ponctuelle d’équipement pétrolier des États-Unis

Le déficit commercial du Canada se creuse à 5,9 milliards de dollars canadiens en juin en raison de l’importation ponctuelle d’équipement pétrolier des États-Unis
Noris Soto
05 août 2025, 16:37 PM
  • Le déficit commercial du Canada s’est creusé pour s’établir à 5,9 milliards de dollars canadiens en juin, soit le deuxième plus haut niveau jamais enregistré, en raison d’une importation ponctuelle de pétrole.
  • La valeur des exportations a augmenté de 0,9 % en raison de la hausse des prix du brut, mais les volumes ont diminué de 0,4 %, ce qui témoigne d’un ralentissement de la dynamique.
  • Les tarifs douaniers américains et la baisse des exportations vers les marchés autres que les États-Unis ont pesé sur la balance commerciale du Canada.

Le déficit commercial du Canada au titre des biens a considérablement augmenté pour s’établir à 5,9 milliards de dollars canadiens (4,24 milliards de dollars) en juin, les importations ayant dépassé les exportations, en raison d’une importation ponctuelle de matériel pétrolier de grande valeur en provenance des États-Unis.

Statistique Canada a dévoilé les chiffres mardi, révélant le deuxième plus important déséquilibre commercial mensuel jamais enregistré. Ce n’est qu’en avril 2025 que le déséquilibre s’est accentué, le déficit ayant atteint un niveau record de 7,6 milliards de dollars canadiens.

Les analystes ont prédit que le déficit de juin serait de 6,3 milliards $ CA, en hausse par rapport à 5,5 milliards $ CA en mai, qui avait été révisé à la baisse.

Même si les tensions énergétiques mondiales ont brièvement stimulé les exportations canadiennes, les chiffres montrent néanmoins une détérioration de la situation commerciale.

Les importations rebondissent après trois mois de fléchissement

En juin, les importations totales ont augmenté de 1,4 % pour atteindre 67,6 milliards de dollars canadiens, après une baisse de 1,6 % le mois précédent. Néanmoins, sans l’importation de modules pétroliers uniques, les importations ont diminué de 1,9 %.

Les importations industrielles bondissent à l’arrière d’un module, importé par les États-Unis pour un projet pétrolier offshore, avec une hausse de 10 % des importations globales, qui ont gagné après 3 mois de baisse.

Les importations en provenance des États-Unis, en particulier, ont augmenté de 2,6 %, reflétant les mêmes achats liés au pétrole.

Toutefois, si l’on fait abstraction de cette distorsion, la tendance générale du nombre d’importations indique soit une baisse de la demande dans l’économie nationale, soit un changement dans les dispositions de la chaîne d’approvisionnement.

Les exportations augmentent en valeur, mais diminuent en volume

Les exportations du Canada ont augmenté de 0,9 % pour atteindre 61,74 milliards de dollars canadiens, ce qui représente une deuxième hausse mensuelle consécutive après une hausse de 2 % en mai.

Cette hausse est principalement due à une augmentation de la valeur des exportations de pétrole brut, alors que les tensions au Moyen-Orient ont fait grimper les prix mondiaux du pétrole en juin.

Cependant, le volume des exportations a diminué de 0,4 %, ce qui montre que la hausse de la valeur des exportations était uniquement attribuable à la hausse des prix plutôt qu’à l’augmentation des expéditions.

La baisse sous-jacente des volumes d’exportation remet en question la durabilité des récentes améliorations favorables.

Le commerce avec les États-Unis reste sous pression

Malgré les bons résultats mensuels des exportations vers les États-Unis (en hausse de 3,1 % en juin en raison des exportations de pétrole brut), les liens commerciaux restent tendus.

En glissement annuel, les exportations vers les États-Unis ont chuté de 12,5 %, ce qui indique l’impact plus large de la hausse des droits de douane.

Autre facteur de pression, en août, le président américain Donald Trump s’est engagé à passer de 25 % de droits de douane sur les produits canadiens incriminés qui enfreignent l’accord de libre-échange à 35 %.

En raison de leur importance politique et économique, les secteurs canadiens, de l’acier et de l’aluminium en passant par l’automobile, ont été frappés par des tarifs américains sélectifs qui ont incité les exportateurs à se tourner vers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Indo-Pacifique.

Cependant, les exportations en dehors des États-Unis ont chuté de 4,1 % en juin, la première baisse d’un mois à l’autre depuis février, après un sommet record en mai.

Cela signifie que différents marchés n’ont pas encore comblé ce qui a été perdu avec le plus grand partenaire commercial du Canada.

Réaction du marché modérée mais prudente

Le dollar canadien a reculé de 0,2 % à 1,3804 par rapport au dollar américain, ou 72,44 cents.

Pendant ce temps, les rendements des obligations du gouvernement canadien à deux ans ont bondi de 0,6 point de base pour s’établir à 2,703 %.

La combinaison des vents contraires tarifaires, de l’évolution de la dynamique commerciale et de l’impact des importations ponctuelles complique le tableau commercial global.

Alors que les chiffres globaux suggèrent un déficit croissant, les données sous-jacentes révèlent des problèmes structurels plus profonds qui pourraient continuer à se manifester dans les mois à venir.