Pékin impose des droits élevés sur le canola canadien dans le cadre d’un différend commercial

  • La Chine a imposé un droit antidumping de 75,8 % sur les importations de canola canadien, aggravant un différend commercial qui dure depuis un an.
  • Cette décision fait suite aux tarifs douaniers sur les véhicules électriques au Canada et signale une position plus dure de Pékin, ce qui aura un impact sur les agriculteurs canadiens.
  • La Chine, le principal importateur de canola, s’approvisionne presque entièrement au Canada ; L’Australie pourrait en bénéficier.

Pékin a intensifié son différend commercial avec Ottawa, mardi, en annonçant l’imposition de droits antidumping préliminaires sur les importations de canola canadien.

Cette décision marque un développement important dans un désaccord économique d’un an qui a débuté en août dernier lorsque le Canada a mis en place des tarifs sur les importations de véhicules électriques chinois.

L’imposition de droits sur le canola, un important produit d’exportation agricole canadien, signale un durcissement de la position de la Chine et devrait avoir des répercussions considérables sur les agriculteurs canadiens et le marché agricole mondial.

Cette action pourrait être une mesure de représailles, intensifiant encore les liens diplomatiques et économiques déjà tendus entre les deux pays, a déclaré Reuters dans un rapport.

Le communiqué de la Chine a indiqué que le taux provisoire sera de 75,8 %, à partir de jeudi, selon le rapport.

Importance du canola pour la Chine

La Chine est le principal importateur mondial de canola, une culture polyvalente également largement reconnue comme le colza.

Le canola joue un rôle important dans l’économie chinoise, principalement en raison de son utilisation dans les huiles comestibles, les aliments pour animaux et diverses applications industrielles.

Fait remarquable, la grande majorité, voire la quasi-totalité, de l’approvisionnement en canola de la Chine provient du Canada. Les prairies canadiennes, avec leurs terres fertiles et leurs conditions climatiques idéales, sont particulièrement propices à la culture du canola de haute qualité, ce qui permet au Canada de répondre à la demande substantielle de la Chine.

Le commerce vigoureux du canola entre ces deux pays met en évidence une interaction complexe entre les capacités de production agricole, les demandes économiques et la dynamique du commerce international.

Un négociant en oléagineux basé à Singapour a été cité dans le rapport :

Les contrats à terme sur le tourteau de colza de Zhengzhou, les plus actifs en Chine, ont connu leur plus forte baisse quotidienne depuis le 26 juin, avec une baisse de 3 %.

Changement d’orientation politique

Ce changement de politique indique un changement dans l’approche de la Chine à l’égard du Canada.

Cela contraste fortement avec la position conciliante adoptée précédemment par le premier ministre Li Qiang, qui, lors d’un appel téléphonique avec le premier ministre Mark Carney, a minimisé tout conflit d’intérêts important.

La nouvelle politique suggère une position plus affirmée ou moins compromettante de la part de la Chine, s’éloignant des efforts précédents pour apaiser les tensions.

"Cette décision... exercera une pression supplémentaire sur le gouvernement canadien pour régler les frictions commerciales avec la Chine", a déclaré à Reuters Even Rogers Pay, analyste de l’agriculture chez Trivium China.

Pendant ce temps, l’Australie devrait en bénéficier considérablement, car elle semble prête à retrouver l’accès au marché chinois.

Après un gel de plusieurs années des relations commerciales, la perspective de cargaisons d’essai cette année signale un dégel. Il s’agit d’une occasion cruciale pour l’Australie de revitaliser ses exportations vers la Chine, ce qui pourrait stimuler son économie et renforcer ses liens bilatéraux, selon M. Pay.

En 2023, l’année précédant le début de l’enquête, les exportations canadiennes de canola vers la Chine ont atteint un total de 5,0 milliards de dollars canadiens (3,63 milliards de dollars américains).

Par ailleurs, la Chine a ouvert une enquête antidumping concernant l’amidon de pois importé du Canada. Cette enquête devrait durer un an, avec la possibilité d’une prolongation de six mois, selon un communiqué officiel.