Des billets d’avion à l’épicerie : le choc des prix de l’été fait grimper l’inflation de juillet au Royaume-Uni à 3,8 %

Des billets d’avion à l’épicerie : le choc des prix de l’été fait grimper l’inflation de juillet au Royaume-Uni à 3,8 %
Deepali Singh
20 août 2025, 10:05 AM
  • L’inflation au Royaume-Uni a bondi de manière inattendue à 3,8 % en juillet, défiant les prévisions.
  • Une forte augmentation des tarifs aériens a été le principal moteur de la hausse de l’inflation.
  • Les données chaudes diminuent la probabilité d’une nouvelle baisse des taux de la Banque d’Angleterre.

Une mauvaise surprise estivale a porté un coup dur à l’économie britannique, comme l’ont révélé mercredi des données officielles.

L’inflation au Royaume-Uni s’est accélérée de manière inattendue en juillet, alimentant de nouvelles craintes concernant le coût de la vie et anéantissant les espoirs d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt cette année de la part de la Banque d’Angleterre.

Le taux d’inflation annuel a atteint 3,8 %, plus élevé que prévu, selon l’Office for National Statistics (ONS), dépassant les 3,7 % anticipés par les économistes interrogés par Reuters.

Cette lecture marque une sombre accélération par rapport aux 3,6 % enregistrés en juin et pousse l’indice des prix à la consommation à son taux annuel le plus élevé depuis le début de l’année dernière.

Des billets d’avion à l’épicerie : les moteurs de la flambée des prix

Les moteurs de cette poussée inflationniste se sont fait sentir dans le portefeuille des Britanniques ordinaires. Grant Fitzner, économiste en chef de l’ONS, a identifié le principal coupable.

« Le principal facteur en est la forte augmentation des tarifs aériens, la plus forte hausse en juillet depuis que la perception des tarifs aériens est passée de trimestrielle à mensuelle en 2001. Cette augmentation est probablement due au calendrier des vacances scolaires de cette année », a-t-il commenté.

Mais la douleur ne s’est pas arrêtée à la porte d’embarquement.

"Les prix de l’essence et du diesel ont également augmenté ce mois-ci, contre une baisse à la même époque l’année dernière. L’inflation des prix des denrées alimentaires continue de grimper, avec des produits tels que le café, le jus d’orange frais, la viande et le chocolat qui connaissent les plus fortes hausses", a-t-il ajouté.

L’inflation sous-jacente, qui exclut ces éléments volatils, a également augmenté à 3,8 %, signalant que les pressions sur les prix s’enracinent de plus en plus.

Les données ont suscité une réponse rapide de la part du gouvernement, la chancelière britannique Rachel Reeves reconnaissant qu’il restait encore du travail à faire.

« Nous avons pris les décisions nécessaires pour stabiliser les finances publiques, et nous sommes loin de l’inflation à deux chiffres que nous avons vue sous le gouvernement précédent, mais il reste encore beaucoup à faire », a-t-elle déclaré en réponse aux chiffres de la matinée.

Le funambule de la Banque d’Angleterre

Ce dernier rapport a jeté une clé majeure dans le délicat exercice d’équilibre de la Banque d’Angleterre.

La banque centrale a récemment voté par une marge très mince de 5-4 pour réduire les taux d’intérêt à 4 %, et ces nouvelles données rendent tout nouvel assouplissement beaucoup plus difficile.

Le signal le plus inquiétant pour les décideurs politiques est la hausse incessante de l’inflation des services, qui a grimpé à 5 % en juillet. Ce chiffre est considéré comme un indicateur clé des pressions persistantes sur les prix intérieurs, entraînées par la hausse des salaires.

La réaction du marché a été immédiate, les analystes déclarant que la possibilité d’une autre baisse des taux cette année était pratiquement morte.

James Sproule, économiste en chef pour le Royaume-Uni chez Handelsbanken, a déclaré à l’émission Squawk Box Europe de CNBC :

La route se rétrécit à 2 %

Malgré les sombres chiffres de juillet, la Banque d’Angleterre prévoit toujours que l’inflation pourrait culminer à 4 % en septembre avant d’entamer un lent repli jusqu’en 2026.

Les experts de la Deutsche Bank s’accordent à dire que la Grande-Bretagne est « à un peu » de ce pic de 4 %, mais ils voient un chemin long et difficile à parcourir.