Les banques canadiennes voient leurs provisions pour pertes sur prêts s’atténuer à mesure que les craintes commerciales s’apaisent

Les banques canadiennes voient leurs provisions pour pertes sur prêts s’atténuer à mesure que les craintes commerciales s’apaisent
Noris Soto
25 août 2025, 15:34 PM
  • Les provisions pour pertes sur prêts devraient diminuer à 5,22 G$ CA au T3, contre 6,37 G$ CA.
  • L’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada et les exemptions tarifaires ont réduit les risques de crédit attendus.
  • La solidité des positions de capital, les rachats d’actions et l’expansion aux États-Unis restent les principaux moteurs de la faible croissance des prêts intérieurs.

Les plus grandes banques canadiennes devraient annoncer une baisse des provisions pour pertes sur prêts au troisième trimestre, car l’impact des tarifs américains sur leurs portefeuilles de prêts devrait être moins sévère que prévu.

Selon les données de LSEG, les analystes prévoient que les six principaux prêteurs du pays mettront de côté environ 5,22 milliards de dollars canadiens, contre 6,37 milliards de dollars canadiens au trimestre précédent.

Cette baisse fait suite à plusieurs trimestres de hausse des provisions, les banques se préparant à d’éventuels défauts de paiement sur les prêts hypothécaires, les cartes de crédit et les prêts commerciaux liés au différend commercial en cours en Amérique du Nord.

Atténuation des pressions commerciales

Les craintes que des tarifs douaniers causent des dommages importants à l’économie canadienne se sont dissipées dans une certaine mesure au cours des derniers mois.

Les données du US Census Bureau indiquent que la valeur totale de 92 % des exportations canadiennes a atteint les marchés américains en franchise de droits de douane en juin, stimulée par les exemptions concernant l’Accord de libre-échange nord-américain.

Le premier ministre Mark Carney a également retiré certains tarifs de représailles du Canada contre les États-Unis, un geste vers une atmosphère commerciale moins combative.

Perspectives pour la saison des résultats

Les banques canadiennes commenceront à publier leurs résultats du troisième trimestre mardi, et la Banque de Montréal et la Banque de Nouvelle-Écosse devraient publier leurs résultats en premier.

Bien que les provisions pour pertes sur prêts pour la période devraient diminuer par rapport au trimestre précédent, les analystes préviennent que la croissance globale des prêts restera probablement modérée dans un contexte de faible demande de crédit.

Le revenu net d’intérêts, c’est-à-dire l’écart entre ce que les banques gagnent sur les prêts et ce qu’elles paient sur les dépôts, devrait augmenter entre 9,3 % et 57 %, ce qui constitue une source clé de rentabilité.

Parallèlement, les activités à honoraires telles que les marchés des capitaux et la gestion de patrimoine devraient apporter un soutien supplémentaire, reflétant l’activité et la demande soutenues des clients.

Leur performance du troisième trimestre pourrait donner le ton pour le reste de l’année, alors qu’ils équilibrent les mesures défensives avec des efforts de croissance ciblés.

Solidité et déploiement du capital

Les banques canadiennes sont très bien capitalisées par rapport aux normes mondiales, et cette solidité financière leur a permis une certaine souplesse dans la façon dont elles déploient les fonds excédentaires.

Comme le marché intérieur offre des possibilités de croissance limitées, les banques ont réactivé des rachats d’actions de 4 milliards de dollars canadiens au T3.

Les analystes espèrent obtenir des indications sur la façon dont les équipes de direction ont l’intention de déployer le capital pour atteindre les objectifs à moyen terme.

Cela pourrait se traduire par davantage de rachats, d’investissements aux États-Unis ou d’investissements dans des activités de gestion de patrimoine, où la demande reste saine.

La croissance limitée dans le pays stimule l’expansion aux États-Unis

Le marché canadien demeure sursaturé, ce qui fait en sorte qu’il est difficile pour les banques de réaliser une expansion nationale importante.

Par conséquent, ils se tournent de plus en plus vers le sud de la frontière pour trouver des opportunités.

Les investissements dans des entreprises et des plateformes de gestion de patrimoine aux États-Unis ont été essentiels à leurs plans, leur permettant de diversifier leurs activités loin du secteur canadien du prêt, qui connaît une croissance plus lente.

Bien que la croissance des prêts au Canada devrait rester modeste à court terme, la baisse des provisions indique que les banques espèrent prudemment que les conditions de crédit se normaliseront.

Les tensions commerciales se sont apaisées et les principaux prêteurs du pays disposent désormais de solides positions de capital pour les aider à gérer un climat difficile.