Les actions de Nissan chutent de 6 % après la vente de la participation de Mercedes-Benz

Les actions de Nissan chutent de 6 % après la vente de la participation de Mercedes-Benz
Vatsala Gaur
26 août 2025, 08:33 AM
  • Mercedes-Benz va vendre sa participation de 3,8 % dans Nissan, d’une valeur de 346 millions de dollars.
  • Les actions de Nissan ont chuté de 6 %, marquant la plus forte baisse en une journée depuis juillet.
  • Nissan continue de faire face à la pression des constructeurs automobiles chinois dans le segment des véhicules électriques, ainsi qu’aux tarifs américains.

Les actions de Nissan Motor Co. ont chuté d’environ 6 % mardi après que Mercedes-Benz a annoncé son intention de vendre sa participation d’environ 346 millions de dollars dans le constructeur automobile japonais, ajoutant une nouvelle pression sur une entreprise déjà aux prises avec de lourdes pertes et des ventes en baisse.

À 14 heures à Tokyo, les actions étaient en baisse de 5,98 % à 341 yens, en baisse par rapport à la clôture de lundi de 363 yens, ce qui les met sur la voie de leur plus forte baisse en une journée depuis début juillet.

La participation, qui représente 3,8 % de Nissan, devrait être vendue avec une décote allant jusqu’à 7 % par rapport au cours de clôture de lundi, selon une liste des conditions.

Le scepticisme des investisseurs s’intensifie face au redressement

La vente souligne le scepticisme croissant des investisseurs quant à la capacité de Nissan à mettre en œuvre une stratégie de redressement crédible.

La société a enregistré une perte de 535 millions de dollars pour le trimestre se terminant en juin, plombée par une demande plus faible sur ses principaux marchés américains et chinois, ainsi que par l’impact persistant des tarifs automobiles américains.

Le PDG Ivan Espinosa, qui a pris ses fonctions en avril, a promis des mesures de restructuration radicales visant à rétablir la rentabilité.

Le plan comprend la réduction de la capacité de production mondiale de 3,5 millions à 2,5 millions de véhicules d’ici l’exercice 2027, la réduction du nombre de sites de fabrication de 17 à 10 et la suppression de 11 000 emplois.

M. Espinosa a déclaré le mois dernier que Nissan en était encore aux premiers stades de la reprise, mais a souligné que les progrès réalisés dans les réductions de coûts étaient un signe que le plan commençait à prendre racine.

« La participation de Nissan n’a pas d’importance stratégique » : Mercedes-Benz

Mercedes-Benz a déclaré que la décision de se départir de la participation de Nissan, qui avait été placée dans ses actifs de retraite en 2016, faisait partie d’un nettoyage de portefeuille.

Un porte-parole de l’entreprise a souligné que la participation n’était pas stratégiquement significative, notant qu’elle ne représentait que 2,7 % du total des actifs de retraite du groupe, contre près de 93 % immobilisés dans Daimler Truck.

Nissan, pour sa part, a refusé de commenter la vente.

Le constructeur automobile japonais lui-même a cédé sa participation de 1,5 % dans Mercedes, puis Daimler AG, au début de 2021, alors qu’il s’efforçait de consolider ses finances dans un contexte de pertes croissantes.

Les droits de douane, la baisse des ventes et l’échec des négociations pèsent sur Nissan

La chute de l’action s’ajoute à la pression sur l’action de Nissan, qui a chuté de plus de 29 % depuis le début de l’année.

L’entreprise continue de faire face à la pression de la concurrence mondiale, en particulier des constructeurs automobiles chinois dans le segment des véhicules électriques, ainsi qu’à la fluctuation des politiques tarifaires américaines.

Alors que les droits de douane sur les automobiles japonaises ont été réduits en juillet, passant de 25 % à 15 %, ce qui constitue un soulagement temporaire, les perspectives du marché restent incertaines.

Les discussions de courte durée entre Nissan et Honda au sujet d’une éventuelle fusion qui aurait pu créer le troisième constructeur automobile mondial se sont effondrées plus tôt cette année, entamant davantage la confiance.

La patience des investisseurs s’épuisant, le défi d’Espinosa consiste maintenant à convaincre les marchés que Nissan peut stabiliser ses activités et soutenir efficacement la concurrence dans une industrie automobile mondiale en évolution rapide.