Qui est Stephen Miran ? Le candidat de Trump à la Fed cherche à être confirmé par le Sénat

Qui est Stephen Miran ? Le candidat de Trump à la Fed cherche à être confirmé par le Sénat
Devesh Kumar
04 sept. 2025, 15:51 PM
  • Stephen Miran, le principal conseiller économique de Trump, a été nommé au Conseil des gouverneurs de la Fed.
  • Stratège à l’origine de la politique tarifaire de Trump, il fait pression pour une plus grande influence de la Maison Blanche sur les décisions de la Fed.
  • Les critiques avertissent que sa position pourrait éroder l’indépendance de la Fed, suscitant des inquiétudes quant à l’influence politique.

Stephen Miran, économiste formé à Harvard et principal conseiller économique du président Donald Trump , doit maintenant être confirmé par le Sénat pour occuper un siège vacant au Conseil des gouverneurs de la Fed.

Sa nomination arrive à un moment tendu, alors que la Maison-Blanche fait pression pour avoir plus d’influence sur la politique monétaire et se heurte à la tradition d’indépendance de la Fed.

L’audience de la commission bancaire du Sénat le 4 septembre sera un indicateur important du soutien républicain à la poussée de Trump et pourrait remodeler l’équilibre des pouvoirs entre l’administration et la banque centrale.

Stephen Miran : le stratège derrière les tarifs douaniers de Trump

Stephen Miran, qui dirige le Conseil des conseillers économiques de la Maison-Blanche, est l’un des principaux moteurs de la stratégie économique de Trump depuis le début de 2024.

Il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la poussée tarifaire de l’administration, en s’appuyant sur l’International Emergency Economic Powers Act pour mettre en œuvre des hausses progressives visant à stimuler l’investissement intérieur et à protéger les industries américaines.

La position économique plus large de Stephen Miran appelle à un rôle présidentiel plus important dans l’orientation de la politique de la Fed, une rupture brutale avec l’indépendance de longue date de la banque centrale.

Son soutien tarifaire et sa volonté de contrôler plus étroitement la politique monétaire s’inscrivaient parfaitement dans le programme économique global de Trump.

Avant d’être choisi pour le siège de la Fed, Miran a construit son CV en occupant des postes dans des sociétés financières de premier plan et a travaillé au Trésor pendant la crise du COVID-19.

Dans ses écrits, il a plaidé en faveur de la limitation du pantouflage entre la Fed et la Maison-Blanche, de la réduction des mandats des gouverneurs pour donner plus d’influence au président, et même de la mise sous le contrôle du budget de la Fed par le Congrès.

Cette ligne dure sur l’indépendance de la Fed a suscité de nombreux débats, les critiques avertissant qu’elle pourrait ouvrir la porte à une ingérence politique dans les décisions sur les taux d’intérêt et la politique monétaire en général.

L’indépendance de la Fed face à un nouveau test

L’audience de confirmation de Stephen Miran au Sénat s’annonce houleuse.

Il a promis de s’en tenir au double mandat de la Fed, à savoir des prix stables et des emplois solides, mais les démocrates et un certain nombre d’économistes restent profondément inquiets de ses efforts passés pour freiner l’indépendance de la Fed.

La sénatrice Elizabeth Warren, la principale démocrate de la commission bancaire, a déjà signalé qu’elle ferait pression sur lui, avertissant que les efforts plus larges de Trump pour écarter l’actuel président de la Fed et d’autres gouverneurs risquaient de saper la neutralité politique de la banque centrale.

Miran devrait passer le Sénat avec le soutien des républicains, bien que quelques sénateurs républicains aient fait allusion à la nécessité de faire preuve de prudence pour protéger la crédibilité de la Fed.

S’il est confirmé, il restera en poste jusqu’en janvier 2026, une période qui couvrira les décisions relatives aux taux directeurs et la recherche du successeur à long terme de Jerome Powell.

Les observateurs du marché affirment que sa présence au conseil d’administration pourrait aider à accentuer la courbe des taux et donner à Trump une main plus directe dans l’orientation des débats politiques de la Fed.