L’Inde cherche à renforcer son alliance avec l’UE dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis

L’Inde cherche à renforcer son alliance avec l’UE dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis
Sayantan Sarkar
09 sept. 2025, 12:34 PM
  • L’Inde et l’UE mènent des négociations commerciales à New Delhi, dans le but de conclure un accord de fin d’année malgré les problèmes.
  • Les droits de douane américains de 50 % sur les produits indiens en raison du pétrole russe incitent l’Inde à rechercher de nouvelles alliances mondiales.
  • 11 des 23 chapitres sont terminés, mais des obstacles tels que le pétrole russe, la position agricole de l’Inde et la taxe carbone de l’UE persistent.

L’Inde et l’Union européenne sont engagées dans des négociations commerciales cruciales cette semaine à New Delhi, dans le but de combler les lacunes dans les domaines de l’agriculture, des produits laitiers et des barrières non tarifaires.

Les deux parties s’efforcent de parvenir à une date butoir ambitieuse pour la conclusion d’un accord global, selon un rapport de Reuters.

L’Inde cherche à renforcer ses alliances mondiales après que le président américain Donald Trump a augmenté les droits de douane sur les produits indiens à 50 % le mois dernier.

Cette décision, en réponse aux achats de pétrole de l’Inde à la Russie, a eu un impact négatif sur les exportations indiennes, notamment les textiles, le cuir et les produits chimiques.

Depuis la réélection de Trump, les négociations entamées en 2022 se sont intensifiées.

Poursuivre des partenariats

Bruxelles, confrontée aux droits de douane de Trump, a également accéléré la poursuite de ses partenariats commerciaux, finalisant des accords avec le Mexique et les pays sud-américains du Mercosur, et faisant avancer les discussions avec l’Inde, l’Indonésie et les Émirats arabes unis.

Un accord avec l’UE pourrait également renforcer les liens de l’Inde avec l’Occident.

Cela fait suite aux récentes inquiétudes concernant la visite du Premier ministre Narendra Modi en Chine pour un sommet auquel ont participé le président russe Vladimir Poutine et d’autres dirigeants.

Jusqu’à présent, 11 des 23 chapitres actuellement en cours de négociation ont été conclus, selon le rapport de Reuters.

Selon le rapport, ces chapitres finalisés englobent les douanes, le commerce numérique, la propriété intellectuelle, la concurrence, les subventions, le règlement des différends et les mesures anti-fraude.

Des obstacles persistent, car l’Inde n’est pas disposée à faire des concessions sur l’agriculture et les produits laitiers en raison de préoccupations pour les moyens de subsistance des agriculteurs.

À l’inverse, l’UE plaide en faveur d’un meilleur accès au marché indien pour les automobiles et les boissons alcoolisées.

Un responsable de l’UE a souligné dans le rapport les désaccords persistants concernant les règles d’origine, les normes de sécurité alimentaire, les obligations en matière de travail et d’environnement, et ce que Bruxelles perçoit comme des ordonnances indiennes de contrôle de la qualité qui restreignent le commerce par des barrières non tarifaires.

Achats de pétrole russe

En outre, Bruxelles fait pression sur New Delhi concernant ses achats de pétrole russe à prix réduit, ce qui, selon les responsables de l’UE, affaiblit les sanctions imposées à Moscou.

Bien qu’elle ne devrait pas être un sujet central, cette question pourrait éclipser les négociations et se heurter à l’opposition du Parlement européen, qui doit ratifier tout accord, selon des responsables de l’UE.

Des responsables de l’UE, dont le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen et le chef du commerce de l’UE Maros Sefcovic, doivent se rendre à Delhi plus tard cette semaine pour s’entretenir avec leurs homologues indiens.

Parallèlement, la commission politique et de sécurité de l’UE, présidée par Delphine Pronk et composée d’ambassadeurs des 27 États membres, doit se rendre en Inde du 10 au 14 septembre.

Leur itinéraire comprend des rencontres avec des représentants du gouvernement, des dirigeants de l’industrie de la défense et divers groupes de réflexion.

La taxe carbone aux frontières de l’UE, qui doit entrer en vigueur en 2026, est un autre point de discorde.

Cette taxe imposera des prélèvements sur les importations à forte intensité de carbone comme l’acier et l’aluminium.

Bruxelles défend sa politique climatique, tandis que les responsables indiens la décrivent comme une barrière commerciale cachée.

Les responsables de l’UE ont exprimé leur volonté de faire preuve de souplesse dans leur mise en œuvre afin d’apaiser les inquiétudes des petites et moyennes entreprises.