Les ventes au détail au Canada ont reculé de 0,8 % en juillet, mais un rebond est prévu en août

Les ventes au détail au Canada ont reculé de 0,8 % en juillet, mais un rebond est prévu en août
Noris Soto
19 sept. 2025, 17:23 PM
  • Les ventes au détail au Canada ont diminué de 0,8 % en juillet pour s’établir à 69,6 milliards de dollars canadiens, sous l’effet de baisses généralisées dans la plupart des catégories.
  • Les magasins de vêtements et les épiceries ont affiché la baisse la plus marquée, tandis que les concessionnaires de véhicules automobiles ont affiché la seule hausse.
  • Une estimation anticipée indique un rebond de 1 % en août, ce qui atténuera les craintes de récession.

Selon les données publiées vendredi par Statistique Canada, le secteur du commerce de détail au Canada a connu une baisse largement anticipée en juillet, les acheteurs se repliant dans la plupart des catégories.

Les ventes au détail ont diminué de 0,8 % pour s’établir à 69,6 milliards de dollars canadiens (50,36 milliards de dollars), ce qui a renversé la majeure partie de la hausse estimée de 1,6 % en juin.

Le ralentissement a été généralisé, les ventes ayant diminué dans huit des neuf sous-secteurs.

Les magasins de vêtements et d’accessoires ont connu la plus forte baisse, en baisse de 2,9 %, tandis que les magasins d’alimentation et d’épicerie ont reculé de 2,5 %.

Au total, les sous-secteurs dégressifs ont représenté 72,2 % de l’ensemble de l’activité du commerce de détail.

Exprimées en volume, qui excluent l’impact des hausses de prix, les ventes ont diminué de 0,8 %.

Cette baisse a montré la pression exercée sur les dépenses des ménages en raison de la hausse du coût de la vie et de la détérioration des conditions du marché du travail.

Les véhicules à moteur représentaient un rare point positif

Au milieu de la récession généralisée, une catégorie s’est démarquée.

Les ventes des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles, qui représentent plus de 27 % du total des ventes au détail, ont augmenté de 0,2 %.

En juillet, il a été le seul segment à enregistrer une croissance.

Les ventes au détail, excluant les véhicules automobiles et les pièces, ont diminué de 1,2 %, une baisse beaucoup plus importante que prévu par les analystes.

Les économistes interrogés par Reuters s’attendaient à une baisse de 0,7 %.

Cette baisse plus marquée que prévu souligne à quel point les dépenses des ménages restent sensibles à la hausse des coûts, en particulier dans les catégories discrétionnaires comme les vêtements, ainsi qu’aux réductions des achats essentiels comme l’épicerie.

Les analystes voient de la résilience à venir

Alors que les résultats de juillet indiquaient une baisse, les indicateurs prospectifs suggéraient un certain espoir.

Selon une estimation préliminaire de Statistique Canada, les ventes au détail devraient augmenter de 1 % en août.

Ces perspectives pourraient contribuer à apaiser les craintes concernant la trajectoire de l’économie.

Les ventes au détail représentent environ 40 % des dépenses de consommation, ce qui en fait une composante importante du PIB.

Après le déclin de l’économie canadienne au deuxième trimestre, un rebond de la demande des consommateurs au troisième trimestre réduirait la probabilité de contractions consécutives, ce qui est la définition technique d’une récession.

Shelly Kaushik, économiste principale chez BMO Marchés des capitaux, a souligné que les consommateurs canadiens ont fait preuve de résilience face aux défis économiques.

« Bien que les chiffres des ventes au détail de juillet aient été faibles, un mois d’août décent suggère que les consommateurs canadiens ne sont pas restés longtemps à terre », a ajouté l’économiste.

Selon M. Kaushik, « malgré l’incertitude commerciale persistante et la poursuite de l’affaiblissement du marché du travail, l’économie semble être sur la voie d’une reprise modeste au début du troisième trimestre ».

Implications économiques

La baisse de juillet a été globalement conforme aux attentes, les analystes interrogés par Reuters s’attendant à une baisse de 0,8 %.

Mais la baisse des ventes autres que les véhicules et pièces automobiles a été plus marquée et a mis en évidence la fragilité des dépenses des ménages.

Les décideurs politiques et les marchés financiers considéreront cela comme un indicateur précoce de la croissance au troisième trimestre.

Une confirmation de la lecture anticipée d’août représenterait un rebond suffisamment puissant pour signaler que l’économie évite une période de faiblesse plus importante.

Le fait que les ventes de véhicules automobiles soient le seul point positif met en évidence l’inégalité de la demande des consommateurs entre les secteurs.

Qu’est-ce qui nous attend ?

À l’avenir, la trajectoire des ventes au détail sera déterminante pour façonner les attentes à l’égard de la performance économique du Canada. Un rebond en août pourrait apaiser les craintes d’un ralentissement prolongé et soutenir les arguments en faveur d’une croissance modeste au troisième trimestre.

Néanmoins, la combinaison de l’incertitude commerciale, de la faiblesse du marché du travail et des coûts élevés pour les consommateurs reste un frein aux dépenses.

Les ventes au détail servant d’indicateur avancé du PIB, une nouvelle volatilité mensuelle est susceptible d’influencer les prévisions quant à savoir si le Canada peut maintenir son élan ou risquer de sombrer dans une récession.