Les responsables de la santé du Royaume-Uni ripostent après que Trump ait lié le Tylenol à l’autisme

Les responsables de la santé du Royaume-Uni ripostent après que Trump ait lié le Tylenol à l’autisme
Diya Poddar
23 sept. 2025, 13:38 PM
  • La MHRA a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’un lien entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme.
  • Trump a fait ces commentaires aux côtés du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., un critique de la médecine traditionnelle.
  • L’incident survient alors que Streeting est considéré comme un successeur potentiel au milieu des défis politiques de Starmer.

Le gouvernement britannique a vivement réfuté les affirmations du président américain Donald Trump liant l’utilisation du paracétamol pendant la grossesse à l’autisme.

Lors d’un événement à la Maison Blanche lundi, Trump a exhorté les femmes enceintes à éviter l’analgésique, connu aux États-Unis sous le nom de Tylenol, malgré le manque de preuves médicales à l’appui.

Ses remarques, faites aux côtés du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., ont déclenché des réponses rapides de la part des responsables britanniques et des régulateurs de la santé, qui ont averti qu’ignorer les conseils médicaux établis pourrait nuire aux enfants à naître.

Le gouvernement britannique met l’accent sur les preuves médicales

Le secrétaire à la Santé, Wes Streeting, a directement abordé la question dans une interview accordée à ITV mardi, demandant aux patients britanniques de ne pas tenir compte des remarques de Trump.

Il a souligné que les conseils médicaux des médecins et des professionnels de la santé restent inchangés, le paracétamol étant considéré comme sûr pour une utilisation pendant la grossesse lorsqu’il est pris conformément aux instructions.

L’intervention de Streeting est remarquable car l’administration du Premier ministre Keir Starmer a largement évité les critiques directes du président américain au cours de son second mandat.

Cette modération s’est manifestée dans des domaines politiques sensibles, notamment les droits de douane et la guerre en Ukraine.

Ses commentaires constituent maintenant l’un des défis les plus évidents aux déclarations de Trump de la part d’un ministre britannique de premier plan.

Le régulateur des médicaments met en garde contre les risques

L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA), l’organisme officiel de réglementation des médicaments du Royaume-Uni, a également publié une déclaration mardi.

Il a souligné qu’il n’y a « aucune preuve que la prise de paracétamol pendant la grossesse provoque l’autisme chez les enfants ».

Le régulateur a averti que suivre les conseils de Trump pourrait mettre en danger les mères et les bébés à naître, car les fortes fièvres et les douleurs non traitées peuvent elles-mêmes entraîner des complications.

En réaffirmant le profil d’innocuité du paracétamol, la MHRA a cherché à apporter de la clarté à un moment où les patients pouvaient être confrontés à la confusion due à des commentaires internationaux contradictoires.

Contexte politique en Grande-Bretagne

Les remarques de Streeting ont également été interprétées à travers le prisme de la politique intérieure britannique.

En tant que principal porte-parole du gouvernement en matière de santé, ses paroles avaient un poids considérable, mais elles sont également intervenues à un moment où le Premier ministre Starmer faisait face à des turbulences politiques.

Dans cet environnement, Streeting est considéré par beaucoup comme un successeur potentiel si les questions de leadership s’intensifient.

Bien que l’objectif principal de ses commentaires ait été de renforcer les conseils médicaux, l’intervention a inévitablement attiré l’attention sur sa notoriété croissante.

Les remarques de Trump suscitent un débat plus large

Lors de l’événement à la Maison-Blanche où les commentaires ont été faits, Trump est apparu aux côtés de Robert F. Kennedy Jr., un éminent critique de la médecine traditionnelle.

Trump a suggéré que les femmes devraient « résister à la fièvre » plutôt que de compter sur l’acétaminophène, l’ingrédient actif du Tylenol.

Sa déclaration fait écho à des différends de longue date sur le rôle de certains médicaments dans la grossesse, bien que la recherche dominante n’ait pas trouvé de lien de causalité avec l’autisme.

La controverse met en évidence les défis auxquels sont confrontées les autorités sanitaires aux États-Unis et au Royaume-Uni lorsque la science médicale est impliquée dans les débats politiques.

Pour la Grande-Bretagne, où le paracétamol est l’un des médicaments en vente libre les plus utilisés, la réponse immédiate du secrétaire à la Santé et de la MHRA reflète une détermination à maintenir la confiance du public dans les directives médicales officielles.