L’économie canadienne affiche une croissance de 0,2 % en juillet, ce qui atténue les craintes de récession

L’économie canadienne affiche une croissance de 0,2 % en juillet, ce qui atténue les craintes de récession
Noris Soto
26 sept. 2025, 16:02 PM
  • L’économie canadienne a mis fin à une période de ralentissement de trois mois en juillet, alors que le PIB a légèrement augmenté en raison des gains dans les secteurs minier et manufacturier.
  • Les données préliminaires montrent que le mois d’août s’est arrêté, la croissance des services étant compensée par la faiblesse du secteur de la production de biens.
  • Les tensions commerciales et les tarifs douaniers aux États-Unis continuent de peser sur l’investissement, ce qui fragilise les perspectives de reprise.

Le Canada a annoncé mardi que le produit intérieur brut avait augmenté de 0,2 % par mois en juillet, mettant fin à une série de trois mois de baisse et apaisant certaines craintes des décideurs politiques et des entreprises concernant une récession imminente.

Les données publiées vendredi ont montré que l’exploitation minière, la fabrication et le commerce de gros avaient tous progressé pour stimuler le rebond.

Cela fait suite à une baisse annualisée de 1,6 % de l’économie au deuxième trimestre, soulevant le spectre qu’une contraction supplémentaire pourrait pousser le pays dans une récession technique.

Les données de juillet avaient été surveillées de près par les économistes qui tentaient de déterminer si le Canada était en bonne position ou s’il se dirigeait vers deux trimestres consécutifs de croissance négative.

Les perspectives d’août indiquent une stagnation

Bien que la performance de juillet laisse entrevoir une légère amélioration, l’estimation préliminaire de Statistique Canada pour août indique une croissance stable.

L’agence a averti que l’augmentation du nombre d’entreprises productrices de services devrait être contrebalancée par une baisse dans les secteurs producteurs de biens. L’estimation est toutefois sujette à révision et pourrait être modifiée dès que les données définitives seront disponibles.

Malgré les incertitudes, les prévisions suggèrent que le Canada évitera de justesse une autre contraction, laissant l’économie dans une position vulnérable à l’approche de l’automne.

Les analystes interrogés par Reuters prévoyaient une croissance de 0,1 % en juillet après une contraction de 0,1 % en juin, de sorte que l’augmentation réelle de 0,2 % était une petite surprise positive.

Les perturbations commerciales pèsent sur la croissance

La reprise intervient dans un contexte de turbulences commerciales. Les tarifs imposés par les États-Unis à des industries clés de l’économie canadienne ont ralenti l’économie, qui a commencé l’année sur des bases plus solides.

Les perturbations commerciales et les tarifs douaniers ont déjà pesé sur les investissements des entreprises, et la Banque du Canada a prévenu qu’ils pourraient bientôt commencer à se répercuter sur d’autres secteurs de l’économie.

Les données de juillet ont été encourageantes dans les secteurs producteurs de biens qui représentent environ le quart du PIB mensuel. Il s’agit de la première hausse mensuelle du secteur en quatre mois, ce qui a contribué à contrebalancer les faibles performances du commerce de détail et des autres activités en contact direct avec les consommateurs, et a augmenté de 0,6 % en juillet.

Les secteurs minier et manufacturier dominent les hausses

Les industries à forte intensité de ressources ont contribué le plus à la croissance. Les secteurs de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz ont augmenté de 1,4 %, ce qui a entraîné la plus importante hausse du PIB.

Le secteur manufacturier, qui représente environ un dixième du PIB et est particulièrement exposé aux politiques commerciales américaines, a progressé de 0,7 %. Il s’agit de son deuxième taux de croissance le plus rapide.

Le secteur des services, qui représente environ les trois quarts du PIB, n’a progressé que de 0,1 %. Le commerce de gros, le transport et l’entreposage ont tous augmenté de 0,6 %, ce qui a contribué à stimuler le secteur des services de l’économie.

Transports, immobilier apportent un soutien

Le transport et l’entreposage, qui se sont contractés de 0,7 % en juin, ont augmenté de 1,5 %, tandis que le transport par pipeline a grimpé de 2,8 %. Selon Statistique Canada, il s’agit de la plus forte augmentation mensuelle dans le sous-secteur depuis septembre 2022.

La hausse de l’activité dans les secteurs de l’immobilier et des services de location et de location à bail s’est établie à 0,3 % en juillet, ce qui représente le niveau le plus élevé jamais enregistré pour un deuxième mois consécutif.

Cette hausse est principalement attribuable à la hausse de l’activité dans les bureaux d’agents et de courtiers immobiliers, ce qui indique une vigueur persistante dans la catégorie des services liés au logement.

Le commerce de détail recule

Tous les secteurs n’ont pas bénéficié de cette reprise. Le commerce de détail a connu la plus forte baisse ce mois-ci, de 1 %, après une forte expansion en juin.

Le ralentissement a mis en évidence la nature inégale de la reprise au Canada et les obstacles persistants aux dépenses de consommation.

Dans l’ensemble, la croissance de juillet a apporté un certain soulagement aux craintes de récession, mais les perspectives restent assombries par les tensions commerciales et la faiblesse des investissements.

L’économie montre toujours des signes de pression en raison des droits de douane américains, et les projections modestes pour août soulignent la fragilité de la reprise.

Étant donné que les industries productrices de biens ont été à l’origine de la reprise en juillet et que les services n’ont offert qu’une aide limitée, la trajectoire de développement du Canada semble inégale.

La capacité de l’économie à maintenir son élan au troisième trimestre sera essentielle pour éviter une récession technique.