Le Premier ministre indien Modi participera virtuellement au sommet de l’ASEAN alors que les tensions commerciales et énergétiques persistent

Le Premier ministre indien Modi participera virtuellement au sommet de l’ASEAN alors que les tensions commerciales et énergétiques persistent
Diya Poddar
23 oct. 2025, 09:18 AM
  • La décision élimine la possibilité d’une rencontre bilatérale Modi-Trump.
  • Les tensions commerciales entre l’Inde et les États-Unis persistent dans un contexte d’imposition de droits de douane de 50 % sur les exportations indiennes.
  • Les importations de pétrole russe restent un point de friction dans la politique de Washington.

L’Inde assistera virtuellement au 47e sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) à Kuala Lumpur, une décision qui souligne l’évolution de la diplomatie régionale et le poids croissant des pressions commerciales.

Le Premier ministre Narendra Modi a informé le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim de sa décision de se joindre en ligne alors que les festivités de Diwali se poursuivent en Inde.

Bien que cela puisse sembler être un choix de calendrier, cela survient à un moment crucial où les relations de New Delhi avec les États-Unis sont confrontées à des frictions sur les tarifs douaniers et les importations d’énergie en provenance de Russie.

Les célébrations de Diwali coïncident avec une diplomatie à enjeux élevés

Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a confirmé via Facebook que Modi participerait au sommet à distance. Il a déclaré que la décision de Modi était liée aux célébrations de Diwali en cours. Dans son message sur Facebook, il a également adressé ses vœux festifs à l’Inde.

Modi a pris acte de la conversation sur X, déclarant qu’il attendait avec impatience les discussions.

Le 47e sommet de l’ASEAN à Kuala Lumpur, qui se tiendra du 26 au 28 octobre, réunira les dix États membres de l’ASEAN ainsi que des partenaires clés, dont les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Inde.

La présence virtuelle de Modi exclut toutefois toute possibilité de rencontre en face à face avec le président américain Donald Trump, qui devrait également y assister.

Les tensions commerciales pèsent sur les relations entre l’Inde et les États-Unis

La décision de l’Inde intervient dans un contexte de tensions économiques accrues avec les États-Unis.

Washington a imposé des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur les exportations indiennes, invoquant des inquiétudes concernant les achats continus de pétrole russe par New Delhi.

Trump a récemment déclaré qu’il s’était entretenu avec Modi, qui a « assuré » que l’Inde réduirait ses importations en provenance de Moscou. Cependant, le gouvernement indien n’a pas donné de confirmation.

Les mesures tarifaires ont tendu les liens entre les deux pays, mettant fin à plusieurs années de coopération commerciale croissante.

Selon les rapports, les cadres supérieurs des sociétés de raffinage indiennes estiment que les nouvelles restrictions américaines sur les producteurs de pétrole russes rendraient les transactions futures presque impossibles.

Ces développements ont forcé l’Inde à peser les avantages économiques du maintien des importations de pétrole russe par rapport au risque d’escalade des barrières commerciales avec les États-Unis.

Dans les coulisses, des représentants des deux pays négocient un éventuel accord commercial visant à assouplir les tarifs douaniers et à rétablir des conditions commerciales normales.

Bloomberg a rapporté que les discussions progressaient bien, sans différences majeures entre les deux parties. Pourtant, la participation virtuelle de Modi suggère que toute annonce finale pourrait être reportée après le sommet.

La diplomatie régionale entre dans une phase délicate

La participation virtuelle de l’Inde remodèle également son engagement avec l’ASEAN. Traditionnellement, l’Inde a donné la priorité à la diplomatie en personne lors de ces rassemblements afin de renforcer ses partenariats stratégiques et économiques en Asie du Sud-Est.

En choisissant une présence en ligne cette fois-ci, l’Inde signale une approche plus calibrée, évitant peut-être l’optique d’une confrontation directe sur des questions controversées de commerce et d’énergie.

La Malaisie, quant à elle, a réaffirmé son engagement à approfondir la coopération avec l’Inde dans les domaines du commerce, de l’éducation, de la technologie et de la sécurité.

Les deux pays entretiennent des liens de longue date dans le cadre ASEAN-Inde, qui met l’accent sur l’intégration régionale et la connectivité.

Selon les médias indiens, le ministre des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, pourrait représenter l’Inde en personne au sommet, garantissant ainsi que New Delhi conserve sa visibilité dans les dialogues régionaux malgré l’absence physique de Modi.

Ce qui attend l’Inde dans les domaines du commerce et de l’énergie

La participation de l’Inde au sommet, bien que virtuelle, lui permet de rester engagée dans des discussions qui influencent la stabilité régionale, les flux d’énergie et la politique commerciale mondiale.

Cependant, l’absence de dialogue en tête-à-tête entre Modi et Trump signifie que des percées significatives dans les négociations commerciales pourraient être retardées.

Alors que Washington renforce les sanctions sur le pétrole russe et exhorte ses alliés à réduire leurs importations, l’équilibre de l’Inde entre pragmatisme économique et alignement diplomatique se poursuit.

La prochaine phase des négociations entre l’Inde et les États-Unis pourrait déterminer comment New Delhi gère à la fois sa sécurité énergétique et son accès aux marchés occidentaux.

Alors que le sommet se déroule, le choix de l’Inde pour une diplomatie virtuelle reflète l’intersection complexe entre les priorités nationales, les tensions commerciales mondiales et l’évolution des alliances dans la région indo-pacifique.