L'inflation britannique a surpris, mais le vrai choc reste à venir
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Acheter des gilts 2 ans UK. L'IPC de juin a ralenti plus que prévu, réduisant les probabilités d'une hausse des taux en juillet ; le marché dispose désormais d'un « répit » avant que l'augmentation du plafond tarifaire de l'énergie en juillet ne se répercute. Les durations courtes devraient se repricer plus rapidement en vue de la prochaine décision de la Banque d'Angleterre.
Risque clé : L'inflation des services reste tenace (3.7%+) et contraint la Banque d'Angleterre à relever ses taux en juillet malgré tout, écrasant le rallye des gilts.
Vendre les actions énergétiques britanniques lourdes (par ex. Shell/ BP) et acheter des valeurs sensibles aux taux et exposées au marché domestique (par ex. promoteurs immobiliers/commerce de détail UK). La baisse globale s'explique principalement par le soulagement lié à l'essence/transports, mais le prochain choc est la hausse de 13.5% du plafond tarifaire de l'énergie ; cela tend à peser sur la demande des ménages et à maintenir la politique monétaire restrictive. Les actions énergétiques font aussi face à une nouvelle volatilité du brut si le risque Moyen‑Orient revient.
Risque clé : Le brut reste faible et le choc du plafond tarifaire de l'énergie ne se traduit pas par une hausse de l'inflation, permettant aux valeurs énergétiques de rebondir tandis que les valeurs sensibles aux taux restent à la traîne.
- L'inflation britannique ralentit à 2.6%, dépassant les prévisions d'une baisse plus réduite.
- La Banque d'Angleterre devrait néanmoins maintenir ses taux à 3.75% la semaine prochaine.
- La faiblesse des prix de l'essence apporte un répit, mais la reprise des risques pétroliers assombrit les perspectives.
L'inflation au Royaume‑Uni a ralenti davantage qu'attendu en juin, offrant aux ménages et à la Banque d'Angleterre une pause bienvenue avant que de nouvelles tensions sur l'énergie ne se répercutent sur les prix.
L'indice des prix à la consommation a augmenté de 2.6% sur un an, en baisse par rapport à 2.8% en mai et en dessous de la prévision médiane de 2.7%.
Ce résultat rapproche l'inflation de l'objectif de 2% de la Banque et a donné au Premier ministre Andy Burnham un coup de pouce précoce alors que son gouvernement place le coût de la vie au cœur de son programme économique.
Le soulagement lié à l'essence provoque la surprise
Le recul s'explique principalement par une baisse des coûts de l'essence et des transports en juin, période durant laquelle un léger apaisement des hostilités au Moyen‑Orient a temporairement réduit la pression sur les marchés de l'énergie.
Les approvisionnements alimentaires et énergétiques sont également restés relativement stables, ce qui a limité la transmission du conflit aux prix à la consommation.
Cette amélioration pourrait s'avérer de courte durée. Le Royaume‑Uni reste fortement exposé au pétrole et au gaz naturel importés, tandis que les données de juillet intégreront une augmentation de 13.5% du plafond tarifaire de l'énergie pour les ménages.
La reprise des cours du brut signifie que la dernière lecture couvre une période plus douce qui pourrait ne pas durer.
L'inflation sous‑jacente reste également importante. L'inflation des services était de 3.7% en mai, nettement au‑dessus du taux global et suivie de près par les décideurs car elle reflète les salaires domestiques et les coûts des entreprises.
Une baisse soutenue de ce poste constituerait une preuve plus solide que les pressions sur les prix retournent vers la cible.
La Banque gagne du répit, pas un feu vert
La Banque d'Angleterre devrait, selon la quasi‑totalité des prévisions, laisser son taux directeur à 3.75% le 30 juillet.
Lors de sa réunion de juin, le Comité de politique monétaire a voté 7‑2 pour le maintien, deux membres ayant préféré une hausse d'un quart de point.
La Banque a averti que l'inflation pourrait remonter plus tard cette année à mesure que la hausse du coût de l'énergie se transmettra à l'économie.
Elle se concentre tout particulièrement sur les effets de second tour, lorsque les entreprises augmentent leurs prix et que les salariés demandent des hausses de rémunération en réaction à un choc prolongé.
Les économistes de Bank of America avaient estimé avant la publication qu'il faudrait un choc d'inflation significatif ou un retour soutenu des prix de l'énergie aux niveaux de pic liés au conflit pour rendre une hausse de juillet réaliste.
Le chiffre plus faible de juin réduit ce risque immédiat, même si les marchés à terme anticipent toujours au moins une hausse d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Burnham obtient un répit, mais la croissance reste faible
La surprise sur l'inflation donne à Burnham davantage de marge pour avancer son projet de suppression de la TVA sur les factures d'électricité des ménages à partir d'octobre.
La baisse de l'inflation allège aussi la pression sur les finances publiques, car une large part des intérêts de la dette publique est indexée sur l'inflation.
L'économie dans son ensemble reste fragile. Le PIB n'a progressé que de 0.1% en mai après une contraction de 0.1% en avril, tandis que le taux de chômage est resté à 4.9% et que la croissance des salaires du secteur privé a ralenti.
L'emprunt public de £16 billion en juin a dépassé les attentes, mais l'endettement depuis le début de l'exercice financier demeure supérieur aux prévisions officielles.
Pour les ménages, les données de juin représentent un soulagement utile.
Pour la Banque et le gouvernement, il ne s'agit que d'une preuve provisoire que l'inflation faiblit avant l'arrivée du prochain choc énergétique.
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