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Chronique : Le problème d'inflation de la Fed devient difficile à ignorer

Chronique : Le problème d'inflation de la Fed devient difficile à ignorer
David Morrison
28 août 2026, 11:06 AM

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Acheter des valeurs value/défensives avec pouvoir de fixation des prix

Configuration de second ordre : inflation de base tenace plus hausse de l'inflation en gros pèsent sur les marges des distributeurs sensibles aux taux et à faible pouvoir de prix, tandis que les entreprises capables de répercuter les coûts (produits de première nécessité, marques grand public, certains industriels) résistent mieux même en cas de ralentissement de la croissance. Acheter : ETF Consumer Staples (XLP) et/ou Procter & Gamble (PG) plutôt que des actions retail à bêta élevé.

Risque clé : Un effondrement brutal de la demande qui écraserait le pouvoir de fixation des prix et provoquerait une compression généralisée des marges, y compris chez les défensives.

Vendre des Treasuries longue durée

Le PCE de base reste à 3,3 % en glissement annuel avec une légère tendance à la hausse, tandis que le PPI de base reste élevé (+4,2 % en juillet). Cette combinaison empêche la Fed de baisser les taux et risque de relancer des anticipations de hausses. Vendre/vente à découvert : contrats à terme sur Treasuries US 10 ans (ZN) ou acheter des puts sur TLT (iShares 20+ Year Treasury).

Risque clé : Un pivot clairement accommodant depuis Jackson Hole qui remettrait en cause la narration de la persistance de l'inflation et ferait chuter les rendements rapidement.

  • L'inflation PCE de base reste bloquée au‑dessus de l'objectif de 2 % de la Fed.
  • Le PPI de base à 4,2 % signale des pressions inflationnistes persistantes en amont.
  • L'affaiblissement de la demande des consommateurs complique la décision de la Fed sur les taux d'intérêt.

Depuis plusieurs années, le PCE de base, c'est‑à‑dire l'indice des dépenses de consommation personnelle hors alimentation et énergie, est la mesure d'inflation de référence de la Réserve fédérale américaine.

On comprend que lorsque la Fed évoque son objectif d'inflation de 2 %, elle parle du PCE de base.

On sait aussi que Kevin Warsh, qui a remplacé Jerome Powell à la tête de la Fed en mai, n'en est pas un grand partisan.

Cependant, les analystes de marché ne se sont pas encore ralliés à sa mesure d'inflation préférée, qui est une version tronquée de l'IPC, excluant elle aussi l'alimentation et l'énergie.

Quoi qu'il en soit, la dernière mise à jour du PCE de base a été publiée cette semaine. Elle s'établit à +3,3 % en glissement annuel.

Non seulement ce chiffre est exactement conforme aux attentes, mais il est aussi inchangé par rapport à la mise à jour précédente. 

Le seul problème avec cette dernière publication est qu'elle reste très au‑dessus de l'objectif d'inflation de 2 % de la Fed, et ce depuis bien plus de cinq ans.

Peut‑être plus préoccupant, cette série de données montre non seulement que l'inflation américaine est remarquablement tenace, mais elle présente aussi une légère tendance à la hausse.

Elle peut être restée stable par rapport au mois précédent, mais elle a nettement progressé depuis 2,6 % en avril de l'année dernière.

En revanche, l'IPC de base, sans doute la mesure d'inflation la plus suivie, s'établissait à +2,5 % le mois dernier, un niveau identique à celui du début de l'année et constituant les lectures les plus basses depuis avril 2021.

Cela a beaucoup enthousiasmé les investisseurs et a entraîné une baisse des anticipations du marché quant aux hausses de taux de la Fed d'ici la fin de l'année. 

Il y a donc une certaine confusion, n'aidant pas la décision de Kevin Warsh de rejeter les indications prospectives de la banque centrale. Quoi d'autre ?

Ah oui, il y a l'indice des prix à la production (PPI), qui mesure l'inflation en gros et que la plupart des analystes considèrent comme précurseur de l'inflation à la consommation.

Lorsque les prix de gros augmentent, cela signifie que les producteurs vont, dans la mesure du possible, répercuter leurs coûts supplémentaires sur les consommateurs.

Cela ponctionne une plus grande part des salaires pour les biens et services de base.

Sinon, les entreprises absorbent ces coûts elles‑mêmes, ce qui affectera négativement les marges et donc la rentabilité globale, toutes choses égales par ailleurs.

Si tel est le cas, cela peut constituer un vent contraire significatif pour les cours des actions. La bonne nouvelle est que le PPI de base a reculé depuis avril de cette année.

La mauvaise nouvelle est qu'il s'établissait à +4,2 % en juillet. Pas étonnant que les responsables de la Fed s'inquiètent de l'inflation, trois des douze membres du FOMC citant la hausse des pressions inflationnistes comme raison de leur vote en faveur d'une hausse de taux de 25 points de base lors de la dernière réunion en juillet. 

Mais dans quelle mesure doivent‑ils s'en inquiéter ? Il y a des signes que, hors dépenses d'infrastructure liées à l'IA, tout n'est pas rose dans l'économie américaine.

Récemment, on a observé deux rapports consécutifs de créations d'emplois non agricoles faibles, un chiffre médiocre pour les ventes au détail et des publications trimestrielles de résultats décevantes et contradictoires de la part des grandes enseignes de distribution.

Parmi ceux‑ci, le rapport de Walmart était le plus préoccupant, avec la croissance trimestrielle des ventes la plus lente en six ans.

Mais d'autres détaillants ont aussi dressé un tableau où les ménages à revenus élevés continuent de dépenser, tandis que les ménages à faible revenu montrent des signes de tension.

Ce n'est pas le type d'environnement qui réagirait bien à une hausse du coût de l'emprunt.

Le vendredi 28 août, le président de la Fed, Kevin Warsh, prononcera le discours inaugural du Symposium économique de Jackson Hole. Les investisseurs sont impatients qu'il indique ce que la Fed fera des taux d'intérêt. 

Adoptera‑t‑il un ton restrictif ou accommodant ? Après tout, ce sont des temps fébriles. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a tout fait pour faire baisser le dollar.

Il a récemment annoncé que le Trésor doublerait le volume de ses achats d'obligations d'État à plus longue échéance, mesure qui a fait baisser les rendements et affaibli le dollar américain.

C'était la deuxième tentative de M. Bessent pour tirer le dollar vers le bas, la première étant sa décision de se joindre au ministère des Finances japonais dans une intervention pour soutenir le yen fin juillet.

Il n'est pas un secret que M. Bessent, avec le président Trump, souhaite un dollar plus faible pour aider les exportateurs américains à vendre leurs produits à l'étranger. S'ils y parviendront, c'est une autre histoire.

Et quant à savoir si M. Warsh exprimera une opinion sur les taux ou l'inflation, étant donné sa volonté de rendre la Fed moins transparente que sous ses trois prédécesseurs, je pense qu'il ne dira rien.

(Il s'agit d'une chronique bi‑hebdomadaire de David Morrison. Il est Senior Market Analyst chez Trade Nation. Les opinions sont les siennes.)