Les ambitions de la France en matière d’éolien offshore freinées par les troubles politiques

Les ambitions de la France en matière d’éolien offshore freinées par les troubles politiques
Sayantan Sarkar
24 oct. 2025, 17:16 PM
  • L’instabilité politique en France est à l’origine d’un ralentissement du développement de l’éolien offshore.
  • Les retards dans les changements de cadre énergétique et les appels d’offres gouvernementaux ont un impact sur le secteur.
  • Les entreprises gèlent les salaires, réduisent leurs effectifs et certaines se retirent de projets.

Une crise politique en France a créé de l’incertitude pour les développeurs et les équipementiers éoliens offshore, qui anticipent un ralentissement de l’activité.

Selon un rapport de Reuters, les modifications du cadre énergétique du pays et les appels d’offres gouvernementaux sont à l’origine de cette décélération.

De nouvelles données publiées vendredi ont indiqué une baisse plus rapide que prévu de l’activité commerciale en octobre, ce qui constitue une menace supplémentaire pour l’économie française.

Alors qu’une législature fracturée a du mal à se mettre d’accord sur un budget d’ausérisation et qu’elle n’a pas réussi à approuver le projet de loi sur l’énergie PPE3, longtemps retardé, qui définit les besoins énergétiques futurs à partir de 2026, le président Emmanuel Macron a connu six premiers ministres en deux ans.

La capacité éolienne offshore à la traîne de la France

La France, deuxième économie d’Europe, dépend principalement de l’énergie nucléaire pour sa production d’électricité.

Malgré sa situation économique, sa capacité d’énergie éolienne offshore est nettement inférieure à celle de ses homologues européens.

Actuellement, la France ne dispose que de 3 gigawatts (GW) d’énergie éolienne offshore, installée ou en développement.

Ce chiffre est éclipsé par les 16 GW déjà en exploitation en Grande-Bretagne, ce qui met en évidence une disparité substantielle dans l’adoption de cette source d’énergie renouvelable.

Conscient de cet écart et de l’impératif mondial croissant en faveur de l’énergie verte, le gouvernement français a élaboré des plans ambitieux pour augmenter considérablement sa capacité éolienne offshore.

L’objectif affiché est de multiplier par quatre la capacité de production, ce qui permettrait à la France d’être plus compétitive dans le secteur de l’éolien offshore.

Cependant, la mise en œuvre de ces plans a pris du retard, les nouveaux appels d’offres pour des projets éoliens offshore ayant maintenant un an de retard.

Ces retards soulignent les défis inhérents à l’expansion des infrastructures d’énergie renouvelable, qu’il s’agisse d’obstacles réglementaires, de processus d’octroi de permis ou d’obtention d’investissements ou de développement des chaînes d’approvisionnement.

La bonne exécution de ces appels d’offres retardés sera cruciale pour déterminer la trajectoire future de la France dans l’éolien en mer et son engagement plus large en faveur d’un mix énergétique diversifié et durable.

Impact sur l’industrie et retraits

Le marché américain s’est également arrêté après que le président Donald Trump a révoqué des projets et arrêté de nouveaux développements.

Le mois dernier, aucun appel d’offres n’a été lancé pour un parc éolien de 1 GW situé au large de la côte ouest de la France.

Christoph Zipf, porte-parole de WindEurope, un groupe de pression, a attribué cet échec en partie à la nature complexe du site du projet et en partie à un manque de clarté concernant le soutien gouvernemental, selon le rapport de Reuters.

Les appels d’offres gouvernementaux prévoyaient auparavant une aide de l’État aux soumissionnaires, mais celle-ci n’est plus garantie.

Le gouvernement n’a pas encore lancé deux appels d’offres supplémentaires, pour un total de 12 GW, qui devaient être lancés d’ici la fin de 2024 et attribués à l’automne 2026.

Selon Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables de France, les entreprises du secteur des énergies renouvelables gèlent actuellement les salaires et les embauches.

Plusieurs entreprises de l’industrie ont également entrepris des réductions d’effectifs.

Le mois dernier, RWE, participant d’un consortium avec TotalEnergies, a remporté un appel d’offres pour un projet de parc éolien offshore de 1,5 GW.

Cependant, RWE a annoncé par la suite son intention de se retirer du consortium.

RWE envisage de se retirer du projet parce que plusieurs facteurs ont diminué sa valeur par rapport à d’autres entreprises internationales, selon un porte-parole de l’entreprise.