L’Australie s’engage à verser 83,5 millions de dollars australiens pour renforcer la cyberrésilience de l’Indo-Pacifique
- Le financement s’étend sur quatre ans dans le cadre du Programme de cybersécurité pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.
- Les cyberpertes mondiales ont atteint 442 milliards de dollars au cours de la dernière année.
- Le coût de la cybercriminalité en Australie est estimé à 12,5 milliards de dollars australiens pour 2024-2025.
L’Australie étend son réseau régional de cybersécurité, s’engageant à verser 83,5 millions de dollars australiens (54,4 millions de dollars) pour renforcer les défenses dans l’Indo-Pacifique face à l’augmentation des menaces numériques transfrontalières.
Le plan de quatre ans, qui s’étend jusqu’en 2028, souligne le point de vue de Canberra selon lequel les cyberattaques ont évolué au-delà des frontières nationales et nécessitent une action collective.
Selon un rapport de Bloomberg, le financement, acheminé par le biais du programme australien de cybersécurité pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, a été annoncé par le ministre adjoint des Affaires étrangères et du Commerce, Matt Thistlethwaite, à Hanoï lors d’une séance plénière des Nations Unies sur la convention contre la cybercriminalité, où l’Australie a réaffirmé son engagement en tant que signataire.
Renforcer les cybercapacités transfrontalières
L’investissement vise à aider les pays de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique à élaborer des cadres de cyber-résilience, à améliorer la coordination des forces de l’ordre et à renforcer les capacités de criminalistique numérique.
L’approche de l’Australie met l’accent sur l’accent mis sur la coopération régionale plutôt que sur la fortification purement intérieure.
M. Thistlethwaite a expliqué que les cybercriminels opèrent de plus en plus dans plusieurs juridictions, établissant des réseaux dans un pays, utilisant le travail forcé dans un autre et ciblant les victimes ailleurs.
Ce modèle reflète l’essor des cyber-escroqueries transnationales et des réseaux de ransomware.
Selon les Nations Unies, la cybercriminalité devrait coûter à l’économie mondiale environ 10,5 billions de dollars par an d’ici 2025, citant des données d’experts du secteur.
Le nouveau programme, aligné sur les objectifs stratégiques de l’Australie dans l’Indo-Pacifique, soutient également les partenaires régionaux dans la mise en œuvre des normes internationales en matière de cybersécurité.
Cela fait suite aux inquiétudes suscitées par les attaques d’infrastructures critiques et l’utilisation des données personnelles comme armes, qui menacent toutes deux la stabilité économique et la confiance du public dans la gouvernance numérique.
Les pertes économiques mondiales atteignent des centaines de milliards
Les cyberattaques sont devenues un fardeau financier et social à l’échelle mondiale.
Bloomberg rapporte que la Global Anti-Scam Alliance – un consortium d’entreprises technologiques, d’institutions financières et de spécialistes de la cybersécurité – a rapporté plus tôt ce mois-ci que les consommateurs ont perdu environ 442 milliards de dollars au cours de l’année écoulée à cause des escroqueries en ligne.
La figure montre à quel point les activités frauduleuses deviennent de plus en plus sophistiquées, exploitant les écarts entre les systèmes réglementaires.
Rien qu’en Australie, la cybercriminalité devrait coûter plus de 12,5 milliards de dollars australiens à l’économie au cours de l’exercice 2024-2025.
Les pertes dues au vol numérique, aux violations de données et aux incidents de compromission des e-mails professionnels ont exercé une pression immense sur les entreprises privées et les organismes publics.
Thistlethwaite a averti que les pirates informatiques ciblent fréquemment les bases de données gouvernementales, les systèmes de santé et les entreprises détenant de la propriété intellectuelle sensible.
Coordonner les réponses cybernétiques régionales
L’annonce du financement de l’Australie coïncide avec les efforts mondiaux visant à finaliser un traité multilatéral sur la cybercriminalité dans le cadre de l’ONU.
La cérémonie de signature à Hanoï a réuni les États membres cherchant à aligner les mécanismes d’application de la loi contre des crimes tels que les ransomwares, l’exploitation des enfants en ligne et la fraude financière.
La participation de Thistlethwaite a souligné le double rôle de l’Australie en tant que donateur et moteur politique.
Cette nouvelle allocation étend les partenariats existants en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, où Canberra fournit des formations et un soutien en matière de sécurité numérique.
L’initiative vise à combler les écarts de capacités entre les économies développées et en développement, en assurant une réponse plus équilibrée aux menaces qui affectent le commerce, la communication et les systèmes de gouvernance.
En investissant dans des capacités préventives plutôt que dans des mesures réactives, l’Australie fait le pari d’une résilience à long terme.
Le programme aidera également les petits pays à adopter les principes de sécurité dès la conception, à améliorer les normes de partage de données et à mettre en œuvre des cadres pour une réponse rapide aux incidents.
La cybersécurité comme diplomatie régionale
Cette décision positionne la cybersécurité comme un pilier clé de l’action diplomatique de l’Australie dans l’Indo-Pacifique.
Il complète les stratégies de sécurité plus larges axées sur les infrastructures, la sécurité maritime et l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement.
La position de Canberra s’aligne sur la reconnaissance mondiale du fait que la stabilité numérique fait partie intégrante de la sécurité nationale et de la croissance économique.
À mesure que les cyber-risques évoluent, le nouvel investissement de l’Australie marque le passage d’une application isolée à une protection partagée.
Grâce à des partenariats fondés sur l’expertise technique et la confiance mutuelle, le pays vise à créer un réseau de défense numérique unifié capable de contrer la nature complexe et sans frontières de la cybercriminalité.
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