L’UE renforce son emprise sur les chaînes WhatsApp à mesure que les règles sur le contenu s’étendent
- La loi sur les services numériques appliquera des règles de contenu plus strictes à cette fonctionnalité.
- À la fin de l’année 2024, les chaînes comptaient environ 46,8 millions d’utilisateurs en Europe.
- Les plateformes qui enfreignent la législation sur les services numériques s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial.
WhatsApp est la dernière plateforme à entrer sous les feux de la rampe réglementaire de l’Union européenne. Le service de messagerie populaire de Meta se prépare maintenant à se conformer à des règles de transparence et de modération de contenu plus strictes.
Des responsables de l’UE ont signalé que ses chaînes de diffusion publiques atteignaient le seuil d’une « très grande plateforme en ligne » en vertu de la législation sur les services numériques.
Cette décision aligne WhatsApp sur le traitement réglementaire déjà appliqué à Facebook et Instagram et signale les efforts plus larges de l’UE pour accroître la responsabilité des géants du numérique opérant sur le continent.
Les canaux ouverts de WhatsApp rejoignent les rangs des plateformes réglementées
La Commission européenne a entamé des démarches pour désigner la nouvelle fonctionnalité Open Channels de WhatsApp comme une « très grande plateforme en ligne » (VLOP) en vertu de la législation sur les services numériques (DSA) de l’UE.
Cette classification s’applique aux services dépassant 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels au sein de l’UE, ce qui les place automatiquement sous une surveillance renforcée.
WhatsApp a indiqué en février que ses chaînes comptaient en moyenne environ 46,8 millions d’utilisateurs à la fin de 2024, ce qui est suffisant pour déclencher cette désignation.
Contrairement aux fonctions de messagerie cryptées de base de WhatsApp, les chaînes fonctionnent comme des flux à sens unique, permettant aux personnalités publiques et aux organisations de diffuser du contenu à leurs abonnés.
L’inquiétude de la Commission porte sur la similitude de ces flux avec les plateformes de médias sociaux traditionnelles, ce qui suscite des appels en faveur de processus d’évaluation des risques rigoureux et d’une plus grande transparence.
Modération plus stricte et transparence des données des utilisateurs à venir
Une fois officiellement désignés, les canaux de WhatsApp devront se conformer à une série d’obligations en vertu de la DSA.
Il s’agit notamment de publier des rapports détaillés sur le nombre d’utilisateurs tous les six mois, de mettre en œuvre des stratégies d’atténuation des risques contre les contenus préjudiciables et illégaux et de se soumettre à des audits indépendants.
Ces règles ne s’appliquent pas aux services de messagerie privée de WhatsApp, qui restent exemptés en raison de la portée limitée de la DSA sur les communications directes.
Meta a déjà été informé par la Commission européenne de la désignation imminente, bien qu’il n’y ait actuellement aucune date officielle pour une annonce publique.
Facebook et Instagram, tous deux détenus par Meta, opèrent déjà sous la classification VLOP de la DSA.
L’inclusion des canaux de WhatsApp est un changement stratégique, qui élargit le champ d’application de la réglementation à des formats plus proches des flux sociaux intégrés aux services de messagerie traditionnels.
La pression réglementaire de l’UE risque d’raviver les tensions technologiques transatlantiques
L’application plus large de la DSA par l’UE a déjà suscité des frictions avec les entreprises technologiques américaines. Amazon conteste activement sa désignation devant les tribunaux de l’UE.
Des tensions planent également entre l’UE et les États-Unis, l’ancien président Donald Trump ayant critiqué les règles technologiques européennes comme ciblant de manière disproportionnée les entreprises américaines.
Trump a déjà proposé des tarifs de représailles en réponse aux amendes de l’UE infligées aux géants américains de la technologie.
La nouvelle désignation des chaînes de WhatsApp pourrait ajouter encore plus de pression.
Si Meta ne se conforme pas, le DSA prévoit des pénalités allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise. Pour une entreprise comme Meta, cela pourrait se chiffrer en milliards de dollars.
Les géants de la technologie naviguent dans l’expansion des règles numériques de l’UE
Le développement de WhatsApp met en évidence l’empreinte croissante de la DSA dans le paysage numérique.
Alors qu’elles s’adressaient initialement aux grands réseaux sociaux et aux détaillants en ligne, les régulateurs étendent de plus en plus leur champ d’action aux plateformes hybrides proposant une distribution de contenu public.
Le pouvoir de la DSA d’imposer des amendes et d’exiger des divulgations de conformité est en train de remodeler l’environnement opérationnel de tous les services numériques à grande échelle en Europe.
Apple, par exemple, a récemment été contraint de publier des chiffres sur son utilisation de l’App Store en Europe afin de répondre aux exigences de transparence de la loi.
Les nouvelles obligations de WhatsApp marquent une nouvelle étape dans le plan de l’UE visant à placer toutes les grandes plateformes en ligne sous une surveillance cohérente alors qu’elle cherche à contrôler le flux numérique d’informations, à lutter contre la désinformation et à lutter contre les contenus préjudiciables dans tous les domaines.
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