La pénurie de pilotes d’IndiGo pousse-t-elle les voyages aériens indiens à la crise ?

La pénurie de pilotes d’IndiGo pousse-t-elle les voyages aériens indiens à la crise ?
Diya Poddar
04 déc. 2025, 09:04 AM
  • IndiGo a annulé plus de 175 vols jeudi dans les principaux aéroports indiens.
  • Les nouvelles règles de fatigue ont fortement réduit la disponibilité des pilotes depuis le 1er novembre.
  • IndiGo contrôle plus de 60 % du marché intérieur indien.

La dernière vague d’annulations de vols d’IndiGo a plongé le système de transport aérien indien dans une période de forte pression, alors qu’une pénurie croissante de pilotes se heurte à des règles de fatigue plus strictes et à des défis opérationnels hivernaux.

Les aéroports à travers le pays font face à une forte foule, à de longues files d’attente et à une frustration croissante depuis trois jours consécutifs. Avec d’autres annulations prévues au cours des prochaines 48 heures, la perturbation ne montre aucun signe d’atténuation.

Selon un rapport de Reuters, au moins 175 vols ont été annulés tôt jeudi, après une journée de perturbations généralisées mercredi, où au moins 150 vols ont été annulés dans les grandes villes.

IndiGo, qui contrôle plus de 60 % du marché intérieur indien, a effectué de nombreux ajustements de calendrier dans le cadre de sa planification des équipes.

L’aéroport international Kempegowda de Bengaluru a subi l’impact le plus lourd jeudi avec 73 annulations. Delhi a enregistré environ 30 annulations, tandis qu’Hyderabad en a rapporté 68.

Ces chiffres s’ajoutent aux perturbations précédentes où 62 vols ont été annulés à Bengaluru pour la deuxième journée consécutive, ainsi que 37 à Delhi et 31 à Hyderabad.

Les règles de fatigue des pilotes reconfigurent les plannings

La publication locale The Hindu rapporte que la vague actuelle d’annulations est liée à la phase finale des règles indiennes mises à jour sur la fatigue des pilotes, désormais pleinement appliquées.

Bien que plusieurs dispositions aient été mises en place durant l’été, les éléments les plus perturbateurs étaient toujours attendus plus tard dans l’année.

La Direction générale de l’aviation civile a relevé les exigences hebdomadaires de repos pour les pilotes de 36 à 48 heures à partir du 1er juillet dans le cadre de la première phase. Les compagnies aériennes avaient poussé pour un déploiement échelonné afin d’éviter une pression opérationnelle soudaine.

La deuxième phase, qui restreint les vols de nuit et limite la possibilité d’aligner les pilotes pendant les heures de nuit, devait commencer le 1er novembre. Cette phase de novembre est ce qui a déclenché la perturbation actuelle.

Les compagnies aériennes avaient déjà averti qu’un changement soudain causerait une lourde pression opérationnelle. Les équipes d’effectifs d’IndiGo ont eu du mal à s’adapter à temps, les pilotes rapportant que les ajustements de calendrier n’avaient pas été effectués assez tôt.

Cela a laissé la compagnie avec moins de membres d’équipage disponibles que nécessaire, notamment pour les opérations de nuit.

Agitation naissante parmi les pilotes

La compagnie aérienne a décrit la situation comme une combinaison de multiples défis, notamment des problèmes technologiques mineurs, des changements d’horaires hivernaux, des conditions météorologiques défavorables, des embouteillages du système aérien et la mise en œuvre de nouvelles règles d’horaire. Cette combinaison a intensifié la pénurie d’une manière inattendue que l’entreprise n’avait pas prévue.

Les règles mises à jour elles-mêmes ont suscité des controverses dans le secteur de l’aviation.

Pour l’instant, IndiGo a indiqué mercredi que d’autres ajustements sont prévus dans les prochaines 48 heures, suggérant d’autres annulations alors qu’il tente de rétablir la stabilité.

Avec la coopération des pilotes faible et les règles de fatigue désormais pleinement en vigueur, le système de transport aérien indien devrait en ressentir l’impact encore plusieurs jours.